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Nouveau gouvernement: Les syndicats dressent la liste de leurs revendications
18 décembre 2014, 16:54
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Nouveau gouvernement: Les syndicats dressent la liste de leurs revendications
Alors que le nouveau gouvernement vient tout juste de se mettre en place, les syndicalistes, eux, s’activent déjà à dresser leur liste de réclamations. Après tout, il faut battre le fer pendant qu’il est chaud, bien que l’heure semble toujours se prêter aux festivités pour les nouveaux pensionnaires de l’Hôtel du gouvernement.
Ashok Subron, négociateur du Joint Negotiating Panel, n’y va pas en douceur. Le syndicaliste met déjà l’Alliance Lepep en garde. «La proximité avec le secteur privé a coûté cher à Paul Bérenger et Navin Ramgoolam», soutient-il.
Ashok Subron exige qu’Anerood Jugnauth et Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui avaient rendu visite aux travailleurs de l’industrie sucrière, n’oublient pas les promesses faites. «Ils doivent s’assurer que le droit des travailleurs de l’industrie sucrière soit respecté et que la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA) ne vole pas leur droit au bonus», martèle-t-il.
A son avis, le nouveau gouvernement devra s’assurer, en premier lieu, que les travailleurs de l’industrie sucrière ne soient pas sujets à des représailles de la part des sucriers. Et pour bien faire les choses, il lui faudrait commencer par faire comprendre aux employeurs qu’il faut payer le bonus. En second lieu, il faudrait nommer au plus vite un arbitre pour le bon déroulement des négociations. Et d’ajouter que le National Remuneration Board (NRB) devrait réviser certaines des conditions, comme cela avait été convenu lors des négociations.
Rashid Imrith, président de la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP), a aussi à coeur le sort des grévistes pénalisés de l’industrie sucrière. «Il faut que l’Etat s’assure que le bonus des grévistes de l’industrie sucrière soit payé. Et qu’on leur paie aussi leurs jours de grève», avance-t-il.
Par ailleurs, le syndicaliste réclame la mise en application de l’Additional Remuneration Bill. Et ce, afin que chaque travailleur bénéficie de la compensation salariale, comme cela avait été convenu lors des négociations tripartites.
Il dit aussi souhaiter que le nouveau gouvernement s’active à remplir les 8 000 à 10 000 postes vacants dans la fonction publique. Selon lui, ce manque d’effectif aurait un impact négatif. «Le directeur de l’Audit a toujours attiré, chaque année, l’attention sur le fait que le travail dans la fonction publique se fait sans que les procédures soient suivies, à cause du manque d’effectif», rappelle Rashid Imrith.
«Le Directeur de l’Audit a fait ressortir qu’il y a eu seulement 47 inspections, car le ministère des Finances n’a pas déboursé l’argent pour le recrutement des inspecteurs», explique le président de la FSSP.
S’étendant sur le recrutement des fonctionnaires, Rashid Imrith dit attendre que cela se fasse dans la transparence. Il en va de même pour les promotions. Et pour que les fonctionnaires soient formés, le syndicaliste espère que l’Alliance Lepep ira de l’avant avec la construction d'un Civil Service College.
De son côté, Jane Raggoo, porte-parole de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), a tenu à féliciter l’Alliance Lepep pour sa «victoire écrasante». Néanmoins, elle tient à souligner que la lutte des travailleurs continue, car les «lois anti-travailleurs perdurent». Du coup, «les problèmes restent toujours entiers».
De ce fait, la CTSP soumettra une correspondance à l’Alliance Lepep la semaine prochaine. La confédération sollicite une rencontre au plus vite avec le futur Premier ministre. «En dix ans d’existence, nous n’avons jamais eu une rencontre avec le PM», fait ressortir la syndicaliste.
A leur agenda, le salaire minimum qui, selon eux, devrait être fixé à Rs 10 000. Jane Ragoo affirme que la CTSP soumettra plusieurs propositions sur la mise en œuvre d’une telle mesure. Et de souligner qu’il ne faudrait pas oublier que les travailleurs du secteur privé ont leur contribution dans la victoire de l’alliance Lepep. «Si les décisions qu’ils prendront ne sont pas dans l’intérêt des travailleurs, alors nous monterons au créneau», fait ressortir la syndicaliste.
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