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Née à Maurice, elle est exclue des classés de Rodrigues
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Née à Maurice, elle est exclue des classés de Rodrigues
«Je me dis que j?aurais pu être classée», regrette Virginia Roussety. Cette jeune fille de 18 ans a récemment réussi aux examens du Higher School Certificate (HSC) à Rodrigues, où elle habite avec sa famille. Malgré ses bons résultats, meilleurs que ceux de certaines candidates classées à Rodrigues, son nom ne figure pas sur la liste des classés : elle n?est pas considérée comme originaire de Rodrigues, mais de Maurice.
Virginia est née à Maurice, de mère mauricienne. Elle n?y est restée que deux semaines, avant d?être ramenée à l?île Rodrigues. C?est là qu?elle fait toute sa scolarité. Sa naissance à Maurice a été nécessaire en raison d?un service de gynécologie alors «quasi-inexistant» à Rodrigues. Le médecin avait conseillé à sa mère, Marie-Thérèse Roussety, de rentrer à Maurice pour accoucher, pour éviter tout risque de complication.
<B>«C?est quand meme demoralisant»</B>
«On l?encadre. On la remonte, mais c?est quand même démoralisant», nous explique Marie-Thérèse Roussety, qui nous fait le récit de la journée des résultats du HSC. Virginia, après avoir pris connaissance de ses résultats, consulte la liste des classés. Les résultats de l?une de ses amies, classée, sont moins bons que les siens, ce qui pousse Virginia à croire au meilleur. Elle appelle sa mère pour lui annoncer ses résultats.
«Je n?ai pas entendu son nom à la radio», nous dit Marie-Thérèse. Quand sa fille leur apprend qu?elle n?est pas sur la liste des classés à Rodrigues, la famille Roussety croit à une erreur. Mais un des enseignants de Virginia évoque alors le problème du lieu de naissance. Virginia et son père se renseignent auprès du recteur du collège, lequel ne semblait pas connaître la source du problème et ignorait que Virginia est née à Maurice.
Peu après, les parents de l?élève apprennent qu?une circulaire, distribuée dans les collèges, spécifie que seuls ceux nés à Rodrigues seront classés pour les examens du HSC à Rodrigues. Le terme Rodriguais est, selon cette circulaire, réservé aux natifs de l?île, de parents rodriguais. Virginia n?en fait pas partie. «Je suis qui finalement?» s?interroge la jeune fille.
Marie-Thérèse Roussety, elle, se dit que les autorités auraient dû l?avertir de la situation, plutôt que de la laisser la découvrir ainsi. Elle avoue qu?il ne lui est jamais venu à l?esprit que sa fille, qui a passé toute sa vie à Rodrigues, ne puisse être considérée comme Rodriguaise.
<B>Consideree comme rodriguaise</B>
Elle-même était dans l?enseignement jusqu?à sa retraite, toutes ses promotions lui ont été accordées dans cette île, à tel point qu?elle est considérée comme Rodriguaise par bien des gens, dit-elle.
Virginia compte venir à Maurice pour ses études supérieures, son souhait depuis le début du cycle secondaire. Elle envisage deux filières, l?anglais, matière étudiée en HSC, et gestion et droit. Ces jours-ci, elle se sent mieux, avec le soutien de ses parents.
Mais certains jours, les choses sont plus difficiles. Comme mardi, par exemple, une journée d?orientation professionnelle prévue pour ceux qui ont obtenu le HSC. Virginia n?avait pas le moral, n?étant pas parmi les classés.
Si elle avait le statut de Rodriguaise, Virginia aurait été seconde sur la liste des classés du HSC, à Rodrigues.
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