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Le prix des bijoux en or flambe

15 janvier 2008, 00:00

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Début 2007, vous pouviez encore vous acheter une petite bague toute simple à Rs 2 000. Fin 2007, la même bague était vendue à Rs 3 500, voire Rs 4 000. En 2008, son prix devrait encore grimper car pour la première fois, vendredi, le cours de l?or, sur le marché international, a dépassé les $ 900 (Rs 26 658) l?once (31,5 grammes).

«La hausse du prix de vente des bijoux sera quasi instantanée», estime un bijoutier. Actuellement, un gramme d?or de 18 carats est à Rs 750, sans TVA.

Depuis six mois, le cours de l?or ne cesse de flamber. «Vers juin ou juillet de l?année dernière, l?once se vendait à Rs 19 253). A peine six mois plus tard, elle est à Rs 26 658. Il est certain que cette augmentation de 40 % sera répercutée aux clients et pas qu?un peu», explique Sebastian Denton, directeur d?Adamas.

Le prix de vente devrait, selon lui, accuser une hausse de 80 %. 40 % pour le prix de l?or et 40 % pour la main-d??uvre. Peut-être même davantage. «C?est à la discrétion du bijoutier».

Siddick Caunhye, directeur de Caunhye Bijoux, soutient essayer «au maximum» de ne pas augmenter ses prix. «Avec l?augmentation du prix de l?or, 2007 a été une année catastrophique pour le travail. Les clients sont de moins en moins nombreux car les bijoux sont chers. Alors, si nous augmentons nos prix, nous courrons à la catastrophe», déplore le bijoutier.

Pour Sebastian Denton, cette «catastrophe» sera inévitable pour certains bijoutiers. «Ceux qui sont déjà dos au mur ne s?en sortiront pas. Pour la même quantité d?argent, ils auront bien moins de matière première. S?ils ne peuvent pas investir davantage, ils devront acheter moins. Cela limitera leur aptitude à renouveler leur stock. Certains bijoutiers devront fermer boutique». Il en veut pour preuve le fait que certaines grandes entreprises à l?étranger ont déjà mis la clef sous le paillasson.

Pour un bijoutier, plutôt porté sur la création, il n?existe qu?une solution pour s?en sortir : Miser sur la créativité. «Nous ne pouvons plus nous permettre de n?être que des vendeurs d?or. Il faut mettre beaucoup plus d?attention dans le design. L?or devient de plus en plus précieux. Il faut donc se servir de l?or de façon plus précieuse». Créativité mais également qualité. Une qualité qui, à Maurice, se conjugue souvent avec de l?or de 18 carats (75 % de pureté).

«L?or, c?est l?or»

Et quand peut-on s?attendre à une hausse du prix des bijoux ? «Aujourd?hui, demain, dans un mois? En fait, dès que nous devrons acheter de l?or. Nous paierons plus cher. Vous paierez davantage», soutient un bijoutier. Chez Adamas, pas de hausse de prévue dans l?immédiat. «L?an dernier, dès que l?or a atteint $650 (Rs 19,253)-$680 (Rs 20,141) l?once (31,1035 grammes), nous avons acheté de l?or. Nous avons donc encore du stock sous l?ancien prix. Un stock qui devrait durer jusqu?à la fin de l?année. Mais cela dépend évidemment des ventes», explique Sebastian Denton. Mais dès que leur stock sera épuisé, l?augmentation sera immédiate.

Peut-on s?attendre à une ruée vers d?autres métaux ? Siddick Caunhye est partagé. «Les gens seront peut-être tentés mais à Maurice, nous avons certaines traditions. Les Mauriciens d?origine asiatique aiment les parures en or. Donc, même si c?est un peu cher, ils vont continuer à en acheter quitte à en acheter moins».

Du côté d?Adamas, si on soutient qu?il n?y a pas d?alternative à l?or jaune, «l?or, c?est l?or, c?est unique», on note toutefois un engouement pour le Palladium, qui peut être considéré comme une alternative à l?or blanc.

«Les alternatives à l?or blanc sont devenues plus populaires depuis la flambée du prix de l?or», soutient Sebastian Denton. Le directeur d?Adamas est également d?avis que les gens achèteront peut-être moins de bijoux plutôt que d?aller vers d?autres métaux. Ou alors, ils achèteront des bijoux de carats inférieurs. «Ils passeront peut-être du 18 carats au 14 ou du 14 carats au 9».

«Achetez maintenant...»

Les bijoutiers pourront-ils quand même limiter la casse ? Pas vraiment à moins d?«éviter de passer par la Banque de Maurice pour acheter de l?or». Siddick Caunhye explique : «Lorsque les bijoutiers achètent des lingots d?or, ils doivent impérativement passer par la Banque de Maurice. Ce qui implique des frais généraux et donc une dépense supplémentaire de l?ordre de 5 %. Plus on élimine les intermédiaires, moins c?est cher».

Pour importer de l?or, il faut un certificat d?importation du ministère du Commerce et de l?Industrie. C?est pour éviter ces intermédiaires qu?Adamas n?importe pas de lingot d?or mais des «bijoux à moitié finis».

Sebastian Denton prévient : «Les gens devraient profiter et acheter maintenant avant que cela n?augmente». Mais comme le souligne un autre bijoutier, certains ne se priveront pas pour augmenter les prix alors qu?ils vous vendent des bijoux de leur ancienne collection faits avec de l?or qu?ils avaient payés à un moindre coût.

Car «ce que certains bijoutiers ne vous diront pas, c?est que tout ce qu?il y a dans leur vitrine a augmenté en valeur?»

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