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«Les compagnies étrangères nous font de la concurrence déloyale»

25 mars 2008, 20:00

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L?année 2007 a été caractérisée par une bonne prestation du secteur de la construction. 2008 promet-elle d?être aussi fructueuse ?

Difficile à répondre car, jusqu?ici, beaucoup de projets ont été annoncés mais très peu ont réellement démarré. Présentement, il y a trois projets du Integrated Resorts Scheme (IRS) en cours. Ce sont Tamarina, Anahita et Valriche. Les projets Tamarina et Anahita ont été scindés en lots et attribués aux entreprises mauriciennes. Ce qui n?est pas énorme, compte tenu du nombre d?entreprises mauriciennes concernées. C?est presque déjà terminé d?ailleurs. Quant au projet Valriche, il a été intégralement alloué à une entreprise étrangère. Il faut dire que les compagnies de construction étrangères livrent une rude concurrence aux compagnies locales.

Voulez-vous être plus explicite ?

Le projet de construction de la direction de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) a été alloué à une compagnie chinoise sans que notre compagnie, la Building & Civil Engineering, la première compagnie de l?Île Maurice et la plus vieille entreprise de construction du pays, n?ait été invitée pour une soumission. Pourtant, c?est nous qui avions construit le premier bâtiment de la MBC situé à la rue Pasteur. Nous avons remarqué que des projets sont de plus en plus alloués à des compagnies étrangères sans que les entreprises locales ne soient sollicitées pour une proposition. Pour la simple raison que certains projets de construction sont financés par la Chine, ils sont systématiquement alloués aux entreprises chinoises.

Qu?en est-il des projets pour lesquels les offres de soumission sont étendues tant aux entreprises étrangères qu?aux entreprises locales.

Même dans ces cas-là, je dirai que les compagnies locales et étrangères ne partent pas toujours sur les mêmes bases. Un problème d?équité se pose dès le départ. Quand les entreprises locales ont recours à la main-d??uvre étrangère, on leur demande - ce qui est tout à fait normal - le respect de certaines normes de sécurité, des conditions sanitaires etc. D?après les conditions des contrats et les lois industrielles en vigueur à Maurice, on nous demande, par exemple, de loger les travailleurs étrangers dans de bonnes conditions et hors des chantiers en construction. Nous devons également prévoir leur déplacement du lieu de résidence jusqu?au chantier. Mais malheureusement, ces exigences ne s?appliquent pas aux compagnies chinoises qui viennent travailler à Maurice et qui sont nos concurrents. Elles ont par conséquent moins de charges que les compagnies locales.

Ainsi, quand nous répondons à des appels d?offres, nos propositions rivalisent difficilement avec celles des compagnies étrangères tout simplement parce que nous ne partons pas sur des bases égales. C?est de la concurrence déloyale car il y a deux poids deux mesures. Nous avons de bonnes raisons de penser que, même si nos propositions sont meilleures, l?on préfère allouer les projets aux entreprises étrangères.

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