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Interview

Franco Quirin : «Je ne reconnais plus le leader du MMM»

24 août 2025, 07:00

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Franco Quirin : «Je ne reconnais plus le leader du MMM»

Huit mois après les élections générales, Franco Quirin siège désormais comme député indépendant au Parlement. L’ancien membre du MMM revient, dans cet entretien, sur son éviction du parti, ses rapports avec Paul Bérenger, sa vision du militantisme et son regard critique sur la réforme de la pension et la vie parlementaire.

Vous êtes député indépendant au Parlement aujourd’hui, après qu’en janvier Paul Bérenger a annoncé sur une radio que vous n’étiez plus membre du MMM. Vous avez réagi en disant que vous l’aviez appris sur Facebook. Aucune communication ne vous a été adressée officiellement ?

Cet épisode est loin derrière, mais parlons-en, vous et moi. Toute l’île était au courant de comment les choses se sont produites et toute l’île était surprise de ne pas voir le nom de Franco Quirin comme ministre de la Jeunesse et des sports. Tout le monde sait que c’est moi qui ai eu la responsabilité de ce dossier durant les 15 dernières années au Parlement. J’étais le premier surpris. Quand le leader du MMM m’avait appelé, je croyais que c’était la bonne nouvelle, mais il m’a annoncé qu’il avait pensé à moi pour un poste de Deputy Whip. Quand je lui ai demandé ce qu’il en été de la fonction de ministre des Sports, il était en colère de ma réaction et je préfère ne pas dire la façon dont il m’a répondu. J’ai arrêté la conversation et depuis, on ne s’est pas parlé. Il est vrai que je ne suis pas allé à quelques réunions ou au comité central. Ils ont jugé bon de considérer que je prenais mes distances du parti. Le secrétaire général du parti, Rajesh Bhagwan, a écrit à la speaker pour dire que je ne fais plus partie du MMM. La speaker m’a dit que je serais indépendant. Je continue mon travail comme militant car c’est dans mes valeurs. Le militantisme n’appartient pas uniquement au MMM. Ce sont vos actions qui déterminent si vous êtes un militant.

Est-ce facile d’être indépendant au Parlement dans une opposition très faible face à un gouvernement qui est en grande majorité ?

Ce n’est pas facile surtout pour Joe Lesjongard et Adrien Duval qui représentent l’opposition officielle. Je les ai rejoints dans une minorité parlementaire, comme je l’appelle. C’est plus difficile quand on a affaire à certaines personnes qui croient qu’ils ont gagné par 60-0. Ce n’est pas tout le monde. C’est une seule personne qui croit qu’il a le monopole de la connaissance, des insultes envers ses opposants. Eski bizin fer bullying avek sa trwa dimounn-la ? Tret Adrien Duval koson e mwa vermin ? Je suis une personne franche qui ne poignarde pas dans le dos et j’aime la sincérité. Mes amis militants restent mes amis mais pas dans les instances du MMM. On doit travailler dans la sérénité. Ce n’est pas parce que je pose des questions à Deven Nagalin- gum, qui est un ami, ki misie-la ankoler, li sote e laem li pou zoure. Je pose des questions aux autres ministres aussi. Je le fais correctement sans coup sous la ceinture car je connais mon travail. J’ai 15 ans d’expérience. *Ou pa kapav, sak fwa, trouve ki ena insult, provokasion. Enn moman monn bizin reponn li. Monn bizin dir li : «Tiombo, pa vinn fer sa zwe-la ar mwa.» To kapav ninport ki fonksion ki to ete, DPM sipaki, to respekte mwa, mo respekte twa.*Dans un Parlement, la majorité a un travail à faire aussi bien que la minorité. On a une speaker qui est là, qui parfois tolère un peu…

Vous pensez que la «speaker» tolère ces agissements ?

Contre son gré probablement, mais ce n’est pas possible que la même personne récidive. Je n’attends pas des excuses pour qu’après il répète le même mot et dise ensuite : «I withdraw». Néanmoins, il y a des parlementaires qui sont corrects. Même le Premier ministre répond à des questions de manière posée, sans insulter, même si parfois il fuit certaines questions. Madame Cziffra travaille avec un style différent de l›ancien speaker. C’est une bonne personne, tellement bonne que certains abusent de sa bonté parfois, pensant qu’elle doit fermer les yeux sur leurs incartades. Je dis que le Parlement a eu un changement positif, mais ça ne veut pas dire que tout est parfait. Elle doit ramener à l’ordre ceux qui fautent, backbenchers ou ministres.

Vous avez dit plus tôt que, quoiqu’il arrive, vous demeurez militant dans l’âme. Plus de 8 mois après les élections, il y a un sentiment d’impopularité suite à la mesure controversée de la pension. Reconnaissez-vous toujours les valeurs militantes dans le MMM, qui est au gouvernement aujourd’hui ?

C’est triste à dire mais je ne reconnais même plus la personne qui est à la tête du MMM aujourd’hui. Quand il va entendre ce que j’ai dit, demain il dira : «Laissons Franco Quirin dire ses insanités.» Le leader du MMM aujourd’hui n’écoute que des palabres. Le MMM, c’est ça aujourd’hui. Pas tout le monde. Le leader ne doit pas écouter un seul son de cloche et croire uniquement certaines personnes. Je sais que toutes les semaines, ils m’insultent dans le Bureau politique (BP) et chaque quinze jours dans le comité central. Ils me traitent de «vermine», de «raciste»Kass pake ! Seki lao-la kone ki mo ete

Ce que vous dites est très grave, monsieur Quirin.

Oui… ils me trouvent tous les défauts du monde. Qu’ils viennent dire le contraire. Mo nepli dan ou parti, ki ou pe gagn mo traka. Je n’ai pas l’intention de retourner dans le MMM. Je suis bien là où je suis avec ma tranquillité d’esprit. Si j’étais un Yes Man, je serais toujours au Parlement dans le poste de Deputy Whip qu’on m’avait proposé. Je ne suis pas intéressé par le poste de ministre, mais je voulais juste travailler pour implémenter mes projets pour le sport. Si on parle de méritocratie, right person at the right place, mais quand il faut faire des choix, vous faites le contraire et vous pensez que je vais accepter. Non.

Et la réforme de la pension ?

Beaucoup de promesses ont été faites dans le manifeste électoral aussi. Après, une fois au pouvoir, rien n’a été mis en pratique de ce qui avait été annoncé. Au contraire, ils sont venus avec une réforme de la pension qui n’était jamais à l’agenda, sans aucune consultation. J’étais à Chennai pour des traitements et j’ai été choqué d’entendre cela. Comment pouvez-vous espérer que le peuple qui vous a fait confiance par un 60-0, même dans la circonscription numéro 8 où on croyait que Pravind Jugnauth allait avoir une chance ? Ou fer le kontrer parski ou panse ou for. L’ancien gouvernement a fauté, oui, mais ils ont fini par payer le prix fort.

Vos amis du MMM n’ont pas contesté cette décision ?

Personne au sein du parti ne peut aller contre cette décision ou rappeler les leaders à l’ordre ? Ils ont sûrement rencontré des difficultés sur le terrain et en ont parlé, mais personne n’aura le courage de contester ça. S’ils le font, ils finiront en indépendants comme moi (rires).

Vous avez dit que vous ne retournerez jamais au MMM. Estce que vous comptez rejoindre le MSM ou le PMSD pour continuer votre carrière politique ?

Je vais être direct : ni MSM ni PMSD. Pour le moment, je suis bien comme indépendant. L’avenir nous dira. Laissons le temps au temps.

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