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«Un réseau de compétences pour renforcer la coopération régionale»
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«Un réseau de compétences pour renforcer la coopération régionale»
● Parlez-nous de l?initiative «Médiaterre, océan Indien et îles»....
Il faut préciser que Médiaterre est le système d?information mondiale francophone pour le développement durable qui est piloté par l?Institut de l?énergie et de l?environnement de la Francophonie (IEPF), basé au Québec, Canada.
Dans le cadre d?un appel d?offres, le Centre de documentation, de recherches et de formation indianocéaniques (CEDREFI) a été choisi pour assurer la modération de deux portails notamment le portail géographique, «océan Indien» et le portail thématique «îles» , sur le développement durable dans la zone océan Indien. Depuis le début de cette année, nous assurons donc la modération de ses deux portails en partenariat avec un point focal dans chaque île du sud-ouest de l?océan Indien.
● Comment est-ce que les citoyens de l?océan Indien peuvent en profiter ou y contribuer ?
Chaque citoyen est un utilisateur et un fournisseur d?informations au sens large (chapitre 40 de l?agenda 21 qui est un document de référence sur le processus du développement durable). Par conséquent, Médiaterre permet à toute personne ou organisation de l?océan Indien de mettre gratuitement ses informations sous forme de dépêches sur un des portails de Médiaterre océan Indien.
«L?instabilité politique chronique dans certains pays membres n?a pas permis de renforcer la coopération car les réformes internes au niveau de ces pays n?ont pas été concrétisées à temps.»
Les dépêches peuvent concerner l?annonce de nouvelles publications, le suivi des négociations internationales, des manifestations et conférences, d?appels à projets, les actualités des organisations ou institutions régionales, des réflexions sur la problématique du développement durable etc. Ces dépêches sont également visibles sur tous les sites diffusant les informations de Médiaterre en utilisant les techniques de partage de contenus. Nous invitons les lecteurs à visiter les deux portails suivants : «http// :www.mediaterre.org/oceanindien» et «http// :www.mediaterre.org/iles».
● Quelle est l?évaluation du CEDREFI du niveau de coopération régionale entre les pays du sud-ouest de l?océan Indien ?
La coopération régionale institutionnalisée existe depuis environ 24 ans à travers la Commission de l?océan Indien (COI). Si plusieurs projets à caractère régional ont été mis en place, les résultats palpables sont mitigés.
Il est vrai qu?au début, la COI a dû jeter les bases de la coopération régionale en termes de collecte de données, en entreprenant des analyses, en mettant en place tout un processus de coordination, de gestion et de suivi des projets, en développant des activités, les États membres n?ayant malheureusement pas pu et pas su assurer la pérennisation de ces projets.
Une fois les fonds extérieurs épuisés, il n?y a pas eu la volonté de construire sur les acquis de ces mêmes projets. Or il aurait fallu mobiliser des fonds propres dans les pays membres pour poursuivre les objectifs fixés. La pérennisation n?est toutefois pas simplement une question de sous. Encore faut-il que ces projets à caractère régional soient ancrés dans la politique nationale des pays membres. D?où l?échec des projets comme l?Université de l?océan Indien, des plantes médicinales, du tourisme, et des projets à caractère culturel, entre autres.
Par ailleurs, l?instabilité politique chronique dans certains pays membres n?a pas permis de renforcer la coopération car les réformes internes au niveau de ces pays n?ont pas été concrétisées à temps.
Cependant, il faut reconnaître qu?il y a une meilleure connaissance des pays de la zone sud ouest de l?océan Indien. Il faut toutefois aller plus loin en favorisant la libre circulation des ressortissants des pays membres de la COI. Or, il n?y a pas de volonté politique pour mettre en place un dispositif allant dans ce sens. Comment dans ce cas parler d?intégration régionale ?
En fait la coopération régionale ne doit pas être que l?affaire des Etats. La COI doit pouvoir s?ouvrir aux acteurs non-étatiques (le secteur privé et la société civile). Cela implique que la COI doit pouvoir jouer un rôle catalyseur dans la région en s?appuyant aussi bien sur le secteur privé que sur la société civile.
Pour avancer dans cette direction, il est temps que soit crée, sous l?égide de la COI, un réseau qui mobiliserait les acteurs des pays membres, qui pourraient mettre en oeuvre leurs compétences.
Les réseaux pourront d?une part, favoriser la mobilisation des compétences au service de la coopération régionale et d?autre part, promouvoir la participation et le dialogue politique au niveau des acteurs de la coopération dans la zone
● Qu?en est-il de la coopération régionale en matière de météorologie initiée et mise en ?uvre par la COI ?
Si la coopération régionale en matière de météorologie a été un succès d?un point de vue technique et au niveau du développement des capacités dans la zone, il a été un échec dans une certaine mesure en matière de coopération entre les stations météorologiques de la zone. Utilisant pratiquement les mêmes données scientifiques, elles n?arrivent pas toujours à s?entendre sur leurs prévisions en cas des catastrophes naturelles.
