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«Nous pouvons viser une croissance de 6 % l?année prochaine»
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«Nous pouvons viser une croissance de 6 % l?année prochaine»
● En 2007, le taux de croissance de l?économie est de 5,8 %. Comment expliquez-vous ce chiffre ?
C?est le plus fort taux de croissance depuis sept ans, en fait depuis l?année 2000. Si nous excluons le secteur sucre, nous obtenons un taux de croissance de 6,4 %. La croissance est équilibrée, tirée par les exportations, la consommation, et surtout par l?investissement privé. Ce dernier peut être évalué autour de 18 % du produit intérieur brut en 2007, contre 14 %, il y a quelques années.
Une économie qui doit, en grande partie, son expansion à son investissement privé et à son exportation est souhaitable. Cette croissance est éparpillée au sein de l?économie ; elle découle de l?effet conjugué des taux positifs observés dans plusieurs secteurs en développement. Notamment la construction, le tourisme et le service professionnel, qui réalisent, respectivement une croissance de 12 %, 13 % et 10 %.
Les secteurs de la finance et du textile connaissent un développement satisfaisant avec 7,2 % et 16,2 % respectivement. L?externalisation ou le BPO (business process outsourcing) connaît un boom vu que beaucoup de jeunes y sont recrutés. Nous arriverons à 10 000 emplois dans ce secteur l?année prochaine contre 7 500 emplois en 2007 et 5 000 en 2006.
Malheureusement, certains secteurs ne se portent pas très bien. Nous citerons la distribution, qui n?a eu que 4 % de croissance contre généralement 5 %, les années précédentes. Cette baisse est due à la hausse généralisée des prix en ce moment. Ce qui entraîne la modération de la consommation globale en termes réels. J?en veux pour preuve la baisse du taux de croissance de l?industrie alimentaire, qui est autour de 3 à 4 %, contre 9 % l?année dernière.
Le secteur du sucre peine également. Ses problèmes sont purement liés aux aléas climatiques. La manufacture locale - actuellement intégrée à la zone franche - fait également face à certaines difficultés, les industries locales étant confrontées à la concurrence des produits importés. La réduction progressive des droits de douane, dont le plafond ne peut excéder 30 % maximum, explique l?engouement pour ces produits. L?industrie locale ne peut survivre que par les exportations ; il faut encore qu?elle soit compétitive.
● Le taux de chômage baissera-t-il en 2008 ?
Les chiffres du chômage cette année sont encourageants. La tendance est à la baisse. Ce chiffre est de 8,8 % en 2007, alors que les premières estimations le chiffraient à 9,2 %. L?année dernière, il était de 9,1 % contre 9,6 % en 2005. Aussi, le taux de chômage féminin baisse également, passant de 16,4 % en 2005 à 15,5 % en 2006 et 15,1 % cette année.
● Quelles sont vos attentes pour l?année 2008 ?
Nous pouvons viser une croissance globale de 6 %, et beaucoup d?investissements étrangers. Nous ne sommes, en fait, qu?au début de la reprise des investissements privés. Nous attendons d?autres projets tels Apollo, Tianli, et beaucoup d?investisseurs venant de l?Inde. Dans les trois prochaines années, nous assisterons à une appréciation constante de la roupie par rapport au dollar. Je souhaite que la Banque de Maurice la laisse monter librement. Mon inquiétude se situe au niveau du cours du baril de pétrole, ainsi que du prix des matières premières tel le blé. Ces deux facteurs vont peser sur l?inflation. Heureusement, la forte appréciation de la roupie viendra atténuer l?inflation mondiale.
Je suis d?avis que le taux de chômage reculera jusqu?à 8,4 % en raison de la création continue d?emplois dans divers secteurs, dont la construction et les Integrated resorts schemes. Je suis optimiste quant à l?avenir économique.
Cependant, l?instabilité pourrait venir de la politique. J?ai bien peur que pour des raisons politiques, le gouvernement compromette le boom économique qui s?annonce pour 2010. Ce boom est déjà évident dans cinq secteurs de l?économie.
Propos recueillis par Nico PANOU
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