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65 ans de Kaya

L’héritage de la légende célébré dimanche, annonce Azaria Topize

7 août 2025, 15:30

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L’héritage de la légende célébré dimanche, annonce Azaria Topize

■ Ras Max, Azaria Topize et Gilbert Ducasse.

«Il représente une partie de la vie entière. Parce qu’il y a beaucoup de choses de Kaya dans sa philosophie, dans sa façon de vivre. La musique aussi est une motivation», confie Azaria. Aux côtés de Ras Max (Max Terra Magra), il promet un événement riche de sens, où la musique ne sera pas qu’un divertissement mais un message. Des artistes comme The Prophecy ou Ras Ti Charles viendront ponctuer cette soirée d’hommages, en acoustique et en formation live.

Pour Azaria, cette commémoration dépasse l’émotion : elle est un acte de transmission. «Dimanche, nous célébrons l’anniversaire de Kaya, mais nous célébrons aussi une énergie, une parole, un exemple», dit-il. Ras Max, lui, parlera avec sa musique. Originaire de Marseille, il s’est rapproché du mouvement seggae pendant la pandémie, une période qu’il décrit comme un «mal pour un bien». Depuis, il multiplie les projets musicaux engagés, comme le morceau Lettre à Tiken Jah Fakoly et une collaboration avec Azaria intitulée Machan, en hommage à ceux qui, au détriment de leur liberté, ont ouvert la voie à la consommation de cannabis. «Je suis un créateur de bandes destinées à vous ouvrir le cœur et vous conscientiser», résume Ras Max.

?Kaya, entre légende et combat inachevé

Impossible de célébrer Kaya sans évoquer la dimension politique et sociale de son œuvre. Mort en détention en février 1999, dans des circonstances encore troubles, Kaya reste à ce jour une figure controversée et honorée. Pour Azaria, l’absence de vérité officielle pèse encore : «Concernant la façon dont nous avons perdu Kaya, mo pena enn pwin definitif. Ena enn repons ki dir li’nn rant dan kazern vivan, li sorti mor. Mais laverite-la, nou pa finn gagne.» Il rappelle que même 25 ans plus tard, aucune enquête sérieuse n’a abouti à une vérité judiciaire. «C’est un mystère», dit-il avec gravité. «Ziska ler personn pa’nn konpran kouma Kaya finn mor pa’nn konpran kifer finn ena emet.»

?Héritage sans pression

À ceux qui pensent qu’être «fils de» est un fardeau, Azaria répond avec sérénité. Il ne ressent aucune pression. Il préfère laisser sa musique parler pour lui, tout en reconnaissant l’impact de l’héritage qu’il incarne. Pour Ras Max, l’engagement d’Azaria est admirable : «Il a été privé d’un père, et en plus, on lui met le fardeau d’un héritage musical, philosophique, militant. Pourtant, il l’assume avec merveille. Je suis hyper admiratif.»

?Cannabiset hypocrisie sociale : un combat toujours vivant

Le Kolektif 420, dont Azaria est membre actif, milite pour la légalisation du cannabis, un combat que Kaya portait déjà à son époque. Pour les deux artistes, cette lutte reste d’actualité et doit s’accompagner d’un effort éducatif pour dépasser les préjugés. «Il y a des gens qui ne consomment pas, mais qui diabolisent la plante. C’est de l’ignorance. Il faut expliquer, montrer. Pas juste légaliser sans pédagogie», insiste Azaria. Ras Max, expert-comptable de formation, a même rédigé un modèle économique autour du cannabis. Il précise n’avoir «aucune ambition politique, juste une ambition musicale et humaine», avec le désir de laisser à ses enfants un monde plus juste.

Au-delà des combats politiques, c’est l’universalité de Kaya qui est soulignée. «Kaya li pa zis enn mizisien kreol ou rasta. Mizilman, indou, sinomorisien… tou dimounn ti ekout li. Li finn rasanble tou bann kominote», témoigne Ras Max. Dimanche à NJoy ce ne sera pas qu’un simple concert. Ce sera un moment de mémoire, d’union et de revendication. Azaria, Ras Max, Ras Ti Charles et d’autres porteront haut les couleurs du seggae et de l’esprit Kaya. Pas pour pleurer le passé, mais pour faire vibrer le présent. Et comme le dit si bien Azaria :

«Kaya li imortel. Li dan frekans dan lenerzi ek dan nou.

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