Publicité
Quatre Mauriciens interpellés à Madagascar
Ashley Rose aurait-il commandé une partie de la cargaison ?
Par
Partager cet article
Quatre Mauriciens interpellés à Madagascar
Ashley Rose aurait-il commandé une partie de la cargaison ?
■ Ashley Rose. ■ David Kingsley Chicot. ■ Jean David Legentil. ■ Ismaël Benjamin Yoel.
Le nom d’Ashley Rose refait surface dans un dossier qui prend progressivement une dimension régionale. Alors que quatre Mauriciens ont été interpellés à Madagascar après l’échouement de leur hors-bord sur la côte est de la Grande île en juillet, les enquêteurs mauriciens cherchent à déterminer les véritables raisons de leur déplacement. Parmi les pistes examinées figure celle d’une éventuelle cargaison de drogue destinée à Maurice et l’existence possible de liens avec des personnes déjà connues de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) et de la Financial Crimes Commission (FCC).
L’affaire a débuté le 20 juillet, lorsque le hors-bord s’est échoué à Maharavo Ambohitralanana, dans le district d’Antalaha. L’embarcation, équipée de deux moteurs puissants, s’est retrouvée immobilisée près du littoral. Des pêcheurs sont venus en aide aux occupants avant d’alerter les autorités malgaches.
Les premières vérifications ont rapidement éveillé les soupçons. Les occupants ont tenté de se faire passer pour des ressortissants réunionnais et ont utilisé de fausses identités. Les investigations ont toutefois permis aux autorités malgaches d’établir leur véritable identité. Il s’agit de David Kingsley Chicot, 34 ans, Ismaël Benjamin Yoel, 28 ans, Jean David Legentil, 30 ans, et Brian Bowanee, 29 ans, tous de nationalité mauricienne.
Les quatre hommes ont par la suite été conduits à Antananarivo et remis à la Direction de la police judiciaire, à Toby Ratsimandrava. Leur transfert dans la capitale malgache a marqué une nouvelle étape dans une enquête dont les ramifications pourraient dépasser le simple incident maritime.
Un déplacement qui intrigue
Les autorités mauriciennes ont été informées de leur interpellation et suivent le dossier de près. Selon des éléments recueillis dans le cadre de l’enquête, le hors bord aurait quitté Maurice le 17 juillet et aurait déjà été sous surveillance depuis plusieurs mois.
À Maurice, l’ADSU et la FCC s’intéressent particulièrement au profil des occupants. Plusieurs d’entre eux sont déjà connus des enquêteurs et bénéficient de la liberté conditionnelle dans le cadre d’autres dossiers. Leur présence à Madagascar fait donc l’objet de vérifications approfondies. Les enquêteurs veulent notamment savoir qui a organisé le déplacement, comment le voyage a été financé, quels contacts les quatre hommes avaient dans la Grande île et, surtout, quelle était leur destination finale.
Dans cette recherche de réponses, le nom d’Ashley Rose apparaît également. Les enquêteurs cherchent à déterminer s’il pourrait exister un lien entre ce dernier et le déplacement des quatre Mauriciens. Une des hypothèses examinées serait qu’une partie d’une éventuelle cargaison aurait pu être commandée pour ou destinée à Maurice. Cette piste reste pour l’instant au stade des vérifications. Les enquêteurs devront confronter cette hypothèse aux communications, aux mouvements des protagonistes, et aux éventuels contacts établis entre Maurice et Madagascar.
Le contexte dans lequel son nom apparaît n’est toutefois pas anodin. Ashley Rose serait déjà connu des services de l’ADSU et de la FCC, ce qui explique l’intérêt porté à ses éventuels liens avec les personnes actuellement détenues à Madagascar.
Brian Bowanee déjà dans le viseur de la FCC
Le profil de Brian Bowanee constitue également un élément que les enquêteurs devront examiner. Il serait concerné par une enquête de la FCC portant sur la découverte d’environ Rs 3 millions dissimulées dans la cour d’un bungalow. Cet habitant de Quatre Bornes avait également été arrêté en 2023 dans le cadre des investigations liées à l’affaire Franklin. Il bénéficie actuellement de la liberté conditionnelle dans le cadre des procédures le concernant.
La présence de Bowanee à bord du hors-bord échoué à Madagascar pourrait ainsi permettre aux enquêteurs de vérifier s’il existe un lien entre son déplacement récent et les dossiers dans lesquels son nom apparaît déjà.
Le parcours d’Ismaël Benjamin Yoel et de Jean David Legentil intéresse également les enquêteurs. Les deux hommes sont concernés par une autre enquête portant sur la saisie de plus de 300 kg de cannabis à bord d’une embarcation en provenance de Madagascar. Ce précédent donne une importance particulière au nouveau déplacement vers Madagascar. Les limiers de l’ADSU devront notamment déterminer si les deux affaires présentent des similitudes ou si elles sont totalement indépendantes.
L’ADSU veut entendre les quatre hommes
Les autorités mauriciennes envisagent désormais de dépêcher des enquêteurs à Madagascar afin de recueillir directement les informations auprès des quatre Mauriciens. Les limiers de l’ADSU devraient notamment participer aux investigations et aux interrogatoires. Les questions porteront sur leur itinéraire, les préparatifs du voyage, leurs éventuels contacts à Madagascar, les raisons de leur présence dans la région d’Antalaha et les circonstances exactes de l’échouement de leur embarcation.
Le hors-bord sera également au centre des vérifications. Son historique, ses deux moteurs, son parcours depuis son départ de Maurice ainsi que les éventuelles données de navigation pourraient aider les enquêteurs à reconstituer le trajet effectué. Les communications téléphoniques et les contacts établis avant le départ comme durant le séjour à Madagascar devraient également être examinés. L’objectif est de déterminer si les quatre hommes agissaient pour leur propre compte ou s’ils répondaient aux instructions d’autres personnes.
La question centrale demeure celle de la mission réelle des quatre Mauriciens à Madagascar. S’agissait-il d’un simple déplacement ou d’une opération préparée depuis Maurice ? Une éventuelle cargaison devait-elle être acheminée vers l’île ? Et surtout, quels seraient les bénéficiaires ou les commanditaires de cette opération ? Les auditions à Madagascar pourraient apporter des réponses à ces interrogations. Elles pourraient également permettre à l’ADSU et à la FCC d’identifier d’éventuels autres protagonistes, et de déterminer si cette affaire s’inscrit dans un réseau plus vaste reliant Maurice, Madagascar et éventuellement La Réunion.
Pour Ashley Rose comme pour les quatre Mauriciens, l’enquête devra encore établir les responsabilités de chacun et vérifier les différentes pistes actuellement examinées par les autorités.
Publicité
Publicité
Les plus récents