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«L?offshore se porte bien jusqu?à présent»

5 novembre 2008, 01:00

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Dans quelle mesure la crise financière internationale affecte-t-elle le «Global Business» ?

Ce ne serait pas juste d?affirmer que l?offshore sera épargné par la crise financière internationale. A l?instar des secteurs du tourisme, textile ou autres, celui du Global Business ne pourra pas échapper aux incidences de la crise. Mais cela ne veut pas pour autant dire qu?à cette heure, c?est la panique, le désarroi. La crise n?aura pas un effet immédiat sur nos activités, car nos clients existants sont là et continuent leurs activités. Peut-être attendent-ils de voir l?évolution de la situation pour décider s?il faut procéder à de nouveaux investissements. En conséquence, les effets de la crise ne se feront sentir que plus tard, sur les investissements à venir.

S?il y a incertitude et attente, n?y a-t-il pas aussi de ralentissement des activités ?

Non, il n?y a aucun ralentissement de nos activités. Mais en ce qui concerne les investisseurs, pour des événements de cette envergure, il convient d?attendre que les choses reviennent à la normale pour savoir quelles décisions prendre par rapport au futur. Nous sommes peut-être dans une situation d?attente. Et la situation est la même sur les marchés boursiers et ailleurs?

Pouvez-vous dire ce que cette situation d?attente a provoqué dans le «Global Business» ?

Je voudrais vous dire, franchement, que j?étais en voyage en Chine le jour où la crise a réellement éclaté. Beaucoup disaient alors qu?elle allait forcément provoquer un vent de panique. On affirmait que plusieurs personnes, dans un état de détresse, allaient vendre. Pour ceux avec qui j?étais en Chine, cette situation était une aubaine, une opportunité d?investissement inespérée. La baisse des prix est pour certains l?occasion de faire de bonnes affaires. En ce qui nous concerne, les activités reprennent. J?ai personnellement eu l?occasion d?effectuer des transferts durant cette période. Mais je ne veux pas dire que nous ne ressentirons pas les effets de la crise. Ils se feront sentir plus tard, probablement sur les investissements à venir.

Pour quand, selon vous ?

Durant les deux prochaines années, la prudence sera de mise. Il faut également revoir nos coûts, étudier les facilités que nous accordons aux investisseurs afin qu?ils soient encouragés à revenir investir.

Quelles facilités additionnelles souhaiteriez-vous qu?on leur accorde ?

Des facilités qui nous permettraient d?être beaucoup plus compétitifs dans l?offshore, sur le plan international. On ne peut pas ignorer les assertions de l?Organisation de coopération économique et de développement (OCDE) qui menace de classer Maurice au nombre des paradis fiscaux. De notre côté, il faudra nécessairement revoir, améliorer la législation, pour avoir de bons et solides arguments à fournir à l?OCDE, pour notre crédibilité. Pour cette organisation, Maurice est un pays qui favorise l?évasion fiscale ou qui entretient une opacité relativement aux transactions. Je le répète, Maurice n?est pas un paradis fiscal. Les entreprises paient des taxes, certes pas très élevées. Nous nous situons dans la logique d?une low-tax juridiction. Mais je pense qu?il faut revoir le régime de la Global Business Company 2 (GBC2), où les compagnies sont exemptées de taxes. S?agissant des entreprises sous ce régime, une certaine opacité est effectivement entretenue.

En théorie, la législation leur permet d?opérer sans forcément avoir recours à un directeur ou secrétaire de nationalité mauricienne. Elles peuvent également mener leurs activités sans détenir un compte bancaire dans une institution locale. Elles n?ont même pas à remplir leur formulaire d?impôts, ni à soumettre leurs comptes à l?autorité. Je dis bien, en théorie, car c?est ce que dit la loi qui régit les GBC2. Comment voulez-vous que nous soyons crédibles, que nous puissions nous défendre d?être assimilés à un paradis fiscal, avec une telle législation ?

Les choses se passent-elles autrement, dans la pratique ?

Cela dépend de la façon dont chaque entreprise de management veut être gérée. Mais il y a malheureusement des gens qui se spécialisent dans la GBC 2 et l?on ignore ce qu?ils font réellement. Cette façon de faire jette le discrédit sur tout le secteur du Global Business. Même si la plupart ne se comportent pas de cette façon, le fait que la législation leur donne ces libertés est pour le moins compromettant.

S?agissant des entreprises enregistrées sous le régime de la GBC 1, la modicité des taxes à payer (environ 3 %) soulève autant de controverses?

Oui, mais les taux en vigueur sont assez compétitifs et Maurice n?est pas le seul pays où la taxation est peu élevée. Face à des pays comme Cayman Islands, Bermudes, où les entreprises sont carrément exemptées de taxe, il devient très difficile de les concurrencer. Si l?on prend l?exemple du Luxembourg ou de certains pays industrialisés, où la fiscalité des fonds d?investissements est différente, spécifique, attrayante, nous ne pouvons pas augmenter nos taxes, de peur de perdre nos clients.

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