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Corrections et tentations

27 février 2008, 00:00

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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Les «blue-chips» reculent à la Bourse. Les analystes y voient un processus normal de prise de bénéfices après une longue période de croissance. La correction n?est, certes, pas sévère mais elle doit interpeller les investisseurs, surtout ceux qui en sont à leur première expérience boursière.

La «Stock Exchange of Mauritius» (SEM) avait lancé, l?année dernière, une campagne de communication pour encourager les gens à investir en Bourse. Le Mauricien moyen préfère de loin mettre son argent dans une banque. Il est grand temps qu?il découvre d?autres opportunités pour faire fructifier son patrimoine financier. L?initiative de la Bourse de toucher les masses est très louable. Cependant, il y avait quelques dangers. La SEM avait commencé sa campagne à un moment où le marché était déjà devenu assez cher.

Le «bull run» du marché au cours de ces deux dernières années, a beaucoup impressionné ceux qui ne sont pas très initiés aux rouages de la Bourse. Nombreux sont ceux qui n?ont pas bien assimilé le fait que le potentiel de croissance est très limité dans un marché qui a beaucoup monté. Le réveil risque d?être brutal, surtout si la phase de consolidation se poursuit. Certains ont acheté des actions à des prix élevés et seront peut-être contraints de les liquider à bon marché.

C?est un fait que l?économie mauricienne est surbancarisée. Il est nécessaire de diversifier les possibilités de placement et d?encourager une culture d?actionnariat populaire, entre autres. Mais il faut accompagner ce processus par une certaine éducation des masses.

La Bourse n?est pas un casino. L?on n?y joue pas. L?on y essaie de fructifier son argent selon des risques calculés. La prudence et la rigueur sont de mise. Il ne faut surtout pas se laisser emporter par l?euphorie.

Les spécialistes suggèrent que les actionnaires doivent tous avoir un objectif de bénéfices de même qu?une stratégie de sortie. Dès qu?on est dans les chiffres, il faut réajuster les positions. La tentation de se tenir à son portefeuille dans un marché en pleine effervescence est forte. Mais il vaut mieux ne pas profiter d?une croissance maximale que de perdre une partie de son capital.

D?autre part, placer son argent dans les «blue-chips» n?est pas sans risques non plus. Ce sont les titres qui sont touchés en premier ? parce qu?ils sont les plus liquides ? lors d?un mouvement de prise de bénéfices.

Les petits porteurs doivent davantage apprécier les risques de l?investissement boursier. Ils doivent aussi connaître leurs droits. Il y a eu beaucoup de progrès sur le plan des droits des actionnaires minoritaires à travers le monde. Maurice doit émuler les modèles et expériences progressistes et modernes qui ont placé la notion au c?ur même du système des marchés boursiers.

Il faut privilégier une culture de «shareholders? activism». Les actionnaires minoritaires doivent pouvoir influencer, voire questionner, la stratégie de création de la valeur au sein des entreprises dans lesquelles ils ont mis leur argent.

Les fonds d?investissement ont un rôle déterminant en vue d?encadrer les petits porteurs. Ils sont plus à même de mobiliser les gens autour des placements collectifs et d?agir en tant qu?intermédiaires indépendants et objectifs.

Le plus important c?est d?avoir des attentes mesurées, surtout si on est un investisseur passif. Tôt ou tard, le marché va devoir converger vers son «fair value».

Le mouvement peut parfois faire très mal.

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