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Éducation
SC-HSC : les matières fondamentales préoccupent
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SC-HSC : les matières fondamentales préoccupent
■ Plus de 21 000 candidats prendront part aux examens du SC et du HSC à partir de septembre, mais le niveau académique des fondamentaux inquiète plus d’un.
Plus de 21 000 élèves se présenteront cette année aux examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). Les épreuves du HSC débuteront le 17 septembre et celles du SC le lendemain. Quelque 13 500 candidats sont attendus au SC, dont environ 800 à Rodrigues, tandis que 8 235 élèves prendront part au HSC. Les deux sessions s’achèveront le 13 novembre. Cette session sera aussi marquée par une nouvelle mesure de contrôle : les montres seront interdites dans les salles d’examen. Une disposition destinée à renforcer la surveillance et à limiter les risques de fraude.
Mais au-delà de l’organisation des examens, c’est la question du niveau académique qui revient au premier plan. Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, s’est dit préoccupé par les performances des élèves dans plusieurs matières fondamentales, notamment les mathématiques, l’anglais et le français. Il a particulièrement relevé le recul observé en français. «Ces trois matières demeurent les piliers de l’apprentissage», a déclaré le ministre, annonçant un renforcement de l’accompagnement dès le primaire et au Lower Secondary afin de mieux préparer les élèves au SC.
Pour Harrish Reedoy, recteur du Sir Leckraz Teelock SSS, le constat doit toutefois être nuancé. «Une partie de nos élèves rencontre effectivement des difficultés dans ces matières fondamentales. Mais il faut éviter de généraliser. Nous avons également beaucoup d’élèves qui ont un très bon niveau et qui réussissent brillamment», souligne-t-il. Les résultats nationaux montrent néanmoins qu’un défi existe. En 2024-2025, le taux de réussite était de 72,7 % au SC et de 78,9 % au HSC. Pour le recteur, il faut surtout chercher à comprendre où et quand apparaissent les lacunes. En langues, la lecture, l’expression orale et écrite ainsi que la compréhension nécessitent une pratique régulière.
En mathématiques, les difficultés peuvent s’accumuler: une notion fondamentale mal comprise peut compliquer les apprentissages des années suivantes. «Il faut agir plus tôt et de manière beaucoup plus ciblée», insiste-t-il. Le diagnostic précoce doit permettre d’identifier les difficultés avant qu’elles ne deviennent trop importantes. Le remedial teaching doit également être renforcé, mais en fonction des besoins précis de chaque élève. «Il ne suffit pas de faire davantage d’heures de cours», explique Harrish Reedoy. Pour les langues, il préconise davantage de lecture, d’expression et d’écriture. En mathématiques, il estime nécessaire de revenir aux fondamentaux : calcul, fractions, proportionnalité, algèbre, résolution de problèmes et raisonnement.
«Le mal est systémique»
Lindsay Thomas, ancien recteur du Collège du Saint-Esprit, va plus loin. Pour lui, le problème est «systémique» et commence dès le primaire. Il pointe notamment la question de la langue d’enseignement. «Faire les mathématiques en anglais alors que la plupart des petits Mauriciens ont une maîtrise très faible de l’anglais, c’est déjà un problème», affirme-til. Selon lui, lorsqu’un élève arrive en Grade 7 ou 8 avec des faiblesses déjà importantes, le secondaire doit à la fois tenter de les corriger et poursuivre un programme menant aux examens de Cambridge. «On est toujours à courir derrière le niveau requis», résume-t-il. Ces lacunes accumulées au fil des années finissent, estime-t-il, par peser sur les résultats au SC et au HSC.
Miser sur le long terme
Autre facteur mis en avant : le rapport des jeunes aux études. Harrish Reedoy évoque les distractions numériques, mais aussi l’environnement familial et social et la nécessité de faire évoluer les pratiques pédagogiques. Lindsay Thomas insiste particulièrement sur les écrans. L’interdiction du téléphone à l’école constitue, selon lui, une mesure positive, mais elle ne règle pas la question de son utilisation à la maison.
Il observe également un changement dans le rapport aux examens. «Dans le temps, on en avait une peur bleue et on se préparait pour ces examens comme si on se préparait à aller à la guerre», raconte-t-il. Aujourd’hui, cette pression semble moins forte chez certains élèves. Pour lui, l’enjeu est de recréer cette motivation et cette urgence. Les périodes de révision doivent aussi être davantage structurées et encadrées à l’école, sous la supervision des enseignants. Pour Harrish Reedoy, il serait toutefois erroné de parler d’une génération incapable de réussir. «Nous avons des jeunes avec beaucoup de potentiel», insiste-t-il.
L’objectif ne devrait donc pas être uniquement d’améliorer les taux de réussite, mais de garantir la maîtrise des compétences fondamentales. Cela passe par un diagnostic précoce, un soutien ciblé, une collaboration accrue entre l’école et les parents et un meilleur suivi académique. Lorsque les candidats entreront dans les salles d’examen en septembre, certaines lacunes seront déjà difficiles à corriger. Le véritable défi se situe bien plus tôt : donner aux élèves les bases, les méthodes et surtout la confiance nécessaires pour réussir avant même qu’ils n’arrivent au SC.
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