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Il travaillait à bord du voilier pris par les pirates

9 avril 2008, 00:00

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«Ce sont plus que des collègues, c?est une famille», lâche Bruno Louis au sujet de l?équipage du Ponant, voilier qui a été pris par des pirates le 4 avril au large de la Somalie. Les quelque trente membres d?équipage, il les connaît presque tous pour avoir travaillé sur le trois-mâts en 2005. Bientôt la quarantaine, cet habitant de Cité Barkly a travaillé, ces dix-sept dernières années, comme cuisinier sur des navires autour du monde. D?ailleurs, il aurait été du dernier voyage s?il n?était pas tombé malade et n?avait pas été en convalescence? «J?au-rais eu une histoire à raconter», dit-il, sous le regard désapprobateur de sa femme, Patricia.

Bruno Louis nous raconte cette année passée à bord du Ponant. Il embarque aux Seychelles ? le point de départ du voilier. Celui-ci fait ensuite route vers la Méditerranée pour récupérer le gros des clients. Pour rejoindre la Méditerranée sans contourner l?Afrique, il faut atteindre la Mer Rouge, mais avant, une traversée du golfe d?Aden est obligatoire. «On sait que c?est un endroit dangereux», continue Bruno Louis, précisant qu?à bord du Ponant, il a suivi, avec les autres membres d?équipage, des cours de formation sur les prises d?otages. D?ailleurs, à chaque fois que le voilier a dû traverser ce golfe, Le Ponant était escorté par un bâtiment de la marine française pour des raisons de sécurité.

Bruno nous raconte que la traversée de ce golfe dure trois à quatre jours. Les mesures de sécurité sont alors à leur maximum. Ainsi, au lieu des deux personnes pour chaque quart, six membres d?équipage sont mobilisés. Aucune lumière n?est allumée la nuit, pour ne pas attirer l?attention. Il nous explique qu?une simple cigarette allumée peut attirer les pirates vers le bateau. De plus, toutes les femmes à bord restent dans leurs cabines. Aucun client n?est normalement présent lors de cette traversée dangereuse, nous précise Bruno Louis qui affirme que cinq hommes armés suffisent pour prendre le contrôle du bateau et des trente membres d?équipage.

Bruno Louis dit avoir gardé contact avec ses anciens collègues du Ponant. L?un d?eux l?appelait régulièrement et est même venu à plusieurs reprises passer ses vacances à Maurice. Ce dernier, selon Bruno, qui choisit de ne pas nous révéler son nom, serait actuellement à bord.

«Je devais reprendre la mer sur le Ponant l?an dernier», nous affirme Bruno Louis. Il avait en effet été repris comme membre d?équipage, après avoir quitté le bateau une première fois pour revenir au pays et épouser sa fiancée, Patricia. Mais cette fois, c?est la maladie qui l?empêche de rejoindre l?équipage.

«Il écoute France-Inter toute la journée», nous affirme Patricia. Inquiet, il est à l?affût de tous les journaux d?informations pour avoir des nouvelles de ses amis, otages en Somalie. La seule chose qui puisse le rassurer c?est de savoir que l?équipage est soudé et que les cours qu?ils ont suivis devraient leur permettre de faire face à la situation ? il ajoute qu?aucune arme n?est permise à bord du Ponant, et qu?en cas d?attaque, il est interdit à l?équipage de se défendre.

Selon Le Monde, qui cite Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, l?équipage du Ponant serait sain et sauf. Le bateau, qui aurait jeté l?ancre au large de Garacad, sur la côte est de la Somalie, est constamment sous la surveillance de la marine française.

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