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Les collèges privés veulent des garanties de l?Etat sur leur avenir
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Les collèges privés veulent des garanties de l?Etat sur leur avenir
Du point de vue des managers des collèges privés, la rentrée scolaire est plutôt morose. La baisse du nombre d?admissions qu?ils constatent cette année les inquiète pour la survie même du secteur.
Alors que, jusqu?ici, seuls les établissements les moins cotés avaient des difficultés pour remplir leurs classes en Form I, le mal aurait atteint des établissements plus populaires.
Des garanties sont donc demandées à l?État. La Fédération des managers des collèges privés redemande au ministre de l?Éducation, Dharam Gokhool, de clarifier une fois pour toutes sa politique en ce qui concerne le rôle du privé dans l?éducation.
«En ce qui concerne les petits collèges, le problème existe depuis des années. Mais cette année-ci, la tendance s?est généralisée. Cette situation alarmante nous rend très inquiets», avance Harris Bachwa, porte-parole de la Fédération. Un premier relevé auprès des établissements secondaires privés démontre que ces derniers admettront 20 % d?élèves de moins qu?en janvier 2007.
Ampleur de la baisse</B>
Pour Dharam Gokhool, il y aurait certainement une diminution du nombre d?élèves, mais elle ne serait pas aussi dramatique que cela. «Il nous faut attendre la rentrée pour avoir une idée plus précise de la situation et de l?ampleur de la baisse.»
Il identifie plusieurs causes : le nombre d?enfants prenant part aux examens du Certificate of Primary Education (CPE), candidats potentiels à une admission au secondaire, est en baisse. Tout comme le taux de réussite aux examens. Cela mène à une situation où «l?offre dépasse la demande».
Alors qu?au ministère l?on soutient qu?une des causes serait du côté des infrastructures des collèges privés, qui en font des établissements moins recherchés, la fédération soutient le contraire. «Le ministre fait fausse route s?il dit que la source se situe là. Cette fois-ci, ce sont des écoles stables ayant toutes les infrastructures voulues, parfois même mieux équipées que les collèges d?État, qui souffrent», insiste Harris Bachwa.
L?autre source d?inquiétude est que, sans garantie et sans feuille de route clairement établie, pas question pour les managers d?investir dans les infrastructures. «Si nous n?avons pas de garantie d?admissions, comment pouvons-nous emprunter pour améliorer les infrastructures ? Nous sommes dans le flou», soutient Harris Bachwa.
Certes, il y a de grandes disparités entre les collèges privés, mais 64 de ces établissements atteignent les exigences minimums pour fonctionner efficacement, comme le prouve le rapport du Management Audit Bureau (MAB), finalisé en 2003. Quant aux collèges qui sont un peu à la traîne au niveau des infrastructures, en injectant de l?argent, l?on peut apporter des améliorations significatives. Le MAB a même identifié un groupe de collèges offrant des facilités «d?un niveau élevé» et qui peuvent être considérés comme des institutions modèles.
En revanche, une bonne vingtaine d?écoles ne répondent pas du tout aux exigences de base pour dispenser une éducation de qualité. Aussi, aux yeux du public, les institutions d?État jouissent généralement d?un plus grand prestige. Excepté les collèges confessionnels et quelques autres écoles privées.
Rajen Chamroo, directeur du collège Universal et membre de l?exécutif de la Fédération des managers, affirme que, cette année, les racines du mal se situent au niveau du ministère. «Les collèges d?État ont augmenté leur nombre d?admis cette fois-ci, et cela s?est fait à notre détriment.»
Faux, rétorque le ministre. «La tendance actuelle a pris naissance en 2000 et est en train de prendre une certaine ampleur. Nous n?avons pas augmenté le nombre d?admis dans nos collèges», rassure Dharam Gokhool.
Mais pour la Fédération, si rien n?est fait pour renverser la tendance, le public sera témoin de la mort lente des établissements privés. «Année après année, nous demandons aux autorités d?agir et de définir leur politique. Mais elles continuent à faire la sourde oreille. Le fait est qu?il n?y a aucune planification. Nous sommes en train de disparaître. L?avenir du secteur est en jeu. Le ministre doit prendre ses responsabilités.»
<B>Planifier les fermetures</B>
Que certains collèges ferment cette année apparaît comme une quasi-évidence. «C?est très possible. Fin janvier, on fera une évaluation et nous aurons alors le choix entre plusieurs options», déclare le ministre.
L?année dernière déjà, quatre établissements avaient frôlé la fermeture. Le Pamplemousses High School avait même été contraint à la fermeture puisqu?il n?avait pas atteint les minima légaux pour pouvoir continuer à opérer.
Mais les fermetures, ça se planifie. Et les managers du privé déplorent que tel ne soit pas le cas. «C?est vrai que certains établissements sont en très grande difficulté et vont fermer prochainement. Mais il faut faire les choses de manière civilisée et ne pas attendre qu?ils meurent de mort lente. C?est une question de respect envers les élèves, les profs et les managers», souligne Rajen Chamroo.
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