Publicité

La mauvaise leçon

26 août 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le ministre de l?Education avait adopté, au cours du litige qui l?a opposé aux syndicats du secondaire, une intransigeance pleinement justifiée. Son refus initial de plier devant les revendications des enseignants des collèges, quant à leurs horaires de travail, était à son honneur. Pourtant, hier, il a reculé. Du coup, les syndicats ont annulé l?acte de désobéissance civile qu?ils devaient enclencher à partir de ce matin.

Dharam Gokhool affirmait, dimanche, qu?il ne cédera pas devant l?ultimatum des syndicats parce qu?il trouve leur demande «très déraisonnable». Finalement, il a cédé sur pratiquement toute la ligne. L?accord signé peu avant 23 heures, hier soir, permet à peine au ministre Gokhool de sauver la face.

Il est dommage que, sur des questions de fond, concernant notamment le cycle primaire, Dharam Gokhool a régulièrement maintenu une attitude dure et inflexible alors qu?il fallait ouvrir le dialogue et obtenir un large consensus. En mettant en ?uvre sa contre-réforme du CPE, il a persisté dans son entêtement alors qu?il avait tort. Dans bien des cas, le ministre est tombé dans l?arbitraire et le mépris des autres en abusant de son autorité. Seulement, il est un politicien et s?assouplit quand le rapport de forces est en sa défaveur.

Il se rétracte quand il y a une forte opposition à ses mesures, par exemple dans l?affaire du Bambous SSS. Il ne fait jamais marche arrière tout simplement parce qu?il est convaincu de la justesse des arguments de ses contradicteurs. Face aux enseignants du secondaire, il avait affiché son obstination et sa rigidité habituelles jusqu?à ce qu?il prenne conscience du sérieux de la menace d?une action syndicale affectant une centaine de milliers de collégiens.

Il n?y a aucun doute que la cause qu?il défendait, cette fois, était honorable. Il pouvait arguer que sa fermeté sur les horaires de travail des enseignants procède d?un choix éthique et politique. En effet, il n?est pas dans l?ordre normal des choses que les syndicats renient l?engagement pris de respecter les conditions du «Pay Research Bureau» (PRB) après avoir bénéficié des salaires avantageux recommandés par ce bureau.

Le rapport du PRB préconise clairement l?extension des heures de classe dans le secondaire : «Educators (Secondary) would be required to teach during 30 periods in a week, one or more subjects relating to their academic qualifications and work up to 1500 hours. This provision has been taken into consideration in arriving at the remuneration package and would take effect as from 1 August 2008.» Or, les enseignants ont décidé unilatéralement de rejeter cette disposition du rapport du PRB. Et le ministère a cautionné cette posture hier soir.

L?enseignement est un métier difficile et les salaires gratifiants préconisés pour les professionnels de ce secteur sont justifiés. Mais l?indignité du renoncement à la parole donnée et la campagne menée pour faire infléchir un ministre craintif sont loin de constituer une leçon d?honneur des profs.

Publicité