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Ces destinations qui attirent les jeunes Mauriciens

16 février 2008, 00:00

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Ces destinations qui attirent les jeunes Mauriciens

Terres traditionnelles d?accueil de nos étudiants, l?Angleterre et la France attirent toujours nombre de nos jeunes compatriotes. Toutefois, de nouvelles destinations se sont affirmées ces dernières années. Le Canada, l?Australie, les Etats-Unis mais aussi l?Inde, la Chine, la Malaisie, ou l?Afrique du Sud drainent de plus en plus de jeunes Mauriciens.

L?Angleterre reste néanmoins une destination prisée. «Il y a un certain prestige à partir étudier en Angleterre», pense Sylvie Pin Harry, lauréate du collège Lorette de Quatre-Bornes. En effet, poursuivre ses études en terre anglaise garde cet aspect presque élitiste hérité, probablement, de générations passées.

Aryana Mokoonlall, lauréate de la dernière cuvée, étudiera en Angleterre. «La valeur du diplôme est importante. Ils sont internationalement reconnus. Surtout, je vais pouvoir travailler en alternance durant mes études, ce qui me permettra d?acquérir des compétences pratiques en plus de mon bagage théorique», explique la jeune étudiante. Poursuivant, elle reconnaît que «les études en Angleterre coûtent cher.» C?est bien là le principal facteur limitant pour de nombreux aspirants.

Brassage de cultures</B>

L?Australie a eu les faveurs de Cédric Lecordier, lauréat du collège du Saint-Esprit. En discutant avec des professionnels de l?actuariat, filière qu?il a choisie, le jeune homme a opté pour ce pays. «Les opportunités dans le domaine y sont plus importantes qu?en Angleterre. Autant commencer le cursus directement là où il y a des débouchés.»

L?Australie justement. Un pays qui attire de plus en plus (voir encadré). La proximité géographique de l?île-continent n?est pas le principal facteur. «C?est un pays neuf, en plein boom. Il y a beaucoup d?opportunités», avoue Cédric Lecordier. Développant son propos, le jeune lauréat reconnaît que la destination est souvent critiquée, notamment concernant le style de vie, jugé très matérialiste. «Mais il faut savoir qu?il y a une réelle démocratisation de la culture là-bas. Il y a un vrai brassage de populations, arrivées dans le pays assez récemment».

Aryana Mokoonlall reconnaît qu?en Australie, «à la sortie des études, on peut trouver un emploi assez facilement. Les universités sont reconnues, les cours sont de bonne qualité.» Pour Cédric Lecordier, l?éventail de cours proposés est l?un des facteurs qui l?ont convaincu. «Je vais pouvoir répartir mon cursus en 75 % de mathématiques et 25 % de matières optionnelles, ce qui me permettra de m?intéresser à la littérature ou les langues par exemple.»

Les pays neufs, où les universités sont reconnues et les opportunités d?emploi sont réelles, concurrencent les destinations traditionnelles. Sylvie Pin-Harry et Cédric Lecordier indiquent que la majorité de leurs amis iront étudier en Australie ou au Canada. Certains amis d?Aryana Mokoonlall ont opté pour d?autres destinations. Le facteur coût expliquant leur choix dans la plupart des cas. «Des amis ont choisi l?Inde ou la Chine pour leurs premières années d?étude. L?objectif est ensuite de terminer leur cursus, par un Masters, en Australie, au Canada ou en Angleterre», explique-t-elle.

<B>Aspect familial</B>

C?est un bon moyen d?amortir les coûts. Allant plus loin, la jeune lauréate évoque les cas malaisien et singapourien, qui offrent de bonnes opportunités d?études. «En Malaisie, il y a une branche de l?université anglaise de Nottingham. Il est donc possible d?avoir un diplôme anglais en étudiant dans un pays où le coût est bien inférieur.» Aryana Mokoonlall estime que ce sont des options de plus en plus populaires.

