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Rencontre
Aline Wong : un nouveau «drive» au Mauritius Gymkhana Club
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Rencontre
Aline Wong : un nouveau «drive» au Mauritius Gymkhana Club
Impulser une dynamique renouvelée au vénérable club de Vacoas, qui existe depuis 1844. Aline Wong, «Honorary Secretary» du club y a initié une «Cultural Heritage Series». Une suite de six conversations pour stimuler l’esprit critique et susciter l’envie d’agir.
Démarrage en trombe. En se donnant les moyens de tenir la distance. Aline Wong n’est pas golfeuse pour rien. Couplez son esprit de compétition – elle a déjà remporté des tournois et a fait la Une de Swingtime magazine en 2011 parce «c’est rare des femmes entrepreneures qui sont aussi des golfeuses amateurs en compétition» – à son dynamisme de cheffe d’entreprise et vous avez cette inextinguible envie de driver.
Membre du Mauritius Gymkhana Club depuis 30 ans, Aline Wong affirme qu’elle avait toujours refusé les postes de responsabilité au sein de la vénérable institution de Vacoas. Jusqu’au mois d’avril de cette année, quand elle est devenue Honorary Secretary.
Simple titre honorifique ? Que nenni. «On m’avait déjà proposé de m’engager au sein du club. J’avais dit non et que je rendrais ce que j’ai reçu, quand je serais une senior citizen.» L’heure a sonné pour Aline Wong. «Ils connaissent mon caractère», souritelle. «I like to think big.»
Le Mauritius Gymkhana Club existe depuis 1844. «C’est un héritage de 182 ans. J’en ai profité pendant 30 ans en tant que membre. Je suis une femme de défi, alors, je prends vraiment à cœur cette mission.» Question fondamentale qu’elle se pose : «Comment faire la différence ?» En laissant une trace. En faisant œuvre utile. Dans sa «vision», le sport «a le pouvoir de réunir les gens. Qu’en est-il de la culture ?». Ellemême a intégré ce club vénérable, il y a de cela trois décennies, «pour sa mixité. Pour les gens d’horizons divers qui sont membres». Au fil des matches avec ses enfants, sur les courts de terre battue, qui n’existent plus aujourd’hui, elle a eu l’occasion de noter qu’il «manquait un peu de réflexion. Nous avons hérité de 182 ans d’histoire. Qu’en faisons-nous ? Et qu’est-ce qu’on laisse pour ceux qui viendront après nous ?». Motivée par le désir de transmission, elle est traversée par les préoccupations comme : quel air vont respirer les générations futures ? «C’est à la fois une question existentielle et une question de ‘sustainability’.»
Dès lors, elle voit dans son poste de Honorary Secretary une position de «gardienne d’un héritage». Mais par où commencer, pour l’incarner ? Le 8 mai à l’occasion de la réception donnée pour la Journée de l’Europe, Aline Wong rencontre le haut-commissaire britannique, Paul Brummell. «Je lui ai dit : ‘You are a godsend. I am part of the Gymkhana Club.’ Son histoire est liée à la Royal Navy. Nous devrions collaborer.»
Une fois qu’Aline Wong a set the ball rolling, comme dit l’anglais, tout s’est mis en place rapidement. Le 23 juillet, l’ouvrage de Paul Brummell, Voices in Stone: The Lives of Public Statues, a été lancé au Mauritius Gymkhana Club. Loin d’être une one off, cette activité a lancé les Cultural Heritage Series imaginée par Aline Wong.
■ Leckraj Beenessreesing et Aline Wong, respectivement président et «Honorary Secretary» du Mauritius Gymkhana Club, entourent Paul Brummell, haut-commissaire britannique, lors du lancement de son livre.
«Comme pour un livre, j’ai prévu six chapitres, six conversations qui seront documentées et archivées», explique-t-elle. Pour que cette demi-douzaine de rendez-vous ne soit pas des paroles en l’air, mais qu’elles laissent des traces. Le tout fera, à terme, l’objet d’un film-documentaire. «Je laisse voguer mon imagination, après je cherche les ressources. Quand je ne peux pas payer des experts, je cherche des partenaires qui, eux, en ont les moyens», dit-elle à propos de sa méthode de travail. La négociation, c’est son métier. Elle qui se met graduellement en retrait de sa société de textile, L’In. En laissant les rênes à son fils, Thierry.
Pour le coup d’envoi de la Heritage Series, c’était «se souvenir de qui nous sommes», avec la réflexion aux accents non seulement historiques mais aussi philosophiques de l’ouvrage du haut-commissaire britannique, Paul Brummell. «J’ai frappé à la porte du président de la République, ce qui a donné une portée nationale à ce que nous avons fait.»
Prochaine étape : se pencher sur ce qu’il faut impérativement protéger : les lagons, les îlots autour de Maurice. Aline Wong pratique aussi la plongée sous-marine, surtout dans l’Est. Les forêts de gorgones et de coraux blanchis, elle les a vues. Elle sait l’urgence de les préserver, de les réhabiliter. Le contact a été établi avec la Haute commission australienne, ainsi qu’avec le Mauritius Oceanography Institute (MOI). «J’aimerais que des jeunes se joignent à nous. Que nous soyons optimistes en discutant de ce que chaque Mauricien peut faire pour contribuer à préserver les océans. C’est notre trésor.» Autre chapitre : «We express.» La musique sera au programme. Sans oublier la photographie et son exceptionnel patrimoine. Aline Wong n’est pas insensible au projet de Musée de la photographie porté par le groupe Eclosia. Il sera alors temps d’ouvrir le chapitre «We tell». Pour parler de littérature, avec un auteur prestigieux. Au rythme d’une conversation chaque deux mois, ce sera une année de mandat comme Honorary Secretary qui sera bien remplie. Avec des intermèdes culinaires les mois où il n’y aura pas de conversation prévue.
Dans son réseau de partenariats tous azimuts, la Honorary Secretary a également tendu la main du côté de l’université de Maurice. «L’objectif est de trouver deux Research Assistants pour archiver tout ce qui aura été fait.» Dans le but que ces conversations dépassent le cadre du green du Mauritius Gymkhana Club, pour trouver un public plus large.
Toute cette machinerie va-t-elle s’arrêter après un an ? Que sera, sera. «Qui sait, peut-être que si c’est bien, mon mandat sera renouvelé. Nous aurons atteint notre objectif si, après les conversations, les gens se disent : j’en ai appris un peu plus de mon île, je connais mieux mon histoire, je sais où sont mes racines.»
Temps de réflexion
Pourquoi s’intéresser à la culture ? Aline Wong, plus connue dans le monde des affaires et de l’empowerment des femmes, en est convaincue : «Il n’y a pas de justice sociale sans culture.»
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