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Agro-industrie
Chaleur, manque d’eau et risques cycloniques : l’été s’annonce redoutable pour les planteurs
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Chaleur, manque d’eau et risques cycloniques : l’été s’annonce redoutable pour les planteurs
■ La hausse des prix des légumes, déjà ressentie sur les étals des marchés, devrait s’accentuer dans les semaines à venir.
L’été débute officiellement ce mois-ci, et les conditions annoncées laissent présager une saison difficile pour les planteurs. Les pluies pourraient se faire attendre jusqu’à la deuxième quinzaine de décembre sous forme d’averses courtes et intenses, selon les prévisions météorologiques. La pluviométrie restera légèrement inférieure à la normale, tandis que les températures devraient dépasser, de 2 à 3°C, les moyennes saisonnières. À cela s’ajoute une activité cyclonique marquée, avec environ 13tempêtes tropicales modérées prévues. Un contexte qui accentue les inquiétudes du secteur agricole déjà éprouvé par la chaleur et le manque d’eau.
Sur le terrain, les planteurs constatent déjà les effets de cette combinaison de chaleur, de vent et de déficit hydrique. Selon Kreepalloo Sunghoon, porte-parole de la Small Planters Association, les récentes pluies n’ont pas suffi à réhydrater les sols. «Avec la chaleur et le vent, la terre s’est asséchée. Même s’il a plu, cela ne suffit pas. L’irrigation contrôlée actuelle ne répond pas aux besoins», déplore-t-il.
Dans les Plaines du Nord, l’irrigation des cultures vivrières est limitée à deux jours par semaine, les lundis et jeudis depuis le 3 novembre. Une mesure qui, selon lui, n’est pas adaptée aux conditions estivales. «Avec cette chaleur, les plantes deviennent vulnérables, particulièrement face aux maladies qui prolifèrent l’été.» Cette restriction freine aussi le lancement des nouvelles plantations. Dans cette région, les planteurs commencent généralement les cultures pour les récoltes de fin décembre à février. «Si l’eau est déjà insuffisante, les planteurs ne vont pas prendre le risque d’investir pour ensuite se retrouver en difficulté», souligne-t-il.
Sur le plateau central, le planteur Dhiraj Motye tire la même sonnette d’alarme. Il fait lui aussi état d’une baisse générale de la produc- tion, aggravée par la chaleur et surtout par le manque d’eau. «La pluie nous aide, mais dès que le soleil revient, cela affecte de nouveau les cultures», explique-t-il, confirmant l’ampleur du phénomène observé au niveau national.
Kreepalloo Sunghoon déplore également les pertes d’eau causées par les fuites. Pour lui, cela devient crucial de revoir les méthodes d’irrigation et l’organisation agricole afin de préserver la production. Il estime nécessaire d’adopter des systèmes plus économes, de réaffecter l’eau des parcelles inactives vers celles en production, et de repenser la structure même du secteur. Il évoque la nécessité «de ré-ingénieriser la production», notamment en développant des clusters agricoles de 400 à 500 arpents dans différentes régions, équipés de systèmes modernes et sécurisés. Il plaide également pour une production alignée sur la demande et une meilleure valorisation des produits grâce à la transformation agroalimentaire, surtout en période de faible production.
Un autre frein majeur : la majorité des planteurs cultivent des terrains loués. «Sur un terrain qui ne nous appartient pas, on ne fera pas de gros investissements. Un système de permanent garden à travers des contrats pourrait aider», avance Kreepalloo Sunghoon. À cela s’ajoutent le manque de main-d’œuvre et la nécessité de mécaniser davantage le secteur. «Tous les problèmes ont une solution, il suffit de les mettre en œuvre», fait-il remarquer.
Ces difficultés structurelles et climatiques se reflètent sur le prix des légumes. Ceux-ci sont déjà en hausse, et selon la Small Planters Association, ce n’est qu’un début. Une augmentation de 15 à 25 % est prévue pour les semaines à venir. L’imminence de la période cyclonique, qui inquiète les planteurs faute d’infrastructures de protection, pourrait accentuer cette tendance.
Dans le Sud, Farhad Jugun confirme que la récolte est déjà insuffisante. Les légumes nécessitant peu de main-d’œuvre, comme le giraumon et la calebasse, devraient rester abordables, mais «de manière générale, les prix vont augmenter». Certains champs, de pomme d’amour par exemple, ont été abandonnés en raison d’une qualité insuffisante pour couvrir les coûts de main-d’œuvre, ce qui réduit l’offre et fait monter les prix. Le lalo est rare. Le chou, affecté par la pluie, pourrait se vendre autour de Rs 80 l’unité. Le piment et les fines herbes devraient également connaître des hausses.
Ainsi, la combinaison de fortes chaleurs, de restrictions d’eau et de fragilités structurelles annonce une période difficile pour la production agricole, avec des répercussions déjà visibles sur les étals.
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