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Merkel rejette les accusations turques, critique Ankara

3 mars 2017, 18:23

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Merkel rejette les accusations turques, critique Ankara

La chancelière Angela Merkel a rejeté vendredi les accusations turques d'ingérence après l'annulation de deux meetings pro-Erdogan en Allemagne et a critiqué en retour les atteintes à la liberté de la presse en Turquie.

«La situation légale en Allemagne est telle: nous sommes un système fédéral. Les communes ont des compétences, les régions ont des compétences et l'Etat fédéral a des compétences. En ce qui concerne l'organisation d'évènements, les autorisations sont décidées au niveau communal», a-t-elle dit lors d'un déplacement à Tunis.

Ankara a accusé vendredi Berlin d'oeuvrer pour une défaite du président turc Recep Tayyip Erdogan lors du référendum sur le renforcement de ses pouvoirs, après l'annulation de deux meetings de soutien en Allemagne où des ministres turcs devaient se rendre.

Mme Merkel a en retour dénoncé les atteintes à la liberté de la presse en Turquie, en particulier dans le cas du correspondant en Turquie du quotidien Die Welt, Deniz Yücel, placé en détention pour propagande "terroriste".

«C'est une question de principe pour nous d'être engagés pour la liberté d'expression en Allemagne. Et je pense que c'est aussi approprié de notre part de critiquer les atteintes à la liberté de la presse» en Turquie, a-t-elle dit. «La liberté de la presse dans le cas de Deniz Yücel n'a pas été garantie de la manière nécessaire».

Avant elle, le ministère des Affaires étrangères avait déjà rejeté les accusations turques.

«C'est une décision (l'annulation des meetings, ndlr) sur laquelle le gouvernement fédéral n'avait aucune influence et sur laquelle il ne peut en avoir car cela tombe sous le coup du droit local ou régional sur lequel nous avons zéro influence», a indiqué Martin Schäfer, porte-parole du ministère.

«Ce n'est pas dans notre intérêt ou celui de la Turquie de ne dialoguer que par médias interposés ou que nous tombions dans une confrontation ouverte», a-t-il ajouté.

Les mairies de Gaggenau et de Cologne (ouest de l'Allemagne) ont annoncé jeudi ne pas autoriser deux meetings avec les ministres de la Justice et de l'Economie. Ceux-ci voulaient y promouvoir le oui au référendum prévu mi-avril en Turquie pour accroître les pouvoirs du président.

Dans le premier cas, la mairie a dit que les installations urbaines n'étaient pas en mesure d'accueillir l'afflux de visiteurs. Dans le second cas, les autorités ont indiqué ne pas avoir été prévenues à temps par l'organisateur et que, du coup elles, ne pouvaient prendre les mesures de sécurité adéquates.

L'Allemagne compte la plus importante diaspora turque du monde, forte de plus de trois millions de personnes, et il s'agit d'un électorat important pour le président turc. Mais Berlin craint que les conflits au sein de la société turque ne s'exportent sur son territoire.

Les sources de tensions germano-turques se sont multipliées ces derniers temps. La Turquie reste néanmoins un partenaire incontournable aux yeux de l'Allemagne, le rôle d'Ankara étant crucial, selon elle, pour empêcher l'afflux de réfugiés en Europe.

 

 

 

 

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