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Casinos de la SIC

Les employés descendent dans la rue demain

23 août 2026, 16:00

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Les employés descendent dans la rue demain

■ Des employés des casinos de la SIC se mobilisent pour réclamer des réponses sur leur avenir, alors que le processus de désinvestissement entre dans une nouvelle phase.

À bout. C’est le sentiment qui domine chez les travailleurs des casinos gérés par la State Investment Corporation (SIC). Depuis plusieurs mois, quelque 600 salariés vivent dans l’incertitude, suspendus aux décisions qui seront prises sur l’avenir de ces établissements. L’annonce faite au Parlement par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, évoquant un plan de désinvestissement graduel élaboré avec l’appui de PricewaterhouseCoopers, n’a fait qu’accentuer leurs inquiétudes.

Des questions reviennent désormais dans toutes les conversations : que deviendront les employés si les casinos passent entre les mains d’investisseurs privés ? Conserverontils leur emploi ? Certains devront-ils partir ? Et surtout, dans quelles conditions ? Face à ce manque de visibilité, les travailleurs ont décidé de se faire entendre. Ils seront dans la rue demain lundi, devant le Parlement, pour faire part de leurs inquiétudes.

L’attente devient difficile à supporter. Depuis des mois, les employés disent naviguer à vue. Du côté syndical également, la frustration grandit. Les réunions avec la direction se font rares et les réponses se font attendre. Pour Jayen Moorghen, président de la Casino Employees Union (CEU), il est désormais nécessaire de rendre cette situation visible afin que l’opinion publique comprenne les préoccupations de ces salariés. «Nous sommes toujours sur le qui-vive», résume-t-il. La date butoir pour la soumission des offres par d’éventuels acquéreurs était fixée au 15 août. Pourtant, à ce jour, le personnel affirme n’avoir reçu aucune communication officielle sur la suite du processus.

«Nous sommes dans le flou»

Sur les réseaux sociaux, la détresse des travailleurs s’exprime déjà depuis plus d’une semaine. Plusieurs vidéos, diffusées notamment sur la page de Libération Moris, de même que sur celle de la General Workers Federation (GWF), à laquelle la CEU est affilié montrent des membres de la CEU témoignant de leur situation. Des paroles qui prennent une dimension particulière lorsqu’elles viennent de salariés ayant consacré plusieurs décennies de leur vie aux casinos.

Parmi eux, Sarita Sahaye, secrétaire de la CEU, qui a rejoint les casinos en 1996. Pour elle, l’incertitude n’est pas nouvelle. «Depuis plusieurs années, on parle de privatisation et, à chaque fois, le personnel reste dans l’angoisse. Nous ne savons pas ce qui nous attend. Nous sommes dans le flou, surtout qu’il n’y a aucune communication avec le management.» Elle affirme que plusieurs courriels ont été adressés à la direction pour tenter d’obtenir des réponses, mais sans succès.

Derrière les inquiétudes d’une éventuelle privatisation, elle évoque surtout le parcours de collègues qui ont sacrifié une partie de leur vie familiale en travaillant de nuit et qui comptent aujourd’hui plus de 40 années de service. À l’approche de la retraite, certains se retrouvent donc sans visibilité. «On a souvent parlé de mauvaise gestion et du fait que les casinos pouvaient être redressés, mais les autorités semblent faire la sourde oreille», déplore Sarita Sahaye.

Elle interpelle directement le Premier ministre, également ministre des Finances, et réclame l’ouverture d’un dialogue avec le personnel. «Si vous avez un business et que vous ne voulez pas le développer, il est normal qu’il stagne», estime-t-elle, tout en s’interrogeant sur la structure et la stratégie prévues pour l’avenir des casinos.

Les vidéos ont depuis laissé place à des photos de travailleurs portant le même message : ils veulent des réponses. Pour Jayen Moorghen, une mobilisation aura au moins permis de sensibiliser davantage le public à leur situation. Elle aura également renforcé les liens entre les employés. «Cet exercice a resserré les liens parmi le staff, car nous faisons face à un même problème», explique-t-il. La manifestation se fera en deux temps. La première se tiendra devant le Parlement demain lundi et elle sera suivie d’une autre devant les locaux de la SIC au bâtiment Air Mauritius.

Mais l’inquiétude demeure. Et elle pourrait s’accentuer alors que le processus de désinvestissement entre dans une nouvelle phase. De manière officieuse, deux compagnies sudafricaines seraient intéressées par la reprise des casinos. Aucune confirmation officielle n’a toutefois pu être obtenue à ce stade. Pour les employés, une chose est désormais claire : après des mois d’attente, ils veulent savoir de quoi leur lendemain sera fait.

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