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La faim du monde

10 avril 2008, 00:00

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La faim dans le monde est souvent occultée. Elle témoigne d?une humanité qui fonctionne à deux vitesses. Voulant comprendre comment et pourquoi la faim demeure le quotidien de plus de 800 millions de personnes en Afrique, des étudiants européens y ont mené une étude sur la souveraineté alimentaire. Ils se sont concentrés sur le Niger, classé au 177e rang mondial, soit bon dernier de la liste, selon l?Indice du développement humain du programme des Nations unies pour le développement.

S?étonnant que la malnutrition chronique perdure toujours dans certains états africians, malgré toute l?aide internationale qui leur est accordée, l?étude conclut que l?amélioration des conditions de vie des paysans africains ne se fera qu?avec l?acceptation de la lutte pour la réduction de la pauvreté comme un objectif global. Et non plus parcellaire ou ponctuelle : «Il faut néanmoins insister sur le fait que pour que les solutions soient durables, celles-ci doivent impérativement répondre à des besoins proprement locaux et donc à une certaine forme de singularité, dans le sens que les issues ne peuvent être standardisées.»

Alors même que la hausse du prix des denrées alimentaires frappe toute l?Asie et l?Afrique, générant des tensions sociales, les quatorze états membres de l?Afrique sub-saharienne discuteront, a partir du 18 avril a Maurice, des mesures à prendre pour faire reculer la pauvreté dans cette région, où 45 % des populations vivent avec moins d?un dollar par jour.

Le secrétariat de la «Southern African Development Community» (SADC) note ainsi que : «External financing is needed to reduce by half the population living in extreme poverty and hunger in the SADC region by 2015. The cost of funding the remaining MDGs targets is also high. External Debt is still a serious resource constraint to achieving the MDGs. The external debt is still very high for most countries, the HIPC initiative has not resulted in debt sustainability in the SADC countries».

Dans la région indianocéanique, Madagascar doit faire face à des difficultés alimentaires, après les récentes inondations qui ont affecté ses rizières, alors que les Comores sont dans une situation précaire en raison de l?instabilité politique.

Au-delà des conflits et des catastrophes naturelles, la hausse des prix des denrées alimentaires devient un phénomène mondial à cause de la crise énergétique et la culture des biocarburants. Si chez nous, on souffre, on fulmine; ailleurs on meurt de faim. Pourtant des rapports d?experts estiment que le monde dispose de moyens financiers suffisants pour nourrir toute la planète comme il se doit.

Nombre d?études nous amènent à un constat affligeant : malgré une forte mobilisation pour l?aide au développement des pays pauvres, aucun résultat n?est perceptible à l?échelle internationale. Jusqu?à tout récemment, la plupart des organismes nationaux et/ou internationaux oeuvrant dans le domaine ont agi de manière sectorielle. Pendant que certains s?occupaient de la santé, que d?autres se chargeaient de l?éducation, d?autres encore s?attelaient à appliquer les ajustements structurels que requiert une économie de marché digne de ce nom...

Pour couronner le tout, les organisations travaillant dans le même domaine, comme par exemple celui de la sécurité alimentaire, ont longtemps agi sans concertation. Ce n?est que très récemment que l?on a commencé à parler de synergies, terme très en vogue dans le jargon de la coopération. Le moins que l?on puisse dire c?est que la Commission de l?océan Indien et la SADC ont du pain sur la planche?

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