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Santé

Alzheimer précoce : Comprendre les symptômes avant 65 ans

13 octobre 2025, 15:00

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Alzheimer précoce : Comprendre les symptômes avant 65 ans

L’Alzheimer efface les souvenirs, mais l’amour des proches est essentiel pour les patients.

Pushpanjali, 72 ans, s’installe dans son fauteuil près de la fenêtre, un vieil album photo à la main. En observant les visages de sa famille, son regard se voile. «Qui est cette jeune fille à côté de moi ?», murmure la Curepipienne. Son fils lui prend la main et lui explique qu’il s’agit de sa petite-fille. Un instant, ses yeux s’éclairent, puis, la confusion reprend le dessus. Ces moments, où souvenirs et oublis se mêlent, sont souvent les premiers signes de l’Alzheimer, une maladie qui bouleverse le quotidien des patients et de leurs proches. Il est essentiel de mieux comprendre cette pathologie qui touche près de 57 millions de personnes dans le monde et représente 60 à 70% des cas de démence, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour la Dr Priyanka Beedasy, neurologue à C-Care Wellkin, les signes précoces ne doivent pas être ignorés. «Les troubles de la mémoire à court terme, la difficulté à trouver ses mots, la désorientation dans le temps et l’espace ou encore des changements de personnalité doivent alerter. Un oubli isolé peut être banal, mais lorsqu’il se répète et perturbe la vie quotidienne, il est essentiel de consulter.» L’âge reste le facteur le plus important : la maladie apparaît le plus souvent après 65 ans, même si des cas précoces existent dès 30 ans, souvent pour des raisons génétiques. Les femmes sont plus touchées, notamment en raison de leur espérance de vie plus longue.

La progression de l’Alzheimer est graduelle. Dans les premiers stades, les oublis sont légers et certaines tâches deviennent plus difficiles. Ensuite, au stade modéré, la perte d’autonomie s’accentue et apparaissent des changements de comportement. Enfin, dans les stades avancés, le patient devient totalement dépendant, avec des troubles moteurs et une communication limitée. Cette évolution s’explique par l’accumulation de protéines anormales dans le cerveau, qui entraîne la mort progressive des neurones.

New Project (27).jpg La Dr Priyanka Beedassy explique les changements de comportement qui accompagnent la maladie.

Le diagnostic repose sur plusieurs outils: entretiens avec le patient et ses proches, tests cognitifs, imagerie cérébrale et, si nécessaire, examens plus poussés comme la ponction lombaire ou le TEP-scan. «Plus le diagnostic est posé tôt, mieux on peut organiser l’accompagnement et adapter l’environnement de vie», souligne la neurologue.

Au quotidien, des gestes simples – cuisiner, s’habiller, gérer l’argent ou suivre une routine– peuvent devenir des défis. La communication se fragilise, provoquant frustration et incompréhension. Pour préserver le lien, la Dr Beedasy recommande des activités de stimulation cognitive, la musicothérapie, des thérapies sensorielles et surtout, beaucoup de patience et de bienveillance. La maladie peut aussi entraîner des complications médicales comme anxiété, dépression, chutes, troubles alimentaires ou infections liées à l’alitement. Même si aucun traitement curatif n’existe, certains médicaments comme le Leqembi et le Donanemab peuvent ralentir l’évolution dans les stades précoces. L’OMS rappelle par ailleurs que près de 45% des cas de démence pourraient être retardés par une alimentation équilibrée, un sommeil suffisant, de l’activité physique et le maintien d’un réseau social actif.

Alzheimer impacte aussi profondément les familles. Les aidants, souvent enfants ou conjoints, jonglent entre leur vie personnelle et la surveillance constante du patient. L’épuisement, le stress et la culpabilité sont fréquents. Des structures de soutien, des groupes de parole et des formations pour aidants, sont essentiels pour les accompagner. À Maurice, des initiatives locales existent : le plan Integrated Care for Older People, lancé en 2023, promeut un vieillissement en bonne santé et la détection précoce des troubles cognitifs. Les associations locales offrent des centres spécialisés et des lignes d’écoute, tandis que le Mauritius Institute of Training and Development forme les aidants pour améliorer la qualité de la prise en charge.

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