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Il règle les disputes

17 juillet 2008, 00:00

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Nom: Kailash Dabeesingh. Profession: Chartered Arbitrator. Pas de panique si vous n?en avez jamais entendu parler. Le monsieur est le seul à Maurice à avoir ce titre. Obtenu en avril de cette année. «C?est bon pour moi, mais pas pour le pays.» dit-il en riant. Car «l?arbitrage a de l?avenir». Deux ans et demi qu?il a regagné le pays pour mettre sur pied un bureau à Port-Louis. Histoire de «rendre à mon pays ce qu?il m?a donné».

L?arbitrage est un moyen alternatif de résoudre des conflits qui peuvent résulter d?un contrat. Les parties concernées n?ont pas à se présenter devant une cour de justice comme le veut la méthode traditionnelle de résolution de conflits. On peut donc dire de l?arbitrage qu?il est une forme de justice privée. Une profession qui aurait toute sa raison d?être, «étant donné que les cours de justice sont encombrées».

Un arbitre se doit d?être indépendant, impartial et sans intérêt particulier. Qu?en est-il de la valeur du jugement d?un arbitre ? Il est définitif et irrévocable. Faire appel à une décision d?un arbitre n?est pas possible.

Un arbitrage a l?avantage d?être «économique, confidentiel et rapide». Qui plus est, il préserverait les relations entre les parties concernées, car si un arbitre est sollicité, cela implique que les deux parties y étaient favorables.

Mais, prévient-il, un arbitrage n?est possible que si le contrat fait mention d?un recours à un arbitre pour résoudre un conflit. «Heureusement, j?ai observé que de plus en plus, on en fait provision dans les contrats.»

Mais, nous pouvons mieux faire. C?est pourquoi Kailash Dabeesingh dit avoir soumis quelques suggestions au ministère de la Justice pour des moyens de «moderniser les lois sur l?arbitrage à Maurice».

C?est à Port-Louis qu?il naît il y a 52 ans. Il fait ses études secondaires au collège John Kennedy. Ensuite, il fait un diplôme universitaire en génie civil à l?université de Maurice. Il y obtient une bourse et part faire une maîtrise en architecture au prestigieux University College de Londres. En 1985, il rentre à Maurice pour exercer en tant qu?ingénieur. Repart peu après en Angleterre pour devenir un Chartered Quantity Surveyor. Il regagne Maurice et passe six années en tant que Contracts Manager dans le groupe Rogers. Puis, il repart en Angleterre pour se spécialiser dans la loi de la construction et de l?arbitrage. Cela lui prendra cinq années supplémentaires. La formation étant «rigoureuse. Il le faut car la décision d?un arbitre a énormément d?implications». On comprend mieux pourquoi il est le seul à l?être à Maurice!

<I>«Le problème ne réside pas dans les contrats eux-mêmes, mais de l?interprétation qu?on leur donne.»</I>

Kailash Dabeesingh se dit confiant dans l?avenir de cette profession à Maurice étant donné qu?avec les grands projets, tels que l?Integrated Resort Scheme, la ring road ou le Harbour Bridge, les contrats deviennent «de plus en plus complexes». Et là où il y a des contrats, il y a des disputes. «Le problème ne réside pas dans les contrats eux-mêmes, mais de l?interprétation qu?on leur donne», explique-t-il.

C?est pourquoi depuis cinq ans, il anime des séminaires sur le sujet. Le prochain est prévu durant la troisième semaine de novembre. Et ce pendant deux jours. Voulant vulgariser ce mode de résolution de conflits. Auprès des compagnies qui ont des disputes à résoudre ou auprès de jeunes professionnels qui souhaiteraient faire ce métier «psychiquement gratifiant».

Et financièrement, serait-il aussi gratifiant? Il laisse échapper un sourire : «Aussi, mais pas toujours. Cela dépend du conflit.»

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