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Transition énergétique
Innodis inaugure deux centrales solaires d’une puissance cumulée de 4,2 MWc à Arsenal
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Transition énergétique
Innodis inaugure deux centrales solaires d’une puissance cumulée de 4,2 MWc à Arsenal
■ (De g. à dr.) Jean-Pierre Lim Kong, Patrick Assirvaden et Benoît Régnard, lors de l’inauguration. Photos : Sumeet Mudhoo.
La transition énergétique franchit une nouvelle étape avec l’inauguration hier des deux premières centrales photovoltaïques d’Innodis à Arsenal, en partenariat avec GreenYellow, dans le cadre du Carbon Neutral Industrial Sector Renewable Energy Scheme (CNIS). Présent à la cérémonie, le ministre de l’Énergie et des services publics,
Patrick Assirvaden, a réaffirmé sa volonté d’accélérer les investissements dans les énergies renouvelables, tout en annonçant une ouverture accrue du marché énergétique au secteur privé. Patrick Assirvaden a annoncé la libéralisation du marché énergétique et l’attribution prochaine de contrats pour 220 mégawatts (MW) de projets renouvelables. Les deux centrales d’Innodis représentent une puissance cumulée de 4,2 MWc et devraient produire plus de 6,5 gigawattheures (GWh) d’électricité renouvelable par an, injectée sur le réseau du Central Electricity Board (CEB).
À terme, le partenariat entre Innodis et GreenYellow prévoit quatre centrales, pour une capacité totale de 8,2 MWc et une production annuelle estimée à 12,5 GWh, soit l’équivalent de la consommation d’environ 4 500 foyers mauriciens.
60 % d’énergies renouvelables d’ici 2035
Patrick Assirvaden a rappelé que l’objectif initial de porter à 60 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique avait été fixé à l’horizon 2030. Après consultation des techniciens de son ministère et du CEB, le gouvernement a décidé de maintenir cette ambition, mais de repousser l’échéance à 2035.
Pour justifier cette révision, le ministre a évoqué une baisse de la part des énergies renouvelables dans la production électrique, passée, selon ses chiffres, d’environ 21 % en 2014 à 17 % en 2024. «Je préfère personnellement des objectifs réalistes, accompagnés de projets qui se concrétisent, plutôt que de grandes promesses irréalisables», a-t-il déclaré.
Le gouvernement mise désormais sur une collaboration renforcée entre les autorités et les entreprises privées. «Le secteur public, à mon avis, a les moyens. Le secteur privé a la connaissance et la volonté de bouger. Le rôle du ministère est d’être un facilitateur», a expliqué Patrick Assirvaden.

■ Les deux premières centrales photovoltaïques d’Innodis, en partenariat avec GreenYellow, ont été inaugurées hier.
Le ministre a annoncé l’attribution prochaine de contrats concernant environ 220 MW de projets d’énergies renouvelables, dont le raccordement au réseau est prévu entre 2027 et 2028. Au 15 octobre, Maurice disposait, selon lui, d’une capacité renouvelable totale de 395 MW, dont près de 198 MW d’énergie solaire. Environ 60 MW de projets supplémentaires attendraient encore leur raccordement au réseau du CEB.
Dans le cadre du programme CNIS, six projets représentant plus de 54 MW sont à un stade avancé de construction, avec une mise en service prévue d’ici décembre 2026. Le ministre a également évoqué une centrale photovoltaïque de 15 MW dans les villages avoisinants, annoncée comme achevée à 98 %.
Vers la libéralisation du marché énergétique
Autre annonce majeure : Patrick Assirvaden souhaite ouvrir davantage le marché énergétique au secteur privé, notamment pour permettre aux entreprises d’investir dans la production et la revente d’électricité. Selon lui, cette libéralisation contribuerait à accélérer les investissements et à renforcer la sécurité énergétique du pays. Le ministre estime que cette réforme est nécessaire face aux incertitudes géopolitiques et à la volatilité des prix des combustibles importés. Il a notamment évoqué un surcoût pouvant atteindre Rs 500 millions par cargaison de fioul lourd dans le contexte international qu’il a décrit. «Nous ne contrôlons pas les prix internationaux. C’est pour cette raison que nous devons réussir cette transition énergétique», a-t-il insisté. Il a également souligné que le CEB devra moderniser son réseau pour accueillir les nouvelles capacités de production.
Le développement du stockage constitue un autre axe de sa stratégie. Le ministre a fait état de deux batteries de 20 MW chacune destinées à contribuer à la gestion de la demande pendant les heures de pointe, à savoir entre 18 heures et 21 heures. Il souhaite également encourager les investissements privés dans les batteries.
Parallèlement, le gouvernement prévoit de diversifier les sources d’énergie, notamment à travers l’éolien et l’agrivoltaïsme. Patrick Assirvaden a mentionné un projet éolien de 15 à 20 MW à Tamarin Falls ainsi qu’un portefeuille de 54 à 60 projets agrivoltaïques envisagés. Ce dispositif permettrait aux planteurs de poursuivre leurs activités agricoles tout en produisant de l’électricité solaire.
Le ministre a aussi annoncé le lancement, à partir du 1er novembre, d’une campagne d’efficacité et de sobriété énergétiques. Selon lui, la campagne précédente aurait permis d’économiser 20 MW pendant l’heure de pointe. Une aide de Rs 75 000 est également prévue pour les ménages souhaitant installer des panneaux solaires, tandis que des discussions sont en cours avec l’Inde concernant un projet de 100 000 kits photovoltaïques résidentiels.
Un investissement dans la compétitivité industrielle
Pour Jean-Pierre Lim Kong, directeur général d’Innodis Group, les centrales d’Arsenal traduisent la volonté de concilier développement économique et responsabilité environnementale. «Le développement de notre entreprise et la protection de notre environnement ne sont pas deux objectifs séparés. Ils avancent ensemble», a-t-il affirmé. Selon lui, les deux installations permettront d’éviter environ 4 620 tonnes de CO₂ par an.
Pour Innodis, acteur de l’agroalimentaire mauricien, le solaire représente également un moyen de mieux maîtriser les coûts de production et de renforcer la résilience de ses activités. «Le solaire représente pour nous bien plus qu’une source d’énergie. C’est un levier de compétitivité, de maîtrise des coûts et de différenciation», a souligné le dirigeant, rappelant que la sécurité alimentaire dépend aussi de la capacité du pays à soutenir sa production locale.
De son côté, Benoît Régnard, directeur général de GreenYellow Austral, a rappelé que l’entreprise française avait développé plus de 130 MWc dans l’océan Indien. Il a également annoncé un accord de financement de Rs 940 millions avec la Mauritius Commercial Bank pour soutenir 17 projets photovoltaïques représentant plus de 25 MWc.
Avec ces deux centrales, Innodis et GreenYellow concrétisent une première phase de leur partenariat. Pour le gouvernement, l’enjeu sera désormais de traduire les annonces en capacités opérationnelles, tout en renforçant les infrastructures nécessaires à une production électrique plus diversifiée et moins dépendante des combustibles importés.
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