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A contre-courant

10 décembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Ce n?était pas la fête à Lisbonne ce week-end où les dirigeants africains et européens ont participé au premier sommet organisé depuis sept ans. Ils étaient profondément divisés sur la question du commerce. L'Union européenne (UE) veut pousser les pays africains à accepter un nouveau type de relations économiques. Ces derniers rejettent le nouveau régime commercial que l'UE leur propose. Du coup, à la clôture du sommet, les deux continents étaient plus éloignés que jamais.

L?UE souhaite que des accords de partenariat économique (APE) remplacent, avant la fin de l'année, le régime existant. Les nouveaux accords visent à instaurer le libre-échange. Ils permettront aux pays africains d'accéder au marché européen sans droit de douane ni quota. En retour, 80 % de leur marché sera ouvert aux produits européens. La plupart des pays africains n'acceptent pas cette proposition. Face à l?assaut des multinationales, ils craignent pour leurs industries fragiles.

Le sommet UE-Afrique, qui s?est terminé hier, a été une occasion pour le continent africain d?afficher sa quasi-unité sur la question. Presque tous les dirigeants ont dénoncé les propositions de l?UE. Le président sénégalais, Abdoulaye Wade s?est montré très dur : «En clair, cela revient à consacrer et accentuer un déséquilibre de fait et à livrer totalement les marchés africains aux produits européens subventionnés.» Il a claqué la porte en s?écriant : «On ne parle plus des APE, (...) on les a rejetés, c'est fini.»

Maurice est parmi la dizaine de pays africains qui ont adhéré à des accords commerciaux partiels avec l?UE en attendant de signer des APE complets. En tant que membre d?un bloc de l?Afrique orientale et australe (AFOA), Maurice est signataire d?un accord intérimaire qui préserve son accès en franchise de douane sur le marché européen jusqu?au 31 décembre 2008.

Plusieurs raisons justifient le choix de Maurice de faire partie de la minorité des pays africains qui ont signé de nouveaux accords avec l?UE. De graves menaces pesaient sur l?exportation de nos produits de pêche et de notre textile vers l?Europe. Des barrières douanières auraient lourdement pénalisé nos exportations si nous avions refusé de signer. Ces produits auraient été alors automatiquement soumis au régime général accordé par l'UE aux pays en développement. Les vêtements auraient été taxés à 12 % et les produits «seafood» à 20,5 %. Des conditions qui auraient menacé la survie même des industries concernées.

De plus, Maurice a une longueur d?avance sur ses voisins, ayant entamé depuis longtemps le démantèlement de ses barrières douanières. L?ouverture de nos marchés aux produits étrangers ne nous inquiète pas outre mesure même si la situation sera plus compliquée pour nous s?il s?agit de libéraliser les services également.

Le positionnement de Maurice suit le bon sens. Mais, comme nous ne suivons pas la majorité des Etats africains, c?est une politique tout en doigté que le gouvernement est appelé à exécuter.

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