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2008 : année « sereine » pour l?export
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2008 : année « sereine » pour l?export
Inutile de les chercher. Les pessimistes sont introuvables dès qu?on parle d?exportations locales en 2008. Surtout quand on évoque les exportations textiles. « Je suis très confiant pour 2008. Nos carnets de commandes sont remplis. À tel point que nous ne pouvons prendre de commandes pour les trois prochains mois », affirme Ali Parkar.
Le président-directeur général du groupe Star Knitwear, est débordant d?enthousiasme quand il parle des perspectives pour l?année. Et c?est tout un secteur qui affiche cette confiance. Danielle Wong, la directrice de la Mauritius Export Association (MEXA) évoque, elle, la « sérénité » pour décrire l?état d?esprit avec lequel le secteur manufacturier envisage l?année.
Pourtant, 2008 apporte son lot de défis. Et ce, dès le 1er janvier. C?est en effet à cette date que l?Union européenne a levé les dernières restrictions qui empêchaient encore la Chine d?exporter des volumes illimités de t-shirts, robes, pantalons et pull-overs. Mais Danielle Wong refuse de croire à une nouvelle « invasion » du textile chinois, comme cela avait été le cas après le démantèlement de l?accord multifibre, le 1er janvier 2005. « Nous avons fidélisé une clientèle et un marché. Il faut maintenant bâtir à partir de cela », explique-t-elle.
Il faut dire que les bonnes performances du textile mauricien en 2007 ne sont pas dues au hasard. « Maurice s?est positionné comme un producteur de textile sérieux et de qualité. Nos atouts sont la confiance dans nos produits, la fiabilité de nos services, et nos délais de livraison. Sans parler de la logistique que nous avons, et qui nous permet de livrer en temps et en heure », explique un cadre du ministère de l?Industrie.
Mais autant l?année 2008 semble prometteuse pour l?industrie manufacturière, autant il lui reste encore des défis à relever. Ali Parkar est l?un de ceux qui s?est remis en cause face aux nouvelles réalités et exigences du marché du textile. En effet, il ne suffit plus de produire le t-shirt qui est demandé à un prix compétitif. Il faut rassurer le client et le convaincre sur une nouvelle série d?éléments qui conditionnent désormais le succès de l?entreprise.
L?équation de la réussite
Le développement durable, la cons-cience de l?environnement, la manière dont les ouvriers sont traités et la mise en place de plans dans le cadre de la Responsabilité sociale de l?entreprise (RSE), voilà les maîtres mots.
Et tous ces éléments sont désormais pris en compte par les acheteurs qui traitent avec des producteurs, notamment textiles.
« Il y a encore six mois, j?aurais dit que ces choses n?étaient pas aussi importantes. Mais désormais, je suis convaincu de leur utilité. Les prendre en compte, c?est fidéliser sa clientèle et la rassurer », explique Ali Parkar. En effet, au moins une grande entreprise locale a perdu des clients parce qu?elle a été perçue, durant l?année écoulée, comme ne traitant pas ses employés de manière adéquate.
Mais même si les considérations périphériques prennent de l?importance, l?équation de base pour la réussite reste la même. Une production de qualité, à un prix compétitif, et qui peut être rapidement livrée. À ce chapitre, Maurice se positionne avec succès dans le créneau de la Fast Fashion, c?est-à-dire dans la production de commandes à faibles volumes (10 000 à 20 000 pièces), dans des délais records ? parfois de deux semaines. « Il nous arrive effectivement de prendre des commandes qui seront livrées dans le mois même », confie Ali Parkar.
D?autres très grosses entreprises, comme la Compagnie mauricienne de textile (CMT), bien que ne se spécialisant pas dans la production de petits volumes, prennent d?autres initiatives pour accroître leurs réactivité sur le marché. Les producteurs locaux les plus conséquents ont ainsi ouvert des entrepôts en Afrique du Sud ou en Europe, où ils stockent leurs produits finis. Et dès qu?une commande tombe, les produits sont directement, et surtout rapidement, acheminés à partir de leurs entrepôts de l?étranger.
Toutefois, il ne suffit pas de privilégier ses marchés traditionnels, à savoir l?Europe et les États-Unis. Il faut également partir à la conquête de marchés émergents. L?Inde et le Pakistan paraissent, à ce chapitre, très prometteurs, à la faveur d?accords d?échanges préférentiels, dont l?un a déjà été conclu avec le Pakistan. Celui avec l?Inde pourrait être signé lors de la visite du Premier minis-tre, Navin Ramgoolam, dans la Grande péninsule.
Une logique de diversification
« La seule classe aisée en Inde représente des millions de personnes. Et elle est friande de produits importés. Pouvoir exporter nos produits hors taxes vers l?Inde, c?est toucher un énorme marché », s?enthousiasme un cadre du ministère de l?Industrie, qui pense qu?il faut désormais entrer dans une logique de diversification. Mais un de ses collègues du ministère du Commerce international remet les choses dans leur juste perspective. « Il n?y a pas eu de travail de préparation. Bien évidemment, on a la possibilité d?exporter. Mais on n?a pas fait d?études de marché. Nous ne savons pas quels produits vendre, et où. Du coup, l?accord avec l?Inde sera en vigueur? et nous ne serons toujours pas prêts à prendre d?assaut le marché de ce pays », regrette-t-il.
La conquête de nouveaux marchés n?est pas cruciale pour la survie du secteur textile. Mais fidéliser les classes aisées indiennes ou pakistanaises au made in Mauritius sera un bonus que ne refusera nullement l?industrie locale.
TEXTILE, LE GRAND RESSUSCITE
Les chiffres du Central Statistics Office (CSO) sont parlants. Ils démontrent que le secteur textile reste non seulement l?un des piliers de l?économie, mais est également l?une des industries qui contribue le plus significativement à la croissance économique du pays. En 2005, le secteur textile à lui seul avait plombé la croissance nationale (chiffrée alors à 2,3 %) de 1,2 point. Mais en 2007, le tableau était complètement différent. Ainsi 0,7 point de croissance des 5,6 % nationaux ont été le fruit du textile. Une part non négligeable, comparée notamment au 1,1 point du tourisme ou au 0,8 point de la construction et du développement foncier.
Pour l?année 2007, le CSO estime la croissance du secteur textile à 10,1 %. Un bond spectaculaire quand on sait qu?il a connu des contractions douloureuses de 7,2 % et 14,7 % en 2004 et 2005. Le CSO avance précautionneusement une prévision de croissance de 5 % dans le secteur en 2008.
Mais au ministère de l?Industrie, on se force à peine pour dire que la bonne performance de 2007 a de bonnes chances d?être rééditée cette année.
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