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Et c’est parti pour un replay !
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Et c’est parti pour un replay !
Si la politique est un éternel recommencement, à Maurice c’est un duel entre deux patronymes qui relève d’un affrontement permanent ! L’affaire est d’une simplicité déconcertante : quand Jugnauth est au pouvoir, Ramgoolam est dans l’opposition et passe son temps à tout faire pour reconquérir le pouvoir. Et vice-versa ! Qu’importe si le nombre d’années de traversée du désert peut parfois durer jusqu’à dix ans, qu’importe si les chefs n’ont même pas de siège parlementaire, qu’importe si la chute peut s’avérer aussi lourde qu’un score de 60-0, l’obsession reste la même pour celui qui a été botté hors du pouvoir : redevenir Premier ministre coûte que coûte !
Commence alors une stratégie archiconnue de nos mœurs politiques locales : promettre une vie meilleure aux Mauriciens en jouant sur la mémoire courte d’un peuple capable d’ériger en héros ceux qu’il a brûlés quelques années plus tôt.
C’est à ce jeu que nous convie aujourd’hui un Jugnauth déterminé qui, après plus d’une année de discrétion, profite de l’impopularité du gouvernement pour recommencer à tisser sa toile. Après un meeting à Flacq, où il entrevoit un nouveau «soley pe leve», c’est à Sainte-Croix que le leader du MSM a poursuivi son pèlerinage, en promettant de «redres pei» et en reitérant un argument qui sera sans doute l’un des chevaux de bataille de sa future campagne électorale : le rétablissement de la pension de retraite telle qu’elle était.
Si le leader du MSM peut désormais se permettre ces sorties publiques, en multipliant les critiques, parfois jusqu’à verser dans la grossièreté, c’est parce que le gouvernement de Ramgoolam lui offre un terrain particulièrement favorable : une déconnexion avec la population, des promesses non tenues, une communication lamentable et une réforme des pensions ressentie comme une trahison…
Voilà donc, jusqu’ici, le bilan de la majorité qui nourrit elle-même la contestation que l’opposition compte mettre à profit. D’où les agitations de l’ancien Premier ministre, qui pose déjà les premiers jalons du jeu de la surenchère.
L’ironie est cruelle pour le citoyen. Il subit aujourd’hui les conséquences de décisions difficiles, rendues nécessaires, semble-t-il, par l’état des finances publiques qui est présenté comme l’héritage du précédent gouvernement. Et voilà que ceux accusés d’avoir contribué à cette situation catastrophique promettent déjà de corriger, s’ils reviennent au pouvoir, les effets de leur propre mauvaise gestion.
Certes, Jugnauth est dans son rôle quand il fait de l’opposition, mais il ne faudrait pas non plus qu’il insulte notre intelligence collective en faisant croire que certains maux n’ont commencé qu’avec ce gouvernement, alors qu’il en partage la responsabilité.
La prolifération de la drogue en est une illustration. Quand le leader du MSM affirme que «ladrog pe fane dan pei», il n’a pas tort, tout comme lorsqu’il prédit que Maurice deviendra une «zombie island». Mais le phénomène a-t-il commencé après les élections de novembre 2024 ? Ne subissons-nous pas aujourd’hui les conséquences d’une gestion catastrophique de ce dossier au cours des dix dernières années ?
Si Jugnauth a la mémoire courte, il faut lui rappeler que les ONG, les travailleurs sociaux et tous ceux concernés par ce problème n’ont pas attendu que le MSM soit dans l’opposition pour alerter sur la prolifération des drogues de synthèse.
Faut-il également rappeler qu’en 2016, c’est son collègue ministre de la Santé (Gayan) qui avait créé la polémique avec une déclaration surréaliste ? Alors que la drogue faisait des ravages et que l’on s’inquiétait de l’arrivée des drogues de synthèse chez les jeunes, celui-ci affirmait qu’il ne fallait pas «blow out of proportion the situation», allant jusqu’à déclarer : «Je lis dans les journaux que la drogue synthétique se vend à tous les coins de rue. J’ai été à chaque coin de rue pour voir cela. Pas plus tard qu’hier, j’ai été dans ma circonscription, mais je n’ai rien vu.»
Au-delà de cette déclaration irresponsable, la vraie question est de savoir ce qui a concrètement été fait sous le gouvernement MSM, lorsqu’il était – peut-être – encore temps de prévenir une situation qui nous échappe aujourd’hui. Ce rappel – nécessaire – n’en est qu’une preuve parmi tant d’autres de la démagogie qu’on nous servira petit à petit.
Hier, Ramgoolam contre Jugnauth ! Aujourd’hui Jugnauth contre Ramgoolam ! Et, au milieu, c’est toujours le citoyen qui se retrouve pris en otage dans un système – loin d’une réforme électorale qui reste au stade de promesse – favorisant jusqu’ici, les leaders traditionnels et, surtout, ce duel entre deux patronymes….
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