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Des arbitres indécis

25 juin 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Tiraillés entre les intérêts des exportateurs et ceux des consommateurs, les autorités hésitent. Le comité d?officiels chargés de fixer la valeur de la roupie n?est pas parvenu, vendredi dernier, à dégager une décision consensuelle sur le taux d?intérêt de base. Entre-temps, les exportateurs donnent des signes d?énervement et font monter la pression.

Les industriels réclament une baisse du taux. Ils estiment qu?un tel changement entraînera une dépréciation de la roupie, ce qui augmentera leurs revenus en monnaie locale. Les ménages auraient préféré, au contraire, une roupie forte afin de faire baisser les prix. Face à cette situation cornélienne, les officiels qui élaborent la politique monétaire du pays n?ont pas tranché, même si le gouverneur de la Banque centrale, lui, veut surtout contenir l?inflation. Résultat de cette indécision : le taux directeur n?a pas bougé.

C?est essentiellement le textile qui se dit confronté à de sérieuses difficultés. Maurice Vigier de Latour, directeur général de Denim de L?Ile, exprime dans les colonnes de «l?express-économie» ses inquiétudes : «En ce moment, les grosses unités n?ont pas suffisamment de commandes et les premières victimes sont les sous-traitants, et beaucoup d?entre eux se retrouvent sans travail.» Des propos corroborés par la réalité du terrain. Lundi, Ste Anne Clothing, une compagnie qui faisait de la sous-traitance pour Aquarelle Clothing a fermé ses portes et licencié ses 317 employés. Auparavant, Job Textile, Palmira et deux unités de Tropic Knit avaient décidé de mettre la clé sous le paillasson.

Du reste, le dernier rapport de la Banque centrale révèle des chiffres qui témoignent des perspectives défavorables pour le textile. Tandis que le tourisme, principalement les projets IRS, ont attiré durant les trois premiers mois de l?année près d?un milliard de roupies en termes d?investissement direct extérieur, le secteur manufacturier n?a reçu que Rs 4 millions. Les entrepreneurs mauriciens ne se précipitent pas, non plus, pour investir dans ce secteur.

Si les problèmes du textile sont réels, en revanche, il n?est pas établi que la solution réside dans une opération de prestidigitation de la Banque centrale. Une roupie faible ne peut pallier une gestion faible, des procédés inefficaces et un manque de vision stratégique de la part des opérateurs du textile. Certes, le prix des produits pétroliers et le coût des services représentent des contraintes mais la partie reste jouable si l?industrie améliore sa compétitivité. Comme le soulignait l?industriel Ahmed Parkar, il s?agit de «rehausser le niveau des produits en termes de valeur ajoutée et de design».

La roupie forte révolte les opérateurs du textile, mais pour l?Etat, le critère principal reste la prise en compte de l'intérêt de la population. Or, dans le contexte actuel de la flambée des prix alimentaires et de l?aggravation générale des conditions de vie, il serait imprudent de se laisser aller à adopter une mesure qui ne profite qu?à une poignée d?entreprises fragilisées.

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