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Logement
«Rent-to-Own» : 18 familles plus proches du rêve de devenir propriétaires
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«Rent-to-Own» : 18 familles plus proches du rêve de devenir propriétaires
■ Un moment chargé d’émotion pour cette famille qui reçoit des mains du ministre du Logement, Shakeel Mohamed, les clés de sa future maison à Pointe-aux-Piments.
L’émotion était palpable sous un soleil de plomb, hier, mercredi, à Pointe-aux-Piments. Dix-huit familles ont reçu les clés de leur future maison des mains du ministre du Logement et des terres, Shakeel Mohamed, lors d’une cérémonie organisée en présence des fonctionnaires du ministère du Logement et des terres et de la National Housing Development Company (NHDC).
Pour ces familles, cette remise de clés symbolise surtout l’aboutissement d’un parcours souvent marqué par les difficultés financières et l’incertitude. Parmi les bénéficiaires, Parvatee Nalhung mesure pleinement la portée de cette nouvelle étape. «Je suis très contente car j’ai connu beaucoup de difficultés avant», confie-telle. Elle explique avoir effectué plusieurs démarches à Rose-Hill afin de savoir quand elle pourrait enfin obtenir une maison. «Ce n’est pas facile», souligne-telle. Après plusieurs années d’attente, elle a finalement été contactée pour procéder à son enregistrement.
Son parcours pour obtenir un prêt bancaire n’a toutefois pas abouti. «J’ai fait des démarches pour obtenir un prêt et après deux ans, on m’a dit que ce n’était pas possible», raconte-t-elle. Sa situation familiale compliquait davantage les choses. Son époux étant en situation de handicap et le couple ayant trois enfants, les difficultés financières étaient nombreuses. Aujourd’hui, leur fils de 20 ans contribue à la prise en charge de la famille. «Il travaille dur pour nous», raconte Parvatee Nalhung, visiblement émue.
Une alternative pour familles en difficulté
Pour Shakeel Mohamed, ce type de situation illustre précisément la nécessité de proposer des solutions adaptées aux familles qui peinent à accéder à un financement bancaire classique.
Le ministre a évoqué le parcours d’une bénéficiaire confrontée, elle aussi, à des difficultés pour obtenir un prêt. Selon lui, cette famille ne pouvait être «laissée sur la touche», notamment en raison de la situation de handicap de l’époux.
Shakeel Mohamed a expliqué que le mécanisme mis en place s’inscrit dans une réflexion entamée avant les élections générales de 2024. Il a dit s’être notamment inspiré de discussions avec des personnes rencontrées en France, originaires du Mali, du Sénégal et des Comores, qui lui avaient fait part de leurs difficultés liées au logement. Le ministre a toutefois tenu à clarifier le fonctionnement du dispositif. L’accès au Rent-to-Own n’est pas automatique. Les familles doivent d’abord effectuer une demande de prêt pour une maison dont le coût est maintenu autour de Rs 900 000 dans le cadre de ce projet.

■ Les nouvelles maisons de la «New Social Development Ltd» à Pointe-aux-Piments.
En cas de refus d’un prêt bancaire, une deuxième option peut être envisagée: le système d’hypothèque (Mortgage) de la NHDC, qui se veut plus souple. Des discussions sont également en cours pour mettre en place des garanties bancaires, notamment avec la SBM, afin de faciliter l’accès au financement.
Si cette solution n’est toujours pas accessible à une famille, le Rent-to-Own constitue une alternative. Dans ce cadre, les bénéficiaires paient environ Rs 4 000 par mois pendant cinq ans. Leur situation est ensuite réévaluée afin de déterminer s’ils peuvent accéder à une hypothèque ou à un prêt. Une partie des sommes versées mensuellement peut alors être considérée dans le cadre du financement.
36 maisons déjà prévues, 600 dossiers à l’étude
À ce jour, 18 familles bénéficient du Rent-to-Own à Pointe-aux-Piments. D’autres unités sont également prévues à Malherbes, Notre-Dame, Valetta et Henrietta, pour un total de 36 maisons en Rent-to-Own.
Par ailleurs, quelque 600 dossiers de personnes intéressées par ce dispositif sont actuellement à l’étude. Pour Shakeel Mohamed, l’objectif est clair : offrir davantage de possibilités aux familles qui rencontrent le plus de difficultés. «Mon rôle est de donner le maximum de capacité, des facilités, aux personnes qui ont le plus de difficultés», affirme-t-il.
Le ministre du Logement et des terres a également annoncé que la régularisation du squatting, aussi bien sur les terres de l’État que sur des terrains privés, figure parmi ses priorités. Un travail qui devra être mené avec plusieurs instances, notamment le ministère des Finances, celui de la Sécurité sociale et la Deputy Prime Minister.
À Pointe-aux-Piments, pour les 18 familles bénéficiaires, cette nouvelle étape prend toutefois une dimension très concrète : celle de pouvoir enfin envisager l’avenir avec les clés de leur propre maison entre les mains.
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