Publicité
Dans le monde
L?UE lève ses quotas sur le textile chinois
L?Union européenne (UE) se prépare à lever ses quotas d?importations de textiles chinois au 1er janvier. Toutefois, elle espère éviter une nouvelle déferlante de t-shirts et de pantalons made in China comme cela avait été le cas lors d?une première tentative en 2005.
Les quotas, réintroduits en juin 2005 pour protéger l?industrie européenne, seront remplacés de manière transitoire par un «système conjoint de surveillance».
Appelé à fonctionner pendant un an, il doit permettre de réagir en cas d?afflux trop important de produits textiles chinois, avant la disparition de tout système de contrôle en 2009.
Transparence
Ce système couvrira huit catégories de produits sensibles (t-shirts, pulls, pantalons...), sur les dix concernés par les quotas, avec une surveillance des autorisations d?exportations délivrées en Chine et du niveau des importations dans l?UE.
«L?avantage c?est que l?on aura au moins une visibilité au niveau des licences. Les administrations ne pourront pas dire comme en 2005 qu?elles ne sont pas au courant des risques de dérapage», souligne Francesco Marchi, d?Euratex, association qui regroupe les principaux producteurs de textile européens.En janvier 2005, la levée par l?UE de ses quotas textiles, conformément à un accord conclu à l?Organisation mondiale du commerce (OMC), s?était traduite par une envolée des importations chinoises (+47 % pour les produits d?habillement). Les Européens avaient alors réintroduit des quotas dès le mois de juin.
2,5 millions d?emplois en jeu
Cette fois, ils n?excluent pas une nouvelle hausse des importations, mais tablent sur une évolution moins brutale. La semaine dernière, les députés européens ont cependant fait part de leurs inquiétudes pour l?industrie textile européenne, qui emploie 2,5 millions de personnes, dans des pays comme la Bulgarie, la Roumanie, l?Italie ou la France. Ils ont demandé à la Commission de «garantir la mise en oeuvre appropriée» du système de surveillance et souligné que des mesures de sauvegarde pouvaient s?avérer nécessaires.
Selon l?accord d?adhésion de la Chine à l?OMC, l?UE dispose encore de la possibilité de décider de telles mesures de sauvegardes spéciales sur les importations chinoises, sous forme de restrictions quantitatives. Elle peut, par ailleurs, imposer, le cas échéant, des taxes antidumping.Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a promis que la Commission se tenait «prête à utiliser tous les instruments à sa disposition» en cas d?explosion des importations.
Mais selon lui, le textile est surtout «emblématique des problèmes plus larges» rencontrés par l?UE dans ses relations commerciales avec la Chine, au premier rang desquels la contrefaçon ou l?accès au marché chinois. Les Européens ne cessent d?appeler la Chine à ouvrir davantage son marché, alors que dans le même temps les exportations chinoises vers l?Europe augmentent sans discontinuer.
Le déficit commercial bilatéral de l?UE, après avoir atteint 130 milliards d?euros en 2006, devrait encore augmenter cette année. Il s?élevait déjà à 115,7 milliards d?euros sur les neuf premiers mois de l?année. Faute de réponse concrète côté chinois sur le rééquilibrage des relations commerciales, les Européens ont durci le ton ces derniers mois. Un sujet qui a été, avec les critiques des Européens sur la faiblesse de la monnaie chinoise, au centre d?un récent sommet Chine-UE à Pékin.
«Ce que l?on veut surtout, c?est des ouvertures pour le textile européen sur le marché chinois», souligne Patrick Itschert, secrétaire général de la Fédération syndicale européenne du textile, de l?habillement et du cuir.
© Le Nouvel Obserteur
L?hiver difficile des fonds spéculatifs
La plupart des hedge funds (fonds spéculatifs) regarderont l?année 2007 avec la satisfaction d?avoir traversé sans trop de dommages la crise de crédit. Mais 2008 s?annonce bien plus difficile. La principale difficulté va être de trouver des financements à des tarifs compétitifs. Avec les banques ayant elles-mêmes des coûts de refinancement bien plus élevés, et de multiples demandes pour des capitaux devenus rares, cela ne va pas être aussi facile qu?auparavant.
La plupart des hedge funds empruntaient des capitaux pour doper leurs rendements. En moyenne, l?endettement est juste inférieur à deux fois les actifs sous gestion. Mais l?effet de levier varie considérablement selon les stratégies. La plus fréquente, sur les actions à long terme, utilise très peu d?endettement. De nombreux fonds d?arbitrage ont en revanche un effet de levier bien plus important. Souvent, il s?agit de financement à court terme, rarement à plus de 90 jours.
Jusqu?en août, la compétition entre les établissements prêteurs était telle que les hedge funds n?avaient aucun problème pour trouver de l?argent dans des conditions très favorables, juste quelques points de base au-dessus du taux interbancaire. Peu de banques gagnaient de l?argent en prêtant dans ces conditions, mais elles le faisaient en espérant obtenir des clients pour d?autres activités plus lucratives. Elles cherchaient aussi à gagner des parts de marché.
Ces stratégies sont bien plus difficiles à justifier aujourd?hui. Les taux interbancaires à trois mois se sont envolés. Les banques ont elles-mêmes de grandes difficultés à se financer à de telles échéances.
Les hedge funds en ont eu un avant-goût en août. Mais depuis, les banques ont continué à être compréhensives avec cette industrie : certaines craignent de voir leur réputation affectée si elles se retirent de ce marché ; elles ont aussi financé les hedge funds pour qu?ils leur reprennent une partie de leurs actifs compromis par la crise des subprimes.
Mais cela ne durera pas. Les hedge funds, dont les stratégies d?investissement nécessitent un endettement important ou de parier sur des actifs peu liquides, auront de sérieux problèmes en 2008. La seule solution pour survivre sera d?obtenir des financements à long terme. Il est peut-être déjà trop tard.
© Le Monde
Publicité
Publicité
Les plus récents