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Dr Zina Valaydon: Ses travaux sur l’hépatite B lui valent une distinction

16 avril 2016, 07:27

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Dr Zina Valaydon: Ses travaux sur l’hépatite B lui valent une distinction

La gastro-entérologue mauricienne Zina Valaydon, attachée à l’University of Melbourne, en Australie, s’est vu attribuer le Young Investigator Award lors de la dernière conférence de l’Asia-Pacific Association for the Study of the Liver pour des recherches sur l’hépatite B. Portrait d’un médecin prometteur.

Bien qu’elle ait 32 ans et neuf ans d’études médicales derrière elle, Zina Valaydon a conservé un look juvénile. Cette fille cadette de Kris et de Kamla Valaydon, respectivement consultant en démographie et ancienne secrétaire à l’Assemblée nationale, a fait ses études secondaires au Queen Elizabeth College, se distinguant dans la filière scientifique.

Adolescente, elle est douée aux échecs et se voit bien faire une carrière de joueuse professionnelle. Or, ses parents et son mentor à ce jeu, Ronald Raimbert, ont tôt fait de lui faire entendre raison. Tout compte fait, Zina Valaydon se dit que la médecine lui conviendra car elle aime les sciences. De plus, la famille Valaydon ne compte aucun médecin dans ses rangs jusque-là.

Talonnant les lauréats lors de l’annonce des résultats de fin d’études secondaires, elle fait des demandes d’admission auprès de plusieurs universités européennes  et australiennes et décline une offre de bourse française car elle n’est pas familière avec le système français. L’université de Melbourne l’accepte comme étudiante en médecine, mais ne peut garantir d’internat à ses étudiants étrangers.

Des résultats remarquables

Qu’importe, elle entame ses six années d’études de médecine générale, couplées à une licence en chirurgie. Ses résultats finaux sont remarquables. À tel point que l’université de Melbourne fait une dérogation pour elle en la laissant faire son internat à l’hôpital universitaire. Le Royal Melbourne Hospital lui offre un emploi d’un an qui passe vite à trois ans et la parraine pour qu’elle obtienne son permis de résidence.

Des multiples sous-disciplines de la médecine interne qu’elle étudie comme spécialisation, elle opte pour la gastro-entérologie qu’elle trouve plus «excitante» car celle-ci comporte non seulement des consultations cliniques et de la recherche, mais aussi des interventions en urgence. De là, elle s’oriente vers les maladies du foie, comme les hépatites et le cancer, et est rattachée à l’unité de transplantation du foie de Melbourne. C’est là qu’elle voit beaucoup de cas d’hépatite B, qui sont plus courants dans la région Asie-Pacifique et Afrique.

En 2015, elle décide d’en faire son sujet de doctorat car elle estime que d’ici dix ans, un vaccin pour l’hépatite C, qui affecte surtout les usagers de drogue, aura été trouvé tant il y a eu de recherches sur le sujet. Par contre, de l’hépatite B, on sait seulement qu’il s’agit d’une maladie transmise en grande partie de la mère à l’enfant ou au contact d’une goutte de sang contaminée.

Deux milliards de personnes dans le monde sont porteuses du virus de l’hépatite B qui est, selon elle, «la maladie du futur». Il existe certes un vaccin qui immunise contre l’hépatite B. Mais une fois qu’une personne est contaminée, elle n’a  aucune chance d’en guérir. Son seul recours est la prise de médicaments qui empêchent le virus de se répliquer. On peut recourir à une transplantation du foie, mais le don de cet organe est rare.

Si Zina Valaydon s’intéresse à l’hépatite B, c’est aussi parce que l’on sait peu de chose sur le cheminement de ce virus une fois qu’il a gagné le foie. La médecine sait que s’il n’est pas contrôlé, il finit par détruire l’organe hôte par cirrhose ou cancer. On sait aussi que l’hépatite B affecte de plus en plus des trentenaires de la région Asie- Pacifique mais aussi en Afrique.

Le Dr Valaydon décide donc d’étudier l’immunologie de l’hépatite B, en espérant trouver le cheminement du virus lorsqu’il a pénétré le foie. Elle fait des expériences sur des souris au sein du Walter and Eliza Hall Institute de Melbourne. Mais étudie aussi 350 quadragénaires porteurs du virus de l’hépatite B. Elle réussit à établir la présence de mutations virales chez 53 % d’entre eux à travers des séquençagesde leur ADN et des prélèvements de foie effectués lors de biopsies antérieures.

Ces mutations, qui sont précurseurs d’une cirrhose, se retrouvent généralement chez des malades plus âgés ayant une longue histoire d’hépatite B mais pas chez de jeunes sujets, qui sont généralement uniquement porteurs du virus et donc pas sous médicament. Son postulat est donc qu’il est important que le système de santé fasse systématiquement du séquençage d’ADN chez les porteurs du virus quel que soit leur âge, afin que toute mutation notée soit traitée agressivement par médicaments pour prévenir une cirrhose subséquente.

La 3e plus importante conférence sur le foie dans le monde

C’est cette recherche, qu’elle a présentée en février à la conférence de l’Asia-Pacific Association for the Study of the Liver, troisième plus importante conférence sur le foie dans le monde, qui lui a valu de décrocher le Young Investigator’s Award. Ce qui n’est pas rien.

Sa recherche de doctorat se poursuit car elle est persuadée que les mutations sont le résultat de pressions sur le système immunitaire et que celles-ci pourraient lui permettre de savoir comment fonctionne le virus. Si c’est le cas, c’est la voie ouverte pour l’élaboration de possibles médicaments. «Si je peux trouver les acteurs clés dans cette réaction du système immunitaire par rapport au virus de l’hépatite B, ce sera une avancée. I think we’ll get there», dit-elle sans vouloir se prononcer davantage.

«Je garde mes options ouvertes»

Si une bonne partie de son emploi du temps est dévouée à la recherche, le Dr Valaydon enseigne aussi la gastro-entérologie aux étudiants en dernière année de médecine, de même que cette matière et la médecine générale aux internes. Elle a écrit un chapitre sur l’hépatite B dans un des manuels au programme d’études médicales intitulé ClinicalVirology.

La belle est mariée à un gastro-entérologue australien, rattaché au Royal Melbourne Hospital et qui vient de soumettre son doctorat. Ils comptent fonder une famille d’ici un an. Bien qu’elle sache que l’Australie est un des terreaux de l’hépatite B, elle rêve de pouvoir un jour faire de la recherche aux États-Unis où les budgets sont illimités, tout en restant clinicienne. «Je garde mes options ouvertes.» Sage décision…

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