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A la recherche du bonheur dans la Vallée d?Osterlog

27 mai 2008, 00:00

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B ananes. A Maurice, on est habitué aux noms de villages évocateurs mais Bananes, c?est la cerise sur le gâteau. Comment et pourquoi se retrouve-t-on à Bananes ? C?est simple, voyons, Bananes se trouve sur la route de la pittoresque Vallée d?Osterlog ? qui, soit dit en passant, se défend pas mal en termes d?exotisme tant par son nom ? que par son richissime jardin endémique.

Jeudi dernier, c?était la Journée internationale de la diversité biologique. A cette occasion, l?inventaire provisoire des espèces endémiques qui peuplent le jardin a été lancé. L?occasion donc de découvrir ce petit royaume vert à cheval sur les districts de Grand-Port-Savanne et de Moka-Flacq dans la région du Val.

Des 711 espèces de plantes que l?on trouve à Maurice, un peu moins de la moitié sont endémiques, c?est-à-dire qui poussent uniquement dans une région spécifique et qu?on ne les trouve nulle part ailleurs. Une grande majorité de celles-ci sont menacées d?extinction, d?où la nécessité de les protéger. «Si on ne le fait pas maintenant, dans dix ans elles auront disparu ; et si on les perd, c?est aussi notre patrimoine et notre âme qu?on perd», confie la responsable, Maryse Webb.

C?est en grande partie pour cela que la Vallée d?Osterlog Foundation Bill a été votée à la fin de 2007. Mais cette employée de l?Agricultural Research Extension Unit rappelle que la protection et la conservation des plantes endémiques ne sont pas l?unique vocation de ce ?jardin?, qui s?étend tout de même sur 275 hectares.

Une fois les aménités mises en place, dont un centre d?information et des sentiers de randonnée (ce qui devrait prendre quelques mois), elle espère contribuer à l?essor de l?écotourisme. «Nous voulons que la construction soit verte, utiliser des énergies renouvelables et recycler nos déchets.» Actuellement, rares sont les prestations de service qui méritent l?appellation de «tourisme vert» à Maurice.

Pour l?heure toutefois, il s?agit de répertorier toutes les espèces de flore et de faune qui habitent la vallée. Un travail titanesque certes mais qui en vaut amplement la peine. L'inventaire d?une parcelle de 20 hectares a déjà révélé la présence de pas moins de 150 espèces indigènes et de 20 espèces endémiques. Sans mentionner les insectes, escargots et autres créatures qu?elles abritent. «La forêt est également très riche en fougères et en orchidées indigènes», explique le conservateur suppléant du Service des bois et forêts, Vishnu Tezoo.

Besoin de ressources

Avec ses collines verdoyantes, ses ruisseaux chantants et, bien sûr, ses trésors endémiques, il est bon de savoir que cette vallée, qui porte le nom d?un Français qui y vécut il y a très longtemps, bénéficie d?une protection et d?une gestion particulière de la fondation. D?autant plus que le pays possède moins de 2 % de ces forêts originelles. Le grand défi sera maintenant d?inscrire cette démarche dans la durée. Et comme c?est souvent le cas, cela dépendra énormément des ressources humaines et financières que la Fondation pourra mobiliser. Elle dispose déjà des subventions du Conservation Fund mais ceux-ci sont limités. La Fondation espère donc attirer l?intérêt de tous ceux qui pourront lui apporter une aide aussi bien monétaire que technique.

Même si le jardin endémique n?est pas encore tout à fait habilité à accueillir des visiteurs pour des randonnées, vous pouvez d?ores et déjà aller découvrir une partie magique de l?île. Comme cela, vous aurez aussi l?opportunité de visiter Bananes !

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