Souvent, lors du passage d?un cyclone, l?on note des divergences en matière de prévision entre Météo France et la station météorologique de Maurice. Or, voilà un domaine où on aurait pu s?attendre à une coopération exemplaire et poussée pour informer les décideurs sur les risques des catastrophes naturelles et pour sauver des vies humaines. L?orgueil des hommes et la question de leadership rendent la coopération et le dialogue difficile. Or, il ne peut y avoir de coopération sans dialogue.
● Quel devrait être le rôle de la COI alors qu?on parle de plus en plus d?intégration dans des blocs plus importants ?
La COI a le mérite de regrouper les pays insulaires et permet de promouvoir et défendre les spécificités des îles. Dans ce contexte, la COI a comme responsabilité de préparer les pays membres à surmonter les défis de l?intégration régionale et de parler d?une seule voix au sein des blocs plus importants.
Trop souvent, les particularismes insulaires ne sont pas suffisamment pris en compte dans d?autres structures plus importantes. D?où la nécessité pour la COI, en tant qu?entité, d?harmoniser les positions au niveau des états membres afin de défendre ces intérêts spécifiques. Malheureusement, la COI est loin du compte. Dans cette perspective, cette dernière doit pouvoir s?ouvrir aux autres îles comme les Maldives et le Zanzibar et dans un deuxième temps favoriser l?intégration d?îles comme le Cap Vert et Sao Tome et Principe. Se faisant, la COI émergera comme l?unique structure de coopération afro-asiatique insulaire et pourra mieux s?affirmer dans les grandes instances internationales.
● L?appartenance multiple de Maurice pose problème. Comment choisir entre la SADC et le COMESA ? Et pourquoi ?
Il est vrai que la multiple appartenance de Maurice est source de problème et d?incohérence en matière de politique régionale. Une telle démarche nécessite des ressources additionnelles tant financières que humaines. Il est vrai qu?il y aura des choix à faire au fur et à mesure qu?on avance dans le processus d?intégration régionale. L?idéal pour Maurice, c?est l?unification de la Southern African Development Community (SADC) et du Common Market for Eastern ans Southern Africa (COMESA) en un seul bloc d?intégration régionale. Il y a un début de dialogue et de consultation entre les deux blocs mais il faut aller plus loin. Maurice attend qui plus est une décision de l?Union Africaine à ce sujet.
« Souvent lors du passage d?un cyclone, l?on note des divergences en matière de prévision entre Météo France et la station météorologique de Maurice.»
● Revenons au CEDREFI. Quels sont les principaux projets en cours dans l?ocean Indien ?
Le CEDREFI consolide actuellement ses relations avec ses partenaires dans les îles de l?océan indien notamment dans le cadre de la «Stratégie de Maurice», visant à aller plus loin dans la mise en ?uvre du plan d?action des «Petits Etats Insulaires en Développement».
C?est dans cette perspective que s?inscrit notre association avec Médiaterre et avec «La Voix des Petites Iles» de l?UNESCO. Nous réfléchissons à des nouvelles formes de coopération régionale autour de la problématique d?un «mode de vie insulaire durable» comme un processus vers le développement durable et sur les voies et moyens pour faire avancer ce processus.
HISTORIQUE
?L?avenir est dans la coopération?
■ Le CEDREFI est une ONG engagée dans le développement durable et la coopération régionale entre les îles du sud ouest de l?océan Indien. Le centre a été crée en 1981 par un groupe de jeunes universitaires. A la lumière de leurs expériences communes acquises pendant leurs études, ils prirent conscience de la nécessité d?avoir des structures appropriées pour la documentation et la recherche sur les îles du sud ouest de l?océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice, Réunion et les Seychelles). Cette prise de conscience aboutit à la création du CEDREFI, qui allait se donner une vocation régionale par nécessité historique. Le CEDREFI pense que le développement économique, social, environnemental, culturel voire politique des îles du sud ouest de l?océan Indien ne peut se réaliser pleinement qu?en coopérant étroitement.
«Je me souviens très bien du début du CEDREFI, quand ensemble, avec feu Dr Pierre Yin et d?autres amis, nous avons été les fondateurs de cette organisation non gouvernementale. (?) En 25 ans d?existence, les réalisations et projets accomplis par le CEDREFI sont multiples, à savoir plusieurs études de faisabilité, des enquêtes, des exercices d?évaluation et d?autres types de recherche sur les plans économique, social et culturel, tant au niveau local que régional. Tout cela en partenariat avec des institutions nationales, régionales et internationales, dont la COI, le COMESA, la SADC, la IOR-ARC, l?ACCT, le PNUD, l?UNESCO, la Commonwealth Foundation et l?Union Européenne».
(Extraits du discours de Rama Sithanen, dans le cadre de la célébration du jubilée d?argent du CEDREFI.)
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