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Consommation

Hausse des prix des légumes : De circonstance ou inflation artificielle ?

6 mars 2025, 15:00

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Hausse des prix des légumes : De circonstance ou inflation artificielle ?

Ces dernières semaines, la hausse marquée des prix des légumes vendus au détail dans les marchés et supermarchés s’est imposée comme un sujet brûlant d’actualité. Il est évident que se nourrir devient une préoccupation croissante pour les familles mauriciennes. Les raisons avancées sont multiples : sécheresse, cyclone, inondations, baisse de la production due à une réduction des surfaces cultivées… Mais ces éléments suffisent-ils à justifier les prix exorbitants affichés ? Une analyse plus approfondie s’impose.

Constat : des étiquettes s’affolent. Rs 500 le demi-kilo de coriandre, Rs 60 pour le demi-kilo de bringelle (longue), Rs 80 pour le demi-kilo de carotte, Rs 100 l’unité de laitue, et jusqu’à Rs 600 le demi-kilo de persil… Ce qui frappe, c’est que cette flambée des prix touche aussi bien les marchés que les supermarchés. Pourtant, une vérification des prix de gros apporte un éclairage différent.

Selon les données de l’Agricultural Marketing Board du 4 mars, les prix de gros sont bien inférieurs. En moyenne, la coriandre s’est vendue à Rs 500 le kilo, soit un coût d’achat de Rs 250 le demi-kilo pour un revendeur. La bringelle (longue) était à Rs 30 le kilo (Rs 15 le demi-kilo), la carotte à Rs 50 le kilo (Rs 25 le demi-kilo), avec un prix maximal de Rs 80 le kilo pour la qualité supérieure, et la laitue à Rs 30 l’unité.

Alors, quelle est la situation réelle au niveau des prix de gros ? Shemida Ramdewar-Emrith, encanteur, confirme une certaine stabilité : «Les prix sont stables et pourraient même tendre à la baisse selon la tendance actuelle. Toutefois, il est essentiel d’avancer dans le projet de planned production pour mieux anticiper la disponibilité des légumes à court terme et stabiliser davantage les prix.»

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Madagascar, une alternative ?

En cas de véritable pénurie, la réponse logique est l’importation. D’après Statistics Mauritius, les importations de fruits et légumes ont atteint Rs 1,7 milliard au dernier trimestre de 2024 (Rs 1 705 millions). Si l’Afrique du Sud reste une source d’approvisionnement privilégiée, la diversification vers d’autres pays de la région mérite réflexion.

Les Seychelles, par exemple, ont testé l’importation de légumes depuis Madagascar. Une option envisageable pour Maurice ? Sur le papier, l’idée semble prometteuse : la proximité géographique de Madagascar en fait un fournisseur naturel. Cependant, des obstacles logistiques compliquent la donne.

Le fret maritime entre Madagascar et Maurice coûte entre USD 1 000 et USD 1 100 pour un conteneur de 20 ou 40 pieds, contre USD 1 600 pour un conteneur de 20 pieds depuis l’Afrique du Sud et USD 1 800 pour un 40 pieds. Malgré un coût avantageux, le principal frein reste la fréquence des liaisons maritimes.

«Madagascar est moins bien desservie que l’Afrique du Sud, où le trafic maritime est plus fréquent. Il est plus simple d’expédier des marchandises de Port-Louis vers Tamatave que l’inverse. Cette contrainte logistique rend les importations plus complexes qu’avec l’Afrique du Sud ou Dubaï», explique Yousouf Delbar, membre de l’Association professionnelle des transitaires. Cette problématique conforte la pertinence de la proposition de la Mauritius Exports Association d’affréter un navire régional pour sécuriser l’approvisionnement.

L’instabilité des prix des fruits et légumes n’est pas un phénomène récent. Avant d’envisager des solutions durables, encore faut-il comprendre les véritables raisons de la hausse des prix au détail. Une meilleure planification de la production locale, combinée à une stratégie d’importation régionale optimisée, pourrait être la clé d’un marché plus équilibré. Attendons de voir ce que proposera le prochain Budget national !

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