Belinda Udin corrobore le propos. Cette jeune femme de 30 ans a fait ses études à Bangalore en Inde. «Le facteur coût était important, c?était bien moins cher qu?en Angleterre et la qualité de l?enseignement tient aussi la comparaison.» La renommée des cursus indiens s?assoit. Selon Belinda Udin, il semblerait que de plus en plus de Mauriciens optent pour l?Inde. «Surtout en informatique, la réputation des Indiens n?est plus à faire.»

Le système de bourses octroyées par les universités étrangères est aussi un élément à prendre en compte. Sylvie Pin-Harry a choisi l?Amérique du Nord compte tenu «des bourses complètes qui y sont offertes». Comme pour l?Australie, l?ouverture du pays et les opportunités d?emplois sont également des critères décisifs. Par ailleurs, la jeune lauréate a de la famille établie au Canada. «J?aurai des personnes sur qui compter en cas de coups durs. C?est important aussi.» Cédric Lecordier évoque également l?aspect familial dans son choix pour l?Australie.

Clairement, l?Australie et le Canada sont les deux pays qui rivalisent le plus avec les traditionnelles Angleterre et France. Les étudiants recherchent, avant tout, des universités reconnues et des pays d?accueil offrant des débouchés professionnels. Certains pays d?Asie ? l?Inde, la Malaisie et Singapour ? s?affirment également. L?objectif des étudiants est le même : réussir ses études et décrocher un emploi, notamment dans le pays d?accueil pour quelques années. Pour ensuite revenir au pays ? Si les conditions d?emploi sont suffisamment attractives.

<B>Tendances française et australienne</B>

Le nombre d?étudiants Mauriciens partant en France chaque année depuis 1999 oscille entre 377 en 2005/06 et 492 en 2003/04. L?année dernière, 404 Mauriciens ont choisi ce pays. Selon les chiffres d?Espace CampusFrance, ils s?orientent majoritairement dans les filières «gestion, économie, droit» et «sciences et techniques» (108 et 93 respectivement pour 2006/07). Troisième sur le podium, «Lettres, sciences humaines et communication» avec 79 étudiants.

L?Australie est, certainement, la destination la plus prisée du moment. L?année dernière, environ 1 500 jeunes Mauriciens y sont allés pour poursuivre leurs études. «La demande a triplé en l?espace de cinq ans passant de 500 à 1 500», constate Christine Faugoo, directrice pour Maurice d?IDP Education Australia. Les filières traditionnelles tiennent toujours le haut du pavé : commerce, marketing, économie et surtout «banking and finance, très en vogue ces deux dernières années».

Aussi, les filières scientifiques se sont affirmées, ce qui n?était pas le cas, il y a dix ans (médecine, chimie). Christine Faugoo note une hausse des départs pour les filières techniques. «Il y a énormément d?opportunités professionnelles en Australie. Ceux qui optent pour les filières techniques ont toutes les chances de trouver un emploi rapidement.» Les jeunes Mauriciens partent principalement à Melbourne «où il y a une forte communauté mauricienne», à Perth qui affiche «un taux de croissance de 15 %» et à Sydney.

<B>Etudier, synonyme d?émigrer...</B>

Les étudiants qui partent étudier à l?étranger cherchent avant tout à s?assurer un avenir professionnel brillant. C?est pourquoi la tentation de rester pour travailler dans le pays d?accueil est souvent forte. Le salaire et le manque de méritocratie dans le marché du travail, sont deux éléments qui découragent les jeunes talents à rentrer à Maurice.

Face à l?exode des compétences, l?Etat qui subventionne les études des lauréats, leur a fait signer un bond. Une obligation morale de revenir travailler au pays lie les lauréats. Joint par téléphone, un ancien lauréat qui poursuit ses études en Europe avoue ne pas vouloir rentrer au pays. Du moins pas dans l?immédiat. «C?est un challenge de rester en Europe. Je veux me faire connaître dans mon secteur, acquérir une expérience qui me permettra de tenter ma chance pour des postes à responsabilités à Maurice.»

Etudier à l?étranger pour au final s?y installer. Pour un temps ou pour toujours. Quoi qu?il en soit, les jeunes Mauriciens candidats au départ avouent, dans bien des cas, vouloir retourner au pays tôt ou tard, sous certaines conditions.

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