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Lingerie: un marché qui s’affiche timidement mais sûrement

25 mai 2014, 16:29

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Lingerie: un marché qui s’affiche timidement mais sûrement

 

Dentelles, corsages et décolletés affriolants ont le vent en poupe. L’évolution des mœurs a permis à de nombreux Mauriciens de découvrir un plaisir boudé par le passé : la lingerie.

 

Certes, les tabous sont encore vivaces. Cependant, affirment les vendeurs de lingerie, «le marché est bel et bien là». Et, alors que ces produits sont généralement réservés aux femmes, ce sont plutôt les hommes qui s’y intéressent. En effet, selon Zinaida Ameerally-Ramjan, designer de la marque Sublime Séduction, 60% de ses clients sont des hommes. 

 

«Parfois, ils emmènent leur femme ou compagne afin que celle-ci fasse son choix, mais cette dernière est souvent hésitante», déclare celle qui vient de lancer sa quatrième collection de lingerie sous le thème «Unlock your love». Les directeurs d’Oze Lingerie, Xavier et Nathalie Renard, vont dans le même sens : «Les gens n’ont pas de problème avec la lingerie en tant que telle, mais plutôt avec les on-dit. Surtout quand on vous voit marcher avec un sac provenant d’un magasin de lingerie, ce ne sont pas les commentaires qui manquent.»

 

«Le marché est fluctuant»

 

Mais, à l’intérieur du magasin, il n’y a point d’embarras. «Les hommes sont très à l’aise pour discuter de ce qui ferait plaisir à leur dulcinée, ou encore ce qu’ils aimeraient voir sur celle-ci», conviennent Zinaida Ameerally-Ramjan et le couple Renard. Toutefois, «les choses auraient sûrement été différentes si le client avait un vendeur en face de lui. Question d’ego masculin», indique un responsable de la marque Une Histoire d’Amour

 

«Les femmes aussi ne sont nullement mal à l’aise par la présence d’hommes dans un magasin qui vend de la lingerie. A la limite, c’est l’homme qui se sentira mal en point quand le regard de la femme se portera sur lui», confie Xavier Renard.

 

Cela dit, souligne ce dernier, le marché de la lingerie est fluctuant. N’étant pas un produit de première nécessité, il dépend grandement de la santé du portefeuille du consommateur. Raison pour laquelle, d’ailleurs, le couple a choisi d’intégrer la ligne pour enfant, Ozanges, et de passer à la vente en réunion. 


 

Xavier et Nathalie Renard, de Oze Lingerie, ont dû diversifier leur production en raison du marché fluctuant de la lingerie. 

 

Zinaida Ameerally-Ramjan a, pour sa part, opté pour la vente en ligne. Elle envisage également l’exportation régionale de ses produits. La designer trouve dommage que «les gens ne se rendent pas compte que la lingerie peut changer beaucoup de choses dans la vie d’un couple». Xavier Renard confirme : la lingerie peut effectivement «rallumer la flamme au sein d’un couple».

 

Une chose est sûre, déclare notre interlocuteur d’Une Histoire d’Amour: «le marché de la lingerie prend de l’ampleur. Cela ne deviendra pas aussi normal que d’acheter une chemise, mais les tabous vont tomber». Selon lui, offrir de la lingerie à une femme de nos jours équivaut à lui offrir des fleurs. 

 

Cela, dit-il, va avec l’évolution de la société. «D’ailleurs, la lingerie n’est plus un vêtement qui se dissimule. La mode, maintenant, c’est de laisser entrevoir ses sous-vêtements, semble-t-il.»

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