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La transformation de fruits et légumes,un créneau porteur pour PME et artisans

26 février 2008, 00:00

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La transformation de fruits et légumes,un créneau porteur pour PME et artisans

Les activités de transformation de fruits et légumes locaux intéressent de plus en plus d?entreprises mauriciennes, moyennes ou petites, voire même des entités artisanales. L?intérêt porté à cette activité de transformation est à la mesure des bénéfices qu?elle peut procurer.

La saisonnalité des récoltes, de même que le caractère périssable de ces denrées sont autant de raisons qui motivent la transformation, notamment en période d?abondance sur le marché.

L?une de ces entreprises de transformation est l?usine Sarjua, installée à Plaine-Lauzun. Danesswar Sarjua, le responsable, s?adonne à cette activité avec passion depuis maintenant plusieurs années. «Je suis issu d?une famille de planteurs. Mes connaissances en fruits et légumes locaux ont été acquises pas seulement à l?école, mais surtout dans les champs avec mes parents. Ensuite, j?ai beaucoup appris au cours des nombreux voyages que j?ai entrepris à travers le monde», nous a confié, sans jamais se départir de son sourire, ce bourreau de travail.

<B>5 000 bocaux par jour</B>

«Non seulement je produis pour le marché local, mais également pour l?exportation. 70 % de ma production est acheminée vers l?extérieur. Mes poudres à curry (massala) sont très connues en Europe, particulièrement en France, à l?île de la Réunion etc? Avec mes deux lignes de production, je fais 5 000 bocaux d?achards par jour. Il y a 12 ans, quand j?exportais pour la première fois vers la France, seulement 3 000 bocaux avaient été envoyés à l?extérieur. Aujourd?hui ce nombre est passé à soixante mille. Je suis prêt à faire face à une demande plus forte, si la demande à l?exportation augmentait. Pour cela, il faudra augmenter mes lignes de production.»

L?entrepreneur révèle que plusieurs variétés d?achards sont fabriquées dans son usine. On peut citer ceux de mangue, d?olive, d?oignon, de piment, de limon, d?ail, d?aubergine, de bilimbi (tant la variété longue que la ronde). Il produit également pour une clientèle privilégiée, une niche, les achards de c?ur de palmistes, particulièrement demandés. Les achards de légumes, constitués d?un mélange de chou, de carotte et de haricot, sont également fabriqués.

«Nous sommes à l?écoute de nos clients. Leurs doléances sont sérieusement prises en compte. Nos clients de l?Europe nous ont suggéré de leur envoyer une forme toute particulière d?achard de mangue coupée en morceaux, débarrassée du noyau, et légèrement épicée, salée et pimentée à leurs goûts. Depuis un an, ce produit est régulièrement fourni et je peux dire que c?est une innovation. A ce produit, la réaction du marché est excellente. Nous fabriquons également des épices de briani à base de feuilles de coriandre et de menthe aussi bien pour le marché local que pour l?exportation.»

<B>Farine locale</B>

Danesswar Sarjua n?a pas encore fini de nous surprendre. Homme de vision, cet entrepreneur cherche déjà des solutions au problème de pénurie de farine à laquelle Maurice pourrait avoir à faire face. «Nous avons déjà mis au point la technique de fabrication de farine à base de trois différents légumes, à savoir la patate, le manioc et le fruit à pain. Bien que ce produit ne soit pas encore mis sur le marché, à ce stade, nous sommes en mesure de produire entre cinq à dix tonnes par semaine. Si le besoin se faisait sentir, nous déploierons les moyens pour accroître la production.»

Même si l?entrepreneur évite de nous révéler son chiffre d?affaires, il est aisé de l?évaluer à plusieurs centaines de milliers de roupies.

Outre l?usine Sarjua, des dizaines de ménages mauriciens pratiquent l?activité de transformation de fruits et de légumes, même si la production est à une très petite échelle et que les méthodes de conservation sont purement artisanales. Le couple Pierrette et Jacob Bégué est l?un de ces ménages.

Habitants du NHDC de Baie-du-Tombeau, le couple Bégué fabrique et commercialise des piments agrémentés de différents produits tels que l?ourite (poulpe), les crevettes, la pistache, le carambole, le fruit de cythère, le coco, la papaye, le bilimbi, les olives, le tamarin. Les achards de différents fruits et légumes sont aussi préparés par cette famille. Aussi bien les confitures que les compotes de papaye, de pêche, de coco, de goyaves et d?ananas, ne sont pas non plus négligées.

Pour Pierrette Bégué, la petite clientèle locale est bien satisfaite de leurs produits. «Bien que nos procédés soient artisanaux, ils sont aussi bien efficaces. Nous arrivons à conserver de cette façon des fruits et légumes pour une période pouvant s?étendre jusqu?à douze mois. Nous produisons pour le marché local et nos produits sont très demandés.»

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