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Marché du travail
Le défi de rapprocher les compétences locales des besoins des entreprises
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Marché du travail
Le défi de rapprocher les compétences locales des besoins des entreprises
■ Frederick Muia a souligné la nécessité d’un dialogue social pour élaborer des solutions adaptées aux défis du marché du travail. Photo: Tony Fine.
Trent-deux mille chômeurs pour 65 000 travailleurs étrangers : ce décalage apparent sur le marché du travail interpelle le ministre du Travail, Reza Uteem. Pour mieux comprendre cette situation et apporter des réponses adaptées, il plaide pour des politiques de l’emploi fondées sur des données fiables, des études approfondies et une analyse rigoureuse.
Le ministre intervenait le mardi 27 octobre à Quatre-Bornes lors de l’ouverture d’un programme national de formation consacré à l’élaboration de politiques publiques fondées sur des données probantes autour du thème Evidence-Based Policymaking for Decent Work and Social Justice. La rencontre s’est tenue en présence de Frederick Muia, directeur du Country office de l’Organisation internationale du travail (OIT) pour Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles.
Pour Reza Uteem, les chiffres du marché du travail méritent un examen approfondi. Alors que Statistics Mauritius recense quelque 32 000 personnes au chômage, le pays compte environ 65 000 travailleurs étrangers. Un constat qui soulève des questions sur l’adéquation entre les compétences disponibles localement et les besoins des entreprises. Le ministre estime nécessaire d’en analyser les causes avant de définir des mesures susceptibles de corriger les déséquilibres.
Autre dossier sur la table : le Youth Employment Programme, actuellement en cours de révision. Ce dispositif fait face à plusieurs difficultés, notamment un budget sous-utilisé. En cause, entre autres, des critères d’éligibilité jugés trop restrictifs. Réservé aux détenteurs du Higher School Certificate ou d’un diplôme supérieur, le programme exclurait près de 80 % des jeunes sans emploi, a souligné le ministre. Une situation qui limite sa portée auprès d’une partie importante de la population concernée.
Constats vérifiables
Reza Uteem a également plaidé pour une révision en profondeur des mécanismes de recrutement dans la Fonction publique, afin de mieux répondre aux attentes des demandeurs d’emploi. Son message est clair : les politiques publiques ne peuvent se limiter à des intentions ou à des dispositifs théoriques. Elles doivent s’appuyer sur des constats vérifiables, une évaluation régulière et des résultats mesurables.
Mieux comprendre le marché du travail pour agir plus efficacement : c’est également l’approche défendue par Frederick Muia. Le représentant de l’OIT a salué la volonté de Maurice de prendre en main ses priorités de développement et de renforcer les capacités de ses institutions et de sa population.
Il a rappelé que le monde du travail évoluait rapidement. Les jeunes recherchent des emplois porteurs de sens, les travailleurs aspirent à de meilleurs salaires et à des perspectives de carrière, tandis que les employeurs peinent parfois à trouver les compétences dont ils ont besoin. Autant de défis qui exigent des réponses adaptées aux réalités du terrain.
Pour y parvenir, les décisions doivent s’appuyer sur des statistiques fiables, des travaux de recherche, des enquêtes et les enseignements tirés de l’expérience internationale. Le dialogue social reste également essentiel pour élaborer des solutions concertées face aux mutations du marché du travail.
Organisée conjointement par le ministère du Travail et des relations industrielles et l’OIT, cette formation vise à renforcer les compétences des participants en matière de recherche et d’analyse des données. L’objectif est de transformer les constats en politiques concrètes, capables de favoriser l’emploi décent et la justice sociale.
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