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Barrières géographiques

10 janvier 2008, 00:00

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Par Nad SIVARAMEN</B>

Si les préoccupations éditoriales du «JIR» et de «l?express» peuvent, a priori, paraître éloignées, voire divergentes, elles procèdent en fait d?une même logique argumentative, celle de convaincre du bien-fondé de leur action. Ce double éclairage «biographique et structurel» de La Réunion et de Maurice, à travers ces deux quotidiens, nous incite à encourager davantage l?analyse comparative des médias des îles du sud-ouest de l?océan Indien. A notre interrogation à ce sujet, l?enseignant-chercheur Bernard Idelson souligne que malgré les barrières géographiques, elle avance au rythme de la recherche universitaire, «c?est-à-dire doucement mais sûrement».

Chaque corpus de journal étudié fournit des outils de compréhension des processus de changement démocratique. Face à une thèse qui conçoit le journalisme comme une essence immuable, celle d?un parti-pris obstiné, s?est développée, au fil des recherches en sciences sociales, l?hypothèse selon laquelle le journalisme se transforme en permanence, en s?adaptant à un environnement qui évolue.

La récente période de l?après-guerre illustre à quel point les îles de la région ont évolué dans des voies dissemblables, si éloignées les unes des autres. L?histoire des médias éclaire l?histoire politique de la zone. Et les archives des journaux ne demandent qu?à être fouillées, analysées, et mises en perspective. Il est regrettable toutefois qu?au niveau des échanges de l?information ? comme c?est le cas pour le commerce et la culture ? on stagne encore.

C?est le contexte différent de chaque île qui fait dresser les obstacles de coopération régionale. Par exemple, à La Réunion, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une certaine méfiance, à la fois politique et culturelle, s?était installée par rapport aux pays voisins qui entamaient avec conviction leur parcours de décolonisation. Les informations «métropolitaines» y étaient préférées à celles de la région.

En 1984, avec la création de la Commission de l?océan Indien, il y a eu une nouvelle tentative de coopération régionale, de regroupement des intérêts. Plus d?un quart de siècle plus tard, les échanges n?ont pas vraiment décollé, à cause d?une administration lourde et des faibles moyens de communication.

Un autre obstacle qu?on évoquait était lié aux contraintes budgétaires propres aux rédactions des pays insulaires. Les rédactions locales ne disposaient pas toujours pas de financement pour couvrir l?ensemble de la zone. Toutefois avec les nouvelles technologies de la communication, une certaine innovation rédactionnelle est permise. Le numérique permet une diffusion quasi-instantanée des images. De même les chaînes satellitaires permettent une meilleure couverture de la région ; mais ici aussi le bouquet se révèle plus occidental que régional.

La technologie nous permet de mieux harmoniser qu?hier nos moyens de communication indo-océanique. La recherche et les initiatives rédactionnelles de faire converger les sujets hors-côtes doivent être encouragées. Elles entraîneront une meilleure compréhension de la zone, qui demande par ailleurs à être desservie, de manière moins prohibitive, par les lignes aériennes et maritimes. La communication, c?est aussi et surtout encourager les gens à se découvrir, à se rencontrer, à échanger, à commercer. L?intégration quasi-forcée dans le cadre des APE nous y condamne, si on veut protéger nos intérêts et notre identité communs. A bas les barrières !

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