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Traitement d’Anil Bachoo à l’hôpital
Des questions qui embarrassent le ministère de la Santé
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Traitement d’Anil Bachoo à l’hôpital
Des questions qui embarrassent le ministère de la Santé
Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a-t-il bénéficié d’un traitement particulier dans un hôpital public ? C’est la question qui agite le milieu médical.
Si le ministre a, comme tout citoyen, le droit de se faire soigner dans le service public, les conditions de son admission et de son intervention soulèvent des questions. Selon plusieurs sources, Anil Bachoo aurait été admis à la Coronary Care Unit et aurait bénéficié d’une chambre privée avec l’aval d’un haut responsable de l’établissement.
L’élément qui intrigue particulièrement est le médecin privé du ministre. Selon plusieurs sources, la présence du spécialiste au bloc opératoire aurait été autorisée et il aurait pratiqué l’intervention, tandis que le chirurgien attaché à l’hôpital aurait agi en observateur.
Il nous revient que les deux médecins travaillent pour le même établissement privé, l’un à temps partiel, l’autre à plein temps. Si ces informations sont confirmées, dans quelles circonstances un médecin du privé peut-il intervenir dans une opération réalisée dans un établissement public ?
Le président de la Government Medical and Dental Officers Association (GMDOA), le Dr Mithilesh Aubeeluck, affirme que «zame mo pann trouv kiken dan prive vinn observe ou opere dans enn lopital piblik. Li pa enn pratik kouran.» Il précise toutefois qu’un médecin privé peut être présent dans un hôpital public dans certaines circonstances, notamment lors d’ateliers officiels avec les autorisations nécessaires ou dans le cadre d’interventions d’équipes médicales étrangères prévues par des accords. Il s’agit ainsi de savoir quelle autorisation aurait permis au médecin privé d’intervenir dans ce cas précis, qui l’a accordée et sur quelle base.
En ce qui concerne les conditions d’ad- mission du ministre, a-t-il suivi la procédure habituelle ? A-t-il été inscrit sur une liste d’attente ? A-t-il bénéficié d’un accès prioritaire ? «Est-ce qu’il y a eu un fast track ?» s’interroge un médecin du secteur public. À ce stade, rien ne permet d’affirmer qu’un autre patient ait été pénalisé. Mais les autorités sont appelées à clarifier les procédures suivies afin d’écarter tout soupçon de favoritisme.
Le choix de l’établissement pose également question. Selon les informations recueillies, Anil Bachoo, qui résiderait à RochesNoires, aurait été pris en charge à l’hôpital Dr A.G.Jeetoo. Le Dr Aubeeluck se demande pourquoi l’intervention y aurait eu lieu plutôt qu’à l’hôpital de Flacq, qui correspondrait au secteur de résidence du ministre.
Il ne s’agit pas de contester le droit du ministre de choisir où il souhaite être soigné, mais de savoir si les mêmes facilités sont offertes aux autres patients du service public.
La polémique a désormais pris une dimension politique, le leader de l’opposition ayant demandé la démission d’Anil Bachoo. Certains évoquent un possible abus, d’autres réclament que les faits soient établis avant toute conclusion. Le Dr Aubeeluck affirme que des démarches ont été entreprises afin d’obtenir des éclaircissements sur les circonstances de cette prise en charge. Il évoque également de possibles «répercussions légales».
De son côté, le Dr Farhad Aumeer, député du Parti travailliste, qui a souvent tiré la sonnette d’alarme au Parlement sur des dossiers liés à la santé, sollicité à maintes reprises, a lâché avec ironie, qu’il est «lui aussi observateur» de la situation, tout en rappelant le principe de la confidentialité médicale et le droit de chaque patient de choisir entre le public et le privé. Le médecin privé «observateur», qui aurait participé à l’intervention, absent du pays, n’avait pas encore répondu à notre sollicitation à l’heure où nous mettions sous presse.
Au-delà du cas d’Anil Bachoo, cette affaire pose une question fondamentale : les mêmes règles s’appliquent-elles à tous les patients du service public ? Dans un système où de nombreux Mauriciens attendent pour des consultations, examens ou interventions, toute suspicion de traitement préférentiel peut choquer.
Le ministre de la Santé a réagi à la polémique lors de l’inauguration d’une nouvelle Stroke Unit à l’hôpital Sir Anerood Jugnau- th (SAJ), hier, à Flacq : «Si mo ti al dan prive pou al fer loperasion lerla, zot ti pou dir ‘ah, to pa krwar dan lopital’ ; si mo ti al deor, zot ti pou dir ‘to ena tro boukou larzan»… Je ne ferais rien d’illégal.»
Anil Bachoo, n’a pas souhaité commenter davantage. Il a affirmé qu’il répondrait aux questions sur ce sujet au Parlement. Mais il a ajouté : «Mo enn imin kouma ninport ki sannla. Mwa osi mo ena soufrans, mwa osi mo malad, mwa osi mo laz inn avanse, mo bizin mo bann tretman.»
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