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Lorsque les parents sapent l?autorité des profs
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Lorsque les parents sapent l?autorité des profs
L?école primaire de Barkly, celle de Poste-de-Flacq et l?école Edgard Laurent, à Port-Louis. Ce qu?elles ont en commun ? Durant la semaine écoulée, des enseignants y ont été, soit menacés, soit agressés par des proches d?écoliers. Et dans les trois cas, la police a été alertée et des dépositions ont été faites.
Et ce n?est que le sommet de l?iceberg, dit-on du côté des syndicats. Car les enseignants sont de plus en plus nombreux à vivre le même calvaire. «Ça devient très alarmant. Il y a des écoles où les profs ne veulent même plus aller travailler et les parents en sont en partie responsables. Ils compliquent notre travail. La situation devient un peu plus difficile chaque jour», affirme Vinod Seegum, président de la Government Teachers? Union (GTU).
Ajay, enseignant d?une école primaire des Plaines Wilhems, témoigne : «Cela m?a pris du temps pour digérer ce que j?ai vécu. Un jour, lorsque j?ai réprimandé un enfant de troisième pour avoir bousculé un de ses camarades de classe, son père a débarqué dans ma classe pour m?insulter devant mes élèves. Il a même fallu l?intervention de plusieurs personnes pour éviter qu?il ne se jette sur moi.» Depuis cette mésaventure, il y a deux ans, ce jeune prof affirme ne plus avoir le même engagement. Il a perdu le goût à l?enseignement et pense parfois même changer de métier. «C?est comme un ressort qui a été cassé. J?avais vraiment à c?ur les intérêts des enfants, mais je me suis rendu compte que l?on risque de se mettre les parents à dos.»
Pour Vinod Seegum, c?est là une situation qu?il faut éviter. Il appelle donc à l?action. A court terme, il suggère de rechercher les services de compagnies de sécurité pour placer les agents dans une cinquantaine d?écoles primaires qu?il considère «à risque» afin d?y mieux contrôler les allées et venues. «Mais je me demande si cela serait suffisant», ajoute-t-il. Pour trouver des solutions durables, le président de la GTU souhaite la mise en place d?un comité comprenant des psychologues, des pédagogues, les syndicats et des officiers du ministère de l?Education.
Parfait miroir, les écoles vivent au rythme de la société. La recrudescence de la violence est répercutée jusque dans les salles de classe. Et Yahya Paraouty, président de l?Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), estime que l?on ne peut continuer à tolérer que le public ait libre accès aux établissements scolaires, qu?ils soient du primaire ou du secondaire.
«Les parents ont accès à l?enceinte de l?école trop facilement. Il n?y a pas si longtemps, j?ai moi-même dû intervenir pour éviter qu?un parent ne s?en prenne à un enseignant dans sa propre classe. Pas un jour ne passe sans qu?il n?y ait des problèmes de ce type», raconte le syndicaliste.
«La situation sous contrôle»
Comme son collègue, il demande l?institution d?un comité sur la sécurité dans les écoles, mais avec une attribution supplémentaire : la discipline. A son avis, il faudrait également que les associations parents-enseignants aient un rôle plus actif dans la vie scolaire. Et au secondaire, dit-il, les étudiants devraient être représentés au sein d?une structure mêlant parents, enseignants et élèves dans chaque collège.
«L?intervention des parents dans la vie scolaire doit être prise de manière positive. Cela montre leur interêt et de toute façon, on a besoin du parent pour le succès de l?enfant», dit-il. Intervention oui, mais seulement en passant par les structures appropriées.
Du côté des autorités, l?on assure cependant que le nécessaire est fait à chaque fois que la situation l?exige. «C?est vrai qu?il y a des écoles difficiles, mais nous gardons la situation sous contrôle. Ce qui s?est passé cette semaine est plutôt exceptionnel. Ce sont des cas isolés», insiste un haut cadre du ministère de l?Education. A chaque fois qu?un cas survient, des actions sont prises et un suivi effectué, assure ce dernier. «Le ministère ne peut pas prendre des mesures pour toutes les écoles quand il n?y a que quelques écoles concernées», dit-il en conclusion.
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