Publicité
Affaire Ravatomanga
Nasser Bheeky tente d’influencer un officier de la FCC
Par
Partager cet article
Affaire Ravatomanga
Nasser Bheeky tente d’influencer un officier de la FCC
Nasser Bheeky,David Jean Christian Thomas et Mamy Ravatomanga.
Après avoir tenté d’influencer un officier de la Financial Crimes Commission (FCC), Nasser Bheeky s’est rendu à l’aéroport vendredi afin de prendre un vol pour Dubaï, mais il a été arrêté à temps par les enquêteurs de la FCC. Selon nos renseignements, il aurait fait cette démarche à la demande de David Jean Christian Thomas du groupe SODIAT.
Les arrestations de vendredi dernier marquent un tournant décisif dans l’affaire Ravatomanga. David Jean Christian Thomas, 38 ans, superviseur au sein du groupe SODIAT, a été interpellé et inculpé de «conspiration» dans des activités criminelles. La FCC l’accuse d’avoir facilité la dissimulation de fonds criminels à travers le système bancaire mauricien. Originaire de Belle-Vue-Calodyne, Thomas se retrouve face à des accusations graves en vertu de l’article 48 de la Financial Crimes Commission Act de 2023. Il est également accusé d’avoir tenté de dissimuler des biens d’une valeur de 20 milliards de dollars via le système informatique d’une banque.
Par ailleurs, Mamy Ravatomanga, surnommé Pierre Bleu, demeure toujours sous surveillance médicale en clinique. Bien qu’il ait été arrêté vendredi, ses avocats ont objecté à sa comparution en justice, invoquant des raisons médicales, mais les autorités continuent de suivre de près son état. Vendredi, l’homme d’affaires malgache a vu son empire économique se fissurer. Dans une opération d’envergure, la FCC a lancé une série d’arrestations, ciblant des individus liés à un réseau de blanchiment d’argent d’une ampleur inédite. Après plusieurs semaines d’investigation, l’affaire, surnommée Saga Mamy, a pris une tournure décisive, dévoilant des pratiques criminelles qui secouent non-seulement Maurice, mais aussi Madagascar et d’autres juridictions internationales. Ce scandale pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent dans la région.
Un réseau financier bien rodé de USD 640 millions
La FCC a mis à jour un montage financier complexe impliquant des sommes astronomiques, estimées à plus de Rs 30 milliards. Selon les enquêteurs, ces fonds, d’origine criminelle, auraient transité par des institutions bancaires à Maurice avant d’être dissimulés à travers des sociétés-écrans et des transferts internationaux soigneusement orchestrés. La personne centrale de ce réseau serait Mamy Ravatomanga, dont l’influence économique dépasse largement les frontières de Madagascar. Propriétaire d’un empire diversifié allant de l’immobilier aux ressources naturelles, il est accusé d’avoir blanchi des fonds issus de ses activités illicites en utilisant des structures financières mauriciennes.
L’enquête révèle que cette opération de blanchiment aurait duré plusieurs années, avec l’aide de complices localisés dans diverses juridictions, notamment en Afrique de l’Est et en Europe. Selon la FCC, Ravatomanga et ses associés auraient utilisé des banques mauriciennes pour faciliter les transferts de fonds, puis recouru à des sociétés-écrans pour dissimuler la provenance de ces sommes. L’ampleur des transactions dépasse largement les frontières de Maurice, s’étendant à des pays comme Madagascar, les Émirats arabes unis, et même des destinations européennes, des lieux bien connus pour leur opacité financière.
Cascade de révélations
L’affaire Saga Mamy ne se limite pas à une simple fraude financière à l’échelle nationale. Elle met en lumière l’implication de plusieurs entités financières, tant à Maurice qu’à l’étranger. Les enquêteurs de la FCC ont scruté les flux financiers et les structures d’entreprises qui ont permis à Ravatomanga de dissimuler l’origine de ses fonds. Ils ont ainsi identifié un réseau d’une grande complexité reliant plusieurs pays. Des perquisitions ont eu lieu dans plusieurs sociétés affiliées au groupe SODIAT. À Maurice, la FCC a saisi 63 dossiers et plusieurs appareils électroniques, des éléments cruciaux pour suivre la piste des fonds.
La FCC a également obtenu de nouveaux documents bancaires, qui relient l’affaire à un ancien dossier abandonné en 2011, faute de coopération des autorités malgaches. Ce dossier semblait avoir été une première tentative pour démasquer le magnat, mais la corruption et le manque de soutien politique avaient enterré l’affaire. Aujourd’hui, les preuves accumulées ont permis de rouvrir ce dossier et de l’associer aux activités récentes de Ravatomanga. Bien que la situation soit encore floue concernant son état de santé, les autorités semblent déterminées à poursuivre l’enquête. D’autres arrestations seraient à prévoir dans les jours à venir, car de nouveaux éléments continuent à émerger. Il est désormais certain que le magnat malgache n’est qu’une pièce d’un puzzle bien plus vaste.
«Private prosecution» contre Paul Bérenger
Nasser Osman Bheeky, le frère de Zulfekhar Bheeky, l’une des trois victimes de l’assassinat survenu rue Gorah-Issac en octobre 1996, et Raju Mohit ont déposé, mardi dernier, une private prosecution contre le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger.Le dossier avait été examiné en 1996, devant la cour de district de Curepipe, et n'a jamais connu de suite.L’acte d’accusation situe le délit en août 1997. Selon les plaignants, Nasser Bheeky et Raju Mohit, Paul Bérenger, en toute connaissance de cause, aurait hébergé un «criminel», Toorab Bissessur. Ils précisent que ce dernier aurait commis plusieurs infractions à Maurice entre 1995 et 1997. Ils allèguent également que Paul Bérenger aurait remis une somme d’argent à Toorab Bissessur pour lui permettre de se rendre à Madagascar, ce qui lui aurait permis d’échapper à la justice mauricienne pour les délits qu’il avait commis.
Publicité
Publicité
Les plus récents