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Royaume-Uni et climat

A Londres, Greta Thunberg arrêtée en marge d'une conférence sur l'énergie

17 octobre 2023, 15:10

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A Londres, Greta Thunberg arrêtée en marge d'une conférence sur l'énergie

Greta Thunberg arrêtée en marge d'une conférence sur l'énergie.

La militante écologiste suédoise Greta Thunberg a été arrêtée ce mardi 17 octobre à Londres pendant une manifestation en marge d'une conférence sur le pétrole et le gaz, a constaté un photographe de l'AFP.

Plusieurs centaines de manifestants écologistes perturbaient le premier jour de l'Energy Intelligence Forum, un évènement rassemblant dans la capitale britannique de hauts dirigeants de l'industrie pétrolière et gazière, bloquant les entrées de l'hôtel InterContinental où il avait lieu.

La militante, âgée de vingt ans, a été interpellée en milieu de journée par deux policiers et placée dans un fourgon des forces de l'ordre. Elle est coutumière d'actions de blocage, comme à Malmö en Suède, ce qui lui avait valu une amende il y a quelques jours.

En janvier, elle avait été emmenée de force par des policiers hors d'une manifestation contre le recours au charbon en Allemagne.

Dans un communiqué, la police de Londres, sans faire de référence à l'illustre militante écologiste, s'est contentée d'évoquer 20 arrestations pour obstruction de la voie publique.

«Derrière ces portes closes (...) des politiciens sans carrure concluent des accords et des compromis avec les lobbyistes du secteur destructeur des combustibles fossiles», avait dénoncé en début de matinée, au cours d'une conférence de presse, Greta Thunberg.

Le directeur général de Shell Wael Sawan et le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné faisaient partie des invités mardi à l'Energy Intelligence Forum, qui se déroule sur trois jours.

Au son d'une cinquantaine de tambours, les manifestants avaient scandé pendant la matinée «arrêtez le pétrole, arrêtez le gaz !» ou encore «rien ne peut nous arrêter, un autre monde est possible !».

Une banderole portant l'inscription «les poids lourds du pétrole doivent payer» avait été déployée par des militants de l'ONG de défense de l'environnement Greenpeace, qui avaient escaladé la façade de l'hôtel InterContinental.

Lobbyistes

«J'ai six petits-enfants. Je fais des cauchemars en pensant à l'avenir qu'ils auront», a dit à l'AFP Doro Marden, une retraitée londonienne de 75 ans.

Pour l'ONG écologiste Fossil Free London, l'organisatrice de la manifestation, «l'écrasante majorité» des bénéfices record enregistrés l'an dernier par les entreprises du secteur «est directement réinvestie dans l'expansion des énergies fossiles et non dans l'énergie verte qu'elles prétendent soutenir».

Le patron de la compagnie pétrolière saoudienne Aramco, Amin Nasser, a ainsi réaffirmé au cours de la conférence que «de nouveaux investissements» dans les hydrocarbures étaient nécessaires pour contrer le déclin des champs pétrolifères vieillissants.

Quant à Wael Sawan, il a fait valoir que Shell essayait d'«assurer la sécurité énergétique». Mais, en même temps, a-t-il ajouté, «nous voulons être un acteur de la transition énergétique en investissant entre 10 et 15 milliards de dollars au cours des trois prochaines années».

M. Sawan s'exprimait par lien vidéo, n'ayant pas pu accéder à l'hôtel InterContinental Park Lane en raison de la manifestation.

Son entreprise était revenue en juin sur son engagement de réduire sa production de brut d'1 à 2% par an, disant tabler désormais sur une production «stable» jusqu'en 2030, suscitant l'ire des écologistes.

Les manifestants mardi ont aussi dénoncé le fait que le président de la COP28, la conférence annuelle des Nations unies sur le climat prévue pour se dérouler du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï, ne soit autre que le patron de la compagnie pétrolière des Emirats arabes unis, Sultan al-Jaber.

«Nous savons que les lobbyistes des énergies fossiles corrompent les procédures des COP depuis des décennies», a ainsi fait valoir avant son arrestation Greta Thunberg, pour qui le choix de ce président «montre très, très clairement» le manque d'ambition de sommets qui ne peuvent pas selon elle «conduire à une réduction drastique des émissions de CO2».

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