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Violents échanges entre Bérenger et Gokhool sur les intempéries

9 avril 2008, 00:00

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«Shut up ! Je n?ai jamais pris des ordres de vous !» Debout, hors de lui, Dharam Gokhool, pointe un doigt menaçant en direction de Paul Bérenger. Ses collègues ministres, Anil Bachoo et Abu Kasenally, tentent tant bien que mal de le calmer. Le leader de l?opposition, quant à lui, rouge de collège, réplique avec des «démissionnez !» et des « world class farceur » très sonores.

Le brouhaha est général. «Je vais suspendre ! Comportez-vous ! Ceci est le Parlement et pas autre chose», tonne le Deputy Speaker, Jean-François Chaumière. Il parvient ainsi à ramener un semblant d?ordre dans la Chambre. C?est une question du député du Mouvement socialiste militant (MSM), Mahen Jhugroo, sur les intempéries du 26 mars dernier, ayant causé la mort de quatre personnes, dont une collégienne, Laura Paul, qui met le feu aux poudres.

Alors que l?opposition insiste sur le fait que le ministre de l?Education aurait dû décider de maintenir les écoles fermées ce mercredi matin-là, Dharam Gokhool avance qu?avec les données qu?il avait à cette heure-là, «il n?y avait aucune raison» de le faire. D?autant plus qu?un relevé, la veille, indiquait que tous les établissements scolaires étaient en état de fonctionner. Et concernant ce fameux mercredi, le ministre soutient qu?il était en contact permanent avec son état-major qui était lui-même en relation avec les directeurs de zone.

«Le 26 mars, à 5 heures du matin, la météo a émis un communiqué spécial pour inciter les étudiants à la prudence à cause des conditions climatiques dangereuses. Quand le ministre a-t-il été mis au courant ?» demande Paul Bérenger.

Le ministre Gokhool répond : «Dans ce communiqué, il n?y avait pas d?information claire et nette disant s?il allait y avoir des pluies torrentielles.»

Nando Bodha, chef de file du MSM, entre en scène et veut savoir de Dharam Gokhool à quel moment il a évoqué la question avec le Premier ministre. Le ministre hésite un bref instant, et sur l?insistance de l?opposition, il confie : «J?ai rencontré le Premier ministre le lendemain.» Indignation des bancs de l?opposition et étonnement de certains membres du gouvernement. La tension monte d?un cran et survient alors le clash entre Bérenger et Gokhool.

Changements climatiques</B>

Nando Bodha ajoutera de l?huile sur le feu. «Le ministre sera-t-il d?accord avec moi qu?il a failli misérablement parce qu?il s?est intéressé à cette affaire trop tard ?»

Après l?intervention énergique du Deputy Speaker, lorsque les esprits se sont calmés momentanément, Joe Lesjongard du MSM, demande au ministre pourquoi il n?a pas agi conformément à l?article 37 de l?Education Act lui permettant de fermer des établissements lorsque surviennent des raisons «exceptionnelles».

Dharam Gokhool précise alors que quatre personnes sont mortes, dont une collégienne, et soutient qu?il est facile de juger après coup. «Avant les événements, nous avions un certain nombre d?informations et après ces événements, ces mêmes infos peuvent se révéler sous un autre jour. Sur le moment, nous ne pensions pas que nous avions à faire à des événements exceptionnels.»

Et il se dit déçu que l?opposition «fasse de la démagogie» sur cette affaire alors qu?il aurait fallu «aller au-delà» et se concentrer par exemple sur l?impact que peuvent avoir les changements climatiques mondiaux sur Maurice. « Au lieu d?essayer de mettre le tort sur mes épaules», critique le ministre sous les protestations de l?opposition. Une nouvelle fois, Bérenger et Gokhool s?emportent. «Tout le pays souhaite ta démission», lance le leader de l?opposition qui fait remarquer au Deputy Speaker que le ministre menace maintenant son collègue Rajesh Bhagwan.

Les débats s?achèvent dans le vacarme avec un James Burty David, ministre des Administrations régionales, qui finit par lancer : «Zot ti blie, enn zenfan QEC ti mor Rose-Hill. Nou pou sorti ek sa biento.»

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