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Perte de la vue après une injection d’Avastin: un autre patient se manifeste
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Perte de la vue après une injection d’Avastin: un autre patient se manifeste
Il avait reçu ce traitement en 2009. Soit un an après l’introduction du médicament à Maurice. Il a lui aussi perdu l’usage d’un oeil. Ce patient est venu de l’avant depuis que l’injection d’Avastin a suscité la polémique avec pas moins de quatre patients ayant perdu la vue après ce traitement.
Ainsi, ce ne serait pas des cas isolés et l’on soupçonne plusieurs autres cas similaires. Ce patient qui a bien voulu parler sous le couvert de l’anonymat explique que dans son cas, comme pour les quatre autres patients, l’injection était nécessaire afin de ralentir la détérioration de la vue. Une complication liée au diabète. Toutefois, quelques jours après ce traitement, il a commencé à perdre la vue au niveau de l’oeil droit.
«Je me suis rendu à nouveau à l’hôpital de Moka après l’injection, je n’ai pu attendre la date de mon rendez-vous. Je commençais à voir flou jusqu’à perdre complètement la vue au niveau de l’oeil droit. C’est ce qui m’a poussé à me rendre à l’hôpital de Moka trois jours avant le rendez-vous», poursuit notre interlocuteur.
Il vit donc avec son handicap depuis 2009. Il s’est résigné à accepter son état, surtout qu’il a, comme les quatre nouveaux cas, tout tenté pour essayer de recouvrer la vue. Comme aller en Inde.
C’est avec beaucoup de peine qu’il revient sur ce matin de juin 2009. Le jour où il a vu de l’oeil droit pour la dernière fois. «Je me suis rendu à Moka pour améliorer ma vue. On m’a dit qu’on devait me faire l’injection d’Avastin. Avant, plusieurs de mes rendez- vous avaient été annulés par manque de patients. Et le jour où j’ai reçu le traitement, il y en avait une vingtaine.»
Retour sur les quatre cas déjà connus. Krishna Appadoo, Ravinduth Kasee et Sylvestre Antonio se confient à l’express.
lui, Kasee, soudeur de son état, connaît le même sort. «Nous avons puisé de notre poche pour payer le voyage en Inde. Nous avons tout tenté. Et mon mari ne peut plus travailler.Même si l’argent n’arrangera rien», confie sa femme Jayshree Kasee en évoquant la possibilité de poursuivre l’Etat.
Les autres patients sont Sylvestre Antonio, chauffeur de taxi et un retraité. Ces derniers se sont tous rendus à Chennai le mois dernier afin de recevoir des traitements plus poussés. Mais sur place, «les médecins indiens nous ont dit qu’il était trop tard, le cas est dépassé et qu’ils ne pouvaient rien faire pour nous», deplore Ravinduth Kasee.
Le patient affirme qu’on lui a d’abord administré des gouttes en vue de le préparer à l’injection. «Je ne voyais plus très bien et je me souviens que l’on m’a demandé de signer une autorisation avant l’injection. J’étais seul.» Ensuite, selon notre interlocuteur, les patients ont été conduits dans une autre salle pour l’injection. «Nous sommes entrés un après l’autre. On m’a allongé et l’injection a été faite en quelques secondes.»
«J’ai perdu un oeil bêtement»
Depuis cette tragique expérience, il ne remet plus les pieds à l’hôpital de Moka. Alors qu’il avait complètement perdu l’usage de l’oeil droit, la vue au niveau de son oeil gauche commençait aussi à baisser. «Je me suis rendu à l’hôpital privé d’Agarwal. On m’a à nouveau administré de l’Avastin. Cette fois dans l’oeil gauche. Au début, je ne voulais pas, j’avais très peur. Mais les médecins m’ont assuré que la manière de faire était complètement différente. C’était bien le cas, je n’ai eu aucun problème à la suite de cette injection.»
Depuis, c’est en Inde qu’il poursuit ses traitements, toujours à ses frais. Mais le calvaire, il n’est pas près de l’oublier. «Je vis très difficilement avec mon seul oeil. J’ai beaucoup de respect pour les non-voyants mais ce qui me révolte c’est que j’ai perdu un oeil bêtement. Je ne le souhaite à personne.»
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