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Un accusé relaxé pour cause d?enquête mal bouclée
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Un accusé relaxé pour cause d?enquête mal bouclée
Sa défense ne tenait pas la route, mais les preuves de la poursuite n?étaient guère mieux. C?est ce qu?a déclaré la magistrate Devi Mauree, en cour de Curepipe, avant de rayer le procès pour vol intenté contre Ranjit Aujgobee. Ce chauffeur d?autobus était accusé d?avoir volé 30 litres de diesel au préjudice de la National Transport Corporation (NTC).
Les faits remontent au 5 février 2004. Cinq personnes étaient concernées : outre l?accusé, un témoin oculaire et deux gardiens qui ont procédé à une fouille sur ordre d?un des officiers responsables du trafic (Traffic Officer). Les différentes versions indiquent que le vol allégué aurait été commis entre 1 h 20 et 2 h 40 ce matin-là.
Ranjit Aujgobee affirme que les deux gallons trouvés dans son véhicule lui appartiennent. Il explique qu?il a acheté ce carburant pour les besoins de son propre camion et en produit le reçu. Il dormait dans sa voiture, dit-il, dans la cour du dépôt de la NTC, et trois hommes l?ont réveillé. Ils ont fouillé sa voiture.
A propos de l?achat de diesel, de même que du reçu produit, la cour relève que l?accusé n?a jamais, au cours de l?enquête, montré ce document. Le fait de le produire en cour, quatre ans après, «rend douteux que l?accusé l?ait obtenu le jour où il l?allègue», déclare la magistrate Devi Mauree. De plus, ajoute-t-elle, au cours de l?audience, le suspect donnait l?impression de cacher quelque chose, rendant toute sa défense douteuse.
Mais l?ironie du sort a fait que ce soit la poursuite qui, involontairement, se porte au secours de Ranjit Aujgobee. «Les preuves de la poursuite sont basées sur des faits sans fondements», écrit la magistrate dans son jugement. Et elle relève les manquements : un témoin allègue que le diesel a été siphonné à l?aide d?un tube, mais aucun tube n?a été découvert sur les lieux ; il affirme avoir vu le vol à 2 h 15, mais les deux gardiens qui ont fouillé le véhicule affirment l?avoir fait vers 1 h 30 ce matin-là ; il déclare aussi avoir parlé du vol à un de ses supérieurs, présent ce soir-là. Mais un des gardiens soutient que le supérieur n?était pas là, et que c?est un autre Traffic Officer qui était au dépôt de la CNT le matin du 5 février 2004.
Les erreurs de la police sont aussi relevées par la magistrate. Le supérieur cité par le témoin oculaire n?a jamais été interrogé par les enquêteurs. Les policiers n?ont jamais vérifié avec la station-service où l?accusé a affirmé avoir acheté le carburant, s?il a, en effet, fait cet achat avant de se rendre sur son lieu de travail.
Au-delà de toutes ces divergences, l?objet du vol lui-même crée la plus grande incompréhension. Ranjit Aujgobee est accusé du vol de 30 litres de diesel en siphonnant des réservoirs d?autobus ; un témoin oculaire affirme l?avoir vu transporter des gallons au dépôt ; deux gallons supposés contenir le carburant volé sont retrouvés dans sa voiture. Pourtant, il ne manquait pas une goutte de diesel sur les lieux du vol ce jour-là?
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