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Le 1er janvier, un jour comme un autre

2 janvier 2008, 00:00

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Les déjeuners en famille pour célébrer la nouvelle année, tout le monde n?y a pas droit? Si pour de nombreux foyers, le 1er janvier a été marqué par les retrouvailles familiales, la réalité des pensionnaires des homes et autres couvents est tout autre? Et ce mardi n?aura pas dérogé à la règle. Déjà, lundi soir, alors que toute l?île Maurice attendait les 12 coups de minuit pour accueillir 2008 au son des traditionnelles pétarades, les 70 «grands-mères» du couvent du Bon Secours, situé à Belle-Rose, dormaient à poings fermés.

Pas de réveillon particulier. Ces petites dames ont un rythme de vie bien différent. Mais les religieuses, notamment la responsable de la maison, s?ur Willina, les bénévoles et autres membres du personnel font de leur mieux pour égayer leur quotidien, surtout en cette période de fêtes où c?est la famille qui compte avant tout?

Pour plusieurs de ces pensionnaires, cela fait des mois ? voire des années ?qu?elles n?ont pas reçu la visite d?un parent ou d?un proche. Alors les Noëls et les 1er janvier se ressemblent un peu. Et certaines d?entre elles n?en perdent que davantage la notion du temps.

Pour d?autres, malgré les petits oublis, rien ne les sépare du fort lien qui les unit à leur famille. Yolande, pensionnaire depuis «trois mois» au couvent ? nous apprendrons en fait de s?ur Marilyne, la responsable, qu?elle est là depuis trois ans ? a pleuré quand elle a su qu?elle ne pouvait rentrer chez elle pour Noël cette année. Mais sa famille ne peut pas la prendre en charge.

Alors, Yolande s?est trouvé une nouvelle famille composée de ses nouvelles amies, des bénévoles, du personnel, des religieuses, et même des parents qui viennent visiter les autres pensionnaires. C?est avec elles que Yolande, vêtue de sa nouvelle «rob lane» et de ses nouvelles tongs ? cadeaux de Noël à toutes les pensionnaires ? a trinqué en ce 1er janvier à coup d?un verre de whisky. Le champagne était réservé à celles qui ne peuvent pas tenir les boissons plus fortes? Cela a aussi été l?occasion de faire sonner les pétards.

Marie-Aimée s?est fait un devoir de venir «dire» le traditionnel «bonjour» à sa belle-s?ur, pensionnaire au couvent. Elle s?est sentie particulièrement émue lorsqu?elle était venue à l?occasion de la Noël. Elle avait besoin, dit-elle, de donner de son temps et de son amour. C?est la même motivation qui a poussé, Nadine, jeune professeur de dessin et bénévole au couvent depuis quelques années, à faire le détour jusqu?au couvent, qu?elle a d?ailleurs décoré de fond en comble pour conférer une atmosphère de fête.

Au moment du déjeuner, servi par les religieuses, elle leur prêtera main-forte, donnant à manger à certaines qui ont des difficultés à se nourrir seules. Les autres se retrouvent autour d?une table bien garnie. C?est s?ur Shirley, originaire de l?Inde et en charge de la restauration, qui leur a concocté un menu spécial. A l?entrée, un gratin de poisson et de la salade, suivi d?un poulet maringot comme plat principal et au final, de la glace. Un repas arrosé d?un bon vin rouge ou d?un bon rhum, c?est selon, bien évidemment.

Et puis, place à la sieste avant le dîner à 16 heures. L?heure fatidique à laquelle plusieurs préfèrent déjà se mettre au lit alors que d?autres regarderont un petit feuilleton à la télévision? comme à leur habitude.

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