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La menace des Indiens
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Comment expliquer ce paradoxe ? Tandis qu?à New Delhi se tient une conférence pour promouvoir les liens entre l?Inde et ses communautés émigrées, la presse indienne relance sa campagne pernicieuse contre notre pays. Elle pense être en mesure d?exercer un lobby assez puissant pour amener le gouvernement indien à revoir le traité de non-double imposition entre nos deux pays.
Le coup d?envoi de l?édition 2008 du «Pravasi Bharatiya Divas», un rendez-vous annuel rassemblant en Inde toutes les personnes issues de sa diaspora, a été donné dans la capitale indienne hier. Le même jour, les principaux médias indiens ont publié une information sur les investissements extérieurs dans leur pays et signalé que la majorité des fonds investis sont canalisés à travers «tax haven Mauritius». Cette malveillance n?est pas fortuite. Elle fait partie d?une attaque conjuguée de journalistes et d?autres personnalités influentes en Inde. Ceux-ci réclament une révision unilatérale du traité sans tenir compte du fait que ce changement est susceptible de provoquer l?écroulement de notre secteur offshore.
Ce traité est l?instrument qui a permis le bond considérable du «global business» chez nous. Grâce à cet accord fiscal, une compagnie étrangère qui est enregistrée à Maurice et qui investit en Inde ne paye la taxe que chez nous. Ces compagnies profitent du fait qu?ici il n?y a pas de taxes sur les plus-values. Du coup, le fisc indien souffre d?un manque à gagner considérable. Certains analystes ont estimé qu?il s?élève à un montant équivalent à celui du budget annuel du ministère indien de l?Education. D?où l?intensité de la campagne menée contre le traité. Un magazine indien déplore que «the country is losing tax revenues through this rather strange arrangement. Most of these Foreign Institutional Investors are incorporated in tax havens like Mauritius and do not pay any tax here».
Les contestataires ont essayé la voie juridique, avant d?exercer un lobby politique, pour demander la résiliation du traité. Une cour inférieure leur a donné raison dans un premier temps mais son jugement a été renversé par la Cour suprême indienne. Ce qui a procuré un soulagement de courte durée aux Mauriciens.
Désormais, la pression se fait sentir de manière pressante sur le gouvernement indien. Le ministre des Affaires étrangères de la Grande péninsule, Pranab Mukherjee, a exposé le problème, le mois dernier, à Port-Louis, lors des travaux de la commission mixte indo-mauricienne. Son message était clair: le couperet pourrait tomber à n?importe quel moment.
A la conférence de Delhi, on évoquera des thèmes consensuels tels que les enjeux des développements sociaux, la santé et l?éducation, l?économie de la connaissance, la culture, la place des femmes ou encore l?engagement philanthropique de la diaspora. Ce n?est pas étonnant qu?un grand nombre de délégués délaisseront les centres de conférence pour les «shopping centres» de Delhi.
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