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Le ministère fait des concessions pour éviter la grève

25 août 2008, 20:00

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Finalement, les enseignants du secondaire se rendront en classe comme à leur habitude ce matin. Le front commun des syndicats des instituteurs a levé, hier soir, le mot d?ordre de désobéissance civile qui devait avoir lieu à partir de ce matin. Mais il a fallu de peu pour que tel ne soit pas le cas.

L?accord, intervenu entre le ministère et les syndicats, prévoit qu?au lieu de rester tous les jours jusqu?à 15 heures, les profs ne devront le faire que les lundis, mardis et mercredis. Mais là aussi, ceux qui ne donnent pas de cours durant les septième et huitième périodes - ce qui est le cas pour bon nombre d?enseignants - pourront rentrer plus tôt chez eux avec l?accord de leur recteur.

En revanche, pour les deux derniers jours de la semaine, la cloche de la fin de la journée scolaire retentira comme d?habitude à 14 h 20 ou 14 h 30 dépendant de l?établissement scolaire.

Quant au fameux Movement Book, qui donnait une certaine liberté de mouvement aux enseignants, que le ministère de l?Education avait décidé de supprimer, il sera réintroduit sous l?appellation de Staff Registry. Ce dernier aura les mêmes fonctions que le Movement Book. Ces mesures ne sont cependant valables que pour le troisième trimestre.

L?accord prévoit également la mise sur pied immédiate d?un comité comprenant le ministère, la Private Secondary Schools Authority, le Bureau de l?éducation catholique, la Fédération des managers et les représentants des syndicats pour se pencher sur les modalités d?application de l?extension des heures de classes ainsi que d?autres recommandations du Pay Research Bureau à partir de la grande rentrée de janvier prochain.

C?est au bout d?une réunion- fleuve de six heures à l?IVTB House, Phoenix, que le ministère de l?Education et le front commun des syndicats des enseignants du secondaire ont pu arriver à un accord hier soir. A 22 h 30, lorsque le ministre de l?Education, Dharam Gokhool et les représentants des instituteurs apposent leur signature au bas du document scellant leur accord, chacun pousse son ouf de soulagement. Parce que ce n?était pas gagné d?avance.

A 16 h 30, chacune des deux parties se mettait à la table des négociations avec la ferme intention de ne pas céder un pouce à l?autre. A 20 heures, «c?est le deadlock», confie un participant à la réunion. «On bute toujours sur plusieurs points.»

Diplomatie et meilleurs sentiments

A un certain moment, les syndicalistes décident de stopper net les discussions et de partir. Il a fallu toute la diplomatie des cadres du ministère participant aux négociations pour les ramener à de meilleurs sentiments.

«Ce n?était pas facile, explique Yahya Paraouty, président de l?Union of Private Secondary Education Employees après la réunion. Dans un premier temps, les officiers du ministère ont campé sur leur position, mais ils ont dû lâcher du lest.» Si c?est «la satisfaction», la victoire n?est cependant «pas totale». «Mais ce n?est pas une défaite non plus», estime Yahya Paraouty.

Le ministre Gokhool n?a pas pris part personnellement aux négociations de la réunion mais lorsque les deux parties sont arrivées à un accord, il s?est dit réjoui. «Evidemment que c?est une win-win situation. Nous prenons tous à c?ur l?intérêt des enfants et grâce à cet accord, nous aurons un troisième trimestre qui se déroulera dans la sérénité et le calme.»

Du côté de Narendranath Gopee, président de la Government Secondary School Teachers? Union, c?est également le sourire qui prime après ce long bras de fer. «Le ministre a concédé qu?il y avait une mauvaise communication entre les syndicats et le ministère et il nous a assuré qu?il sera davantage à l?écoute.»

Depuis la rentrée du troisième trimestre, il y a deux semaines, l?Education nationale et les syndicats étaient à couteaux tirés. A l?origine : la circulaire 14 à travers laquelle le ministère donnait l?ordre que dorénavant les enseignants devraient être à l?école de 8 à 15 heures et que le Movement Book ne serait plus appliqué.

Peu après la rentrée du troisième trimestre, le ministère avait déjà dû céder par rapport à l?heure de la rentrée des classes. Hier, il a donc dû aller encore un peu plus loin dans ses concessions.

Il faut dire qu?une réunion de mobilisation des enseignants au collège d?Etat de Phoenix, samedi dernier, a surpris plus d?un. Devant une salle comble, les dirigeants syndicaux ont mis le feu à la circulaire 14 sous les applaudissements de leurs membres. C?était le signe pour le ministère que la situation étai pire qu?il ne le croyait.

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