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Covid-19: le virus circule depuis «au moins fin janvier, début février»
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Covid-19: le virus circule depuis «au moins fin janvier, début février»
«L’épidémie était au moins présente à Maurice fin janvier, début février. Mais cela ne veut pas dire qu’elle n’était pas encore là avant», a-t-elle affirmé ce jour-là à la conférence de presse quotidienne du National Communication Committee (NCC).
Comment est-on parvenu à ces conclusions ? L’immunologue a indiqué que cela vient des résultats de tests sérologiques (tests sanguins) qui «complètent les tests PCR». Catherine Gaud a expliqué qu’à la suite d’une infection au Covid-19, «le corps garde la mémoire de cette infection» sous forme d’anticorps. Ce que recherche l’enquête : ceux qui dans l’entourage des personnes actuellement positives au Covid-19, présentent ces anticorps mais «qui ne sont ni connues pour avoir eu le Covid-19 précédemment, ni pour avoir voyagé car elles auraient pu faire une infection asymptomatique».
Ces précisons de Catherine Gaud nuancent ce qu’a indiqué le Premier ministre Pravind Jugnauth le 9 mars, dans son discours à la nation annonçant le reconfinement. «Selon les analyses, le premier cas est arrivé dans la première semaine de février.»
Ce qui fait réagir le Dr Vasantrao Gujadhur, ex-directeur des services de la Santé. Il rappelle que le ministre de la Santé a indiqué que le premier cas a été détecté le vendredi 5 mars. «L’incubation peut prendre jusqu’à 14 jours. Ce qui nous amène à fin février. «Si le virus circulait déjà à cette époque, il aurait dû se manifester. Nou pann trouv narien. Aucun cas n’a été rapporté ni dans une flu clinic, ni à l’hôpital, ni dans une clinique privée. Je ne sais pas comment on arrive à la conclusion que l’épidémie était déjà présente début février.»
«Nous sommes dans cette situation parce qu’il y a un manque de transparence totale de la part du gouvernement».
La date de début février remet en question les actions prises par les autorités pour contenir l’épidémie. Roshi Bhadain, avocat et homme politique, affirme que «nous sommes dans cette situation parce qu’il y a un manque de transparence totale de la part du gouvernement».
Il se demande pourquoi il n’y a pas eu de mesures mises en place depuis cette date. Avant de rappeler que le vendredi 5 mars – jour de détection du premier cas de la présente vague – le Premier ministre et les autres ministres ainsi que le leader de l’opposition ont reçu la première dose du vaccin.
Et de souligner que si les associations socioculturelles ont annulé les activités prévues à Grand-Bassin, demandé aux pèlerins qui n’avaient pas encore quitté leur domicile de ne pas le faire, avant de fermer les temples, «comment se fait-il qu’un Premier ministre soit resté silencieux ?» Le diocèse de Port-Louis a aussi annulé les 40 heures et demandé de mettre un terme aux pèlerinages de sept ou 14 églises.
Pour sa part, Rajen Narsingen, Senior lecturer à la faculté de droit à l’université de Maurice, est d’avis qu’avec les éléments disponibles, une cour de justice pourrait éventuellement établir qu’il y a eu «négligence criminelle» de Pravind Jugnauth et du ministre de la Santé.
En se basant sur la déclaration du Premier ministre, concernant le premier cas enregistré «début février», le chargé de cours s’insurge : «Il reste inactif, il laisse les pèlerins sur les routes et autorise la venue d’une délégation japonaise puis d’une délégation indienne. C’est insensé.»
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