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Après le réveil, le coma ?

10 décembre 2007, 00:00

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C?était un thème. Juste un «t?aime» ? Kreolité le réveil. Pour dire «nou kontan nou kreol, nou fier nou kreol». Abe lerla. Comment s?est réveillée l?impressionnante masse de gens qui a assisté au concert qui a mis un point final à la deuxième édition du Festival international Kreol ?

Avec la migraine des lendemains de beuveries ? Avec le dégoût d?avoir dormi dans un fourré, «kot gagne». Le dos et les jambes courbaturés, le visage griffé par des ronces, les chevilles tordues sur les pierres abondantes des plaines de Pailles.

Car il s?agit maintenant de s?éveiller à la réalité. De mettre de l?ordre après le tamtam populaire. D?ailleurs, à propos de tamtam. Ce festival à vocation «mauricianisante» a-t-il touché ces autres composantes de la créolité, celles que le dictionnaire définit comme les «dimounn ki finn ne lor lil» ?

Est-ce que ce festival aux grandes ambitions internationales soigne suffisamment son public premier ? Ou est-ce nous qui, dans notre naïveté, nous sommes trompés de débat ? Car à bien y réfléchir, un festival organisé par le ministère du Tourisme est par vocation tourné vers l?extérieur.

D?où le fréquent rappel qu?une soixantaine de journalistes étrangers qui se chargent de transposer «sware poésie», «sware jazz», «sware rakont zistwar» en format tabloid et magazine spécialisé.

Reprenons, un festival qui, selon les mots de Xavier-Luc Duval, ministre du Tourisme, ambitionne d?occuper la première place dans le circuit international des festivals de même nature. Sans crainte de se mesurer, par exemple, aux Seychelles où cette tradition existe depuis 20 ans. Ce qui rend limpide du coup la raison d?être des soirées sur invitation seulement (cinq sur neuf rendez-vous). Du coup, de quel réveil parlons-nous ? Est-ce de celui des tours-opérateurs qui tarderaient à miser sur la culture créole comme atout touristique ?

Est-ce que le réveil que la deuxième édition du festival créole appelé de tous ses v?ux sera durable ? Au vu de l?après-premier festival, on se pose beaucoup de questions. D?accord. C?est déjà bien qu?un événement de la sorte existe. C?est déjà bien qu?il a pris la forme d?une reconnaissance de l?Etat pour la culture et, par extension, pour des citoyens affublés d?une étiquette fataliste de «malere».

Et maintenant que la fête est finie. Où est-ce que toutes les bonnes intentions sont déjà reléguées au coma profond ? Au statut de costume d?un soir que l?on remise en attendant la prochaine fête. Est-ce que les mains levées samedi soir à l?appel des artistes était juste du «lame lao, lame dans lerin» typique des ambiances festives» ? Mais sans réelle solidarité au quotidien. Nous le savons tous. Les stéréotypes, les comportements perpétués de génération en génération ont la peau dure. Se dire créole, c?est naviguer dans un océan d?ambiguïté. Les sociologues, les sociolinguistes aussi l?ont constaté. Essayer pour voir. Quelle est la différence entre «créole rouge» et «mulâtre» ? La preuve que l?on s?accroche à des clivages d?un autre âge. Ce réveil qui sonne, allons-nous simplement en enlever les piles ?

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