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Farine : le contrat avec la Chine signé dans la confusion totale
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Farine : le contrat avec la Chine signé dans la confusion totale
C?est dans la confusion la plus totale que le contrat d?achat de farine a été signé, hier, entre les responsables de la State Trading Corporation ( STC) et la minoterie chinoise ZJ Flour industry. Le communiqué de la STC parle en effet d?un contrat de 100 000 tonnes de farine qui sera acheté de cette minoterie chinoise, mais ne précise pas quand et pour quelle période.
Des imprécisions qui n?ont pas manqué de soulever un vent de panique du côté des Moulins de la Concorde, à qui le gouvernement, notamment le Premier ministre Navin Ramgoolam, avait promis qu?il obtiendrait le contrat pour l?approvisionnement de 50 % du quota de farine, soit 50 000 tonnes à la STC. Le Premier ministre par intérim, Rashid Beebeejaun, devait toutefois dissiper «toute confusion».
Sollicité par l?express, hier soir, il nous réfère au communiqué, précisant qu?il «n?est aucunement fait mention de 100 000 tonnes de farine chinoise pour l?année 2008». Et d?expliquer que ce contrat pour 2008 sera «divisé» en deux : «Comme convenu avec Les Moulins de la Concorde, ces derniers vont bénéficier de 50 % du quota de farine. Ce qui sera échelonné sur 12 mois pour cette année.»
Mais malgré ces garanties du Premier ministre par intérim beaucoup de zones d?ombre demeurent. Le communiqué laisse supposer que le contrat de 100 000 tonnes de farine chinoise est pour deux ans, 2008 et 2009, soit 50 000 tonnes chaque année pour une durée de deux ans.
Un responsable de l?ambassade de Chine devait confier à l?express hier matin que les quotas imposés aux minoteries chinoises «s?appliquent à tous les opérateurs chinois sans distinction. De même qu?une révision à la baisse des subsides sur cette denrée.»
Prix trop élevés</B>
Une hausse d?au moins 20 % des produits dérivés de la farine est prévue en Chine. Cette majoration pourrait être plus importante si la Chine ? qui fait elle-même face à des difficultés pour ce qui est de son approvisionnement en farine ? était obligée d?en importer du Canada, faisaient part des journaux spécialisés lundi.
A Maurice, la hausse des prix du pain de l?ordre de 20 % se précise à Maurice, d?autant que le communiqué de la STC ne souffle mot sur le prix où cette farine a été achetée.
Il nous revient aussi que la STC avait, dans un premier temps, prospecté le marché turc mais s?est vite ravisée en raison des prix trop élevés proposés par les fournisseurs de ce pays. La farine chinoise était alors venue comme une planche de salut pour la STC qui souhaitait, comme l?expliquait le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, permettre au pays d?économiser Rs 500 millions. Dans la foulée, les Moulins de la Concorde se voyaient privés d?un contrat de plus d?un milliard de roupies.
La décision de la Chine d?imposer un quota sur la farine exportée et du même coup d?enlever les subsides sur cette denrée à l?exportation a eu l?effet d?une douche froide sur les opérateurs chinois de ce secteur, mais aussi dans les milieux concernés à Maurice.
«Aucune commande ferme»</B>
La confusion était d?autant plus grande car à hier matin l?ambassade de Chine déclarait qu?«aucune commande ferme de farine n?a été placée auprès des autorités chinoises par la STC». Gao Yu Chen l?ambassadeur chinois à Maurice expliquait aussi qu?il «n?y a eu aucun contrat formel qui a été signé entre la STC et la minoterie chinoise en question. Il y a eu simplement un contrat d?intention» devait-il expliquer hier à l?express par l?entremise d?un responsable de l?ambassade de Chine. Il était presque 11 heures quand l?ambassade de Chine s?expliquait tandis que la STC, au même moment, signait «l?accord» avec ZJ Flour Industry de Henan
Une délégation chinoise en provenance de la province du Henan où est produite la farine est actuellement à Maurice. Elle a eu des négociations très serrées avec la STC pour trouver un terrain d?entente, sur les prix mais rien n?a transpiré à cet effet.
Par ailleurs, selon d?autres sources proches de l?hôtel du gouvernement, des premiers tests sur des échantillons de farine chinoise ont été effectués à Maurice et se seraient avérés «peu concluants».
Mosadeq Sahebdeen, le responsable de l?Institut pour la protection des consommateurs (ICP) déplore quant à lui qu?à ce jour, un courrier adressé à la STC pour des éclaircissements sur la farine n?a obtenu aucune réponse. «J?avais réclamé des détails précis notamment les spécifications de cette farine. L?ICP avait également demandé à la STC de venir préciser qu?il ne s?agit pas d?une farine provenant d?un blé OGM.»
Avec les prix de farine très élevés sur le marché mondial, soit 72 % de plus qu?en 2007, le pays va inévitablement vers une hausse substantielle des prix du pain mais aussi d?autres produits dérivés de la farine, tels que les faratas, mines, pâtes, etc.
Une hausse des prix des pains maison, baguette et moules de l?ordre de 10 à 20 % est attendue.
Le Premier ministre Navin Ramgoolam avait lors de son message de fin d?année fait remarquer que le gouvernement n?est pas en mesure d?augmenter les subsides sur la farine, car elle coûterait plus d?un milliard au pays, et accroîtrait le déficit budgétaire.
Autre point noir qui subsiste toujours : la date d?arrivée de cette farine chinoise à Maurice. Si le contrat a été signé hier, il faudra au moins 25 jours pour que ce produit arrive jusqu?à Maurice.